Son père lui fit épouser une femme belle et vierge. Al-Khidr lui dit : 'Je n’ai pas besoin de femmes. Si tu le souhaites, je te libère ; si tu le souhaites, tu demeures auprès de moi pour adorer Dieu et pour garder mon secret.' Elle répondit : 'Oui.' Elle demeura avec lui durant une année. Lorsque cette année fut écoulée, le roi la convoqua et lui demanda : 'Tu es jeune, et mon fils est jeune. Où est l’enfant ?' Elle répondit : 'L’enfant vient de Dieu : s’Il veut, il est ; et s’Il ne veut pas, il n’est pas.' Le père ordonna alors à son fils de la répudier, puis il lui fit épouser une autre femme qui n’était plus vierge et avait déjà enfanté. Quand on la lui amena, il lui tint le même propos qu’à la précédente, et elle accepta de rester auprès de lui. Après une nouvelle année, le roi lui demanda de nouveau où était l’enfant ; elle répondit : 'Ton fils n’a pas besoin de femmes.' Le père se mit à le chercher, mais Al-Khidr prit la fuite et, malgré les hommes lancés à sa poursuite, on ne put le rattraper.
On raconte qu’il tua la seconde femme parce qu’elle avait divulgué son secret, et qu’il s’enfuit pour cette raison. Quant à la première, il la libéra : elle demeura dans certains quartiers de la ville, à adorer Dieu. Un jour, un homme passa près d’elle et l’entendit dire : 'Au nom de Dieu.' Il lui demanda : 'D’où te vient ce nom ?' Elle répondit : 'Je suis des compagnons d’Al-Khidr.' Il l’épousa et elle lui donna des enfants(1).
Par la suite(2), elle devint la coiffeuse de la fille de Pharaon. Un jour, alors qu’elle la peignait, le peigne tomba de sa main et elle s’exclama : 'Au nom de Dieu.' La fille de Pharaon demanda : 'Mon père ?' Elle répondit : 'Non, mon Seigneur, le tien, et celui de ton père, c’est Dieu.' La fille de Pharaon en informa alors son père, qui ordonna d’amener une vache en cuivre, qu’on chauffa au rouge, puis de la jeter dedans. Quand elle vit cela, elle hésita à s’y jeter. Mais l’enfant qu’elle portait, encore tout petit, lui dit : 'Ô ma mère, tiens bon, car tu es dans la vérité.' Elle se jeta alors dans le feu et mourut(3). Que Dieu lui fasse miséricorde.
Ibn ‘Asâkir rapporte, d’après Abû Dâwud l’aveugle, Nufay‘ – qui est traité de menteur et de faussaire(4) – au nom d’Anas ibn Mâlik, et selon une autre chaîne transmise par Kathîr ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Amr ibn ‘Awf – également considéré comme menteur(5) – au nom de son père et de son grand-père : Al-Khidr se rendit une nuit auprès du Prophète(6), et celui-ci entendit Al-Khidr qui invoquait Dieu en disant : 'Ô Dieu, assiste-moi dans ce qui me sauvera de ce dont Tu m’as mis en garde, et accorde-moi l’ardeur des justes pour ce vers quoi Tu les as incités.' Le Messager de Dieu (ﷺ) envoya Anas ibn Mâlik pour le saluer. Al-Khidr lui rendit le salut et lui dit : 'Dis-lui : En vérité, Dieu t’a préféré à tous les prophètes, comme Il a préféré le mois de Ramadan à tous les autres mois, et Il a préféré ta communauté à toutes les autres communautés.'