Muʿizz al-Dawla envoya armée après armée, qu’il vainquit à plusieurs reprises. Puis Muʿizz al-Dawla se ravisa, choisit de se réconcilier avec lui et de l’employer dans certaines de ces régions.
[Et parmi les éminentes personnalités décédées cette année-là, on compte] al-Ḥasan ibn Dāwūd ibn Bābshād (1), Abū al-Ḥasan (2) al-Miṣrī. Il arriva à Bagdad et figurait parmi les personnes les plus éminentes et les plus instruites de l’école d’Abū Ḥanīfa, doté d’une intelligence exceptionnelle et d’une grande perspicacité. Il transcrivit le ḥadīth et jouissait d’une réputation de fiabilité. Il mourut à Bagdad cette année-là et fut inhumé au cimetière al-Shūnīziyya (3), n’ayant pas encore atteint l’âge de quarante ans.
Muḥammad al-Qāhir bi-llāh, Commandeur des croyants (4), fils d’al-Muʿtaḍid bi-llāh, accéda au califat durant un an, six mois et sept jours. C’était un homme dur, prompt à se venger. Son vizir Abū ʿAlī ibn Muqla le craignait donc et se cacha, puis commença à intriguer contre lui auprès des Turcs. Ceux-ci le déposèrent, le firent aveugler et l’emprisonnèrent un certain temps dans la résidence califale. Par la suite, en l’an trente-trois, on le transféra chez Ibn Ṭāhir, et il se trouva alors dans un état de pauvreté extrême, au point d’avoir recours à la mendicité certains jours. Il mourut cette année-là, à cinquante-deux ans, et fut inhumé aux côtés de son père al-Muʿtaḍid.
Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn Aḥmad (5), Abū ʿAbd Allāh al-Ṣaffār al-Aṣbahānī, fut le grand spécialiste du ḥadīth de son époque au Khorasan. Il avait entendu de nombreux récits et transmit certains ouvrages de [Ibn] (6) Abī al-Dunyā. On dit que Dieu exauçait ses prières, et il demeura plus de quarante ans sans lever les yeux vers le ciel. Il déclarait : « Mon nom est Muḥammad ibn ʿAbd Allāh et celui de ma mère est Āmina », se réjouissant de la ressemblance de ces noms avec ceux du Prophète.