Parmi les notables décédés cette année, on compte :
• Ashhab ibn ‘Abd al-‘Azîz (1) ibn Dâwud ibn Ibrâhîm, Abû ‘Amr al-‘Âmirî, ainsi nommé en référence à ‘Âmir ibn Lu’ayy (2). Il fut l’un des jurisconsultes renommés de l’école mâlikite, et mourut au cours du mois de Sha‘bân de cette même année.
• Abû al-Hasan al-Karkhî (3), ‘Ubayd Allâh ibn al-Husayn ibn Dalâl ibn Dalham, dit Abû al-Hasan al-Karkhî, fut l’un des éminents imams de l’école hanafite. Il naquit en l’an 260 de l’Hégire, s’installa à Bagdad et y étudia la jurisprudence d’Abû Hanîfa. Il accéda ensuite à la direction de ses disciples, lesquels se répandirent dans diverses régions (4). Il était pieux, jeûnait et priait fréquemment, faisait preuve de patience dans l’adversité, se montrait détaché des biens d’autrui et, de surcroît, devint une figure de proue de la doctrine mu‘tazilite.
Il étudia le hadîth auprès d’Ismâ‘îl ibn Ishâq al-Qâdî, et transmit ses récits à Ibn Hayyuwayh et Ibn Shâhîn. Vers la fin de sa vie, il fut atteint de paralysie ; quelques-uns de ses compagnons se réunirent alors pour envisager d’écrire à Sayf al-Dawla ibn Hamdân afin de solliciter son aide financière face à la maladie. Lorsqu’il en eut connaissance, il leva la tête au ciel et dit : « Ô Dieu, ne place pas ma subsistance ailleurs que de la manière dont Tu m’as habitué. » Il mourut peu après, avant de recevoir les dix mille dirhams que Sayf al-Dawla avait envoyés, lesquels furent distribués en aumône après son décès.
Il s’éteignit au mois de Sha‘bân de cette année, à l’âge de quatre-vingts ans. Abû Tamâm al-Hasan ibn Muhammad al-Zaynabî, qui était l’un de ses proches, accomplit la prière funéraire sur lui. Il fut inhumé dans le quartier de Darb Abî Zayd, sur le canal des Wâsitiyyîn.
• Muhammad ibn Sâlih ibn Zayd (5), surnommé Abû Ja‘far al-Warrâq, entendit de nombreux hadîth, et il était doué de compréhension et de bonne mémoire. Il était digne de confiance, vivant en ascète, se nourrissant exclusivement de ce qu’il gagnait de ses mains, et ne délaissant jamais la prière nocturne.
Quelqu’un déclara : « Je l’ai accompagné de nombreuses années, et jamais je ne l’ai vu accomplir ce qui déplaît à Dieu (Très-Haut), ni prononcer une parole dont il devrait rendre compte. Il passait la majeure partie de la nuit à prier (6). »