Puis arriva l’année deux cent quarante-deux et trois cents (342 de l’Hégire). Cette année-là, Sayf al-Dawla ibn Ḥamdân, souverain d’Alep, pénétra en terre byzantine, tua un grand nombre de leurs habitants, fit des prisonniers, s’empara de riches butins et revint sain et sauf, victorieux.
Durant cette même année, des dissensions éclatèrent parmi les pèlerins à La Mecque. Un conflit opposa les partisans d’Ibn Ṭughj à ceux de Muʿizz al-Dawla, et les Irakiens l’emportèrent. Après l’accomplissement du pèlerinage, une autre discorde (1) survint, et les Irakiens triomphèrent une nouvelle fois.
De nombreuses guerres et de graves événements se produisirent entre Rukn al-Dawla, les Khorassaniens et les Samanides, comme l’a longuement relaté Ibn al-Athîr dans son «Kâmil» (2).
Et parmi les notables qui s’éteignirent cette année-là figurait ʿAlî ibn Muḥammad ibn Abî al-Fahm (3), Abû al-Qâsim al-Tanûkhî, grand-père du juge Abû al-Qâsim al-Tanûkhî et maître d’al-Khaṭîb. Né à Antioche, il vint à Bagdad, où il étudia la jurisprudence selon l’école d’Abû Ḥanîfa. Il maîtrisait le kalâm selon la doctrine muʿtazilite, avait des connaissances en astronomie, composait de la poésie et exerça la fonction de juge à al-Ahwâz et ailleurs. Il avait entendu des ḥadîths de al-Baghawî et d’autres. Homme vif et brillant, il mémorisa à l’âge de quinze ans une qasîda du poète Diʿbil, longue de six cents vers, en une seule nuit, puis la récita à son père le lendemain matin. Celui-ci se leva, l’étreignit affectueusement, l’embrassa entre les deux yeux et lui dit : «Mon fils, ne divulgue cela à personne, de crainte que tu ne sois frappé par le mauvais œil» (5).