Le Khatib a dit : « Il était intègre, digne de confiance et perspicace ; il avait rassemblé les traditions (hadiths) d’al-Layth et d’Ibn Lahî‘a, et possédait de nombreux ouvrages sur l’ascétisme (1). » Il mourut au mois de Dhu al-Qa‘da de cette année, à l’âge de quatre-vingt-sept ans.
Puis vint l’année 339 de l’Hégire. Au cours de cette année bénie, durant le mois de Dhu al-Qa‘da, la Pierre Noire de La Mecque fut rendue à sa place. Les Qarmates l’avaient emportée en l’an 317 de l’Hégire, comme nous l’avons déjà mentionné (2), et ils avaient tué quiconque parmi les pèlerins se trouvait cette année-là autour de la Ka‘ba sacrée. Leurs territoires étaient alors gouvernés par Abû Tâhir Sulaymân ibn Abî Sa‘îd al-Hasan al-Jannâbî – qu’Allah le maudisse. Quand ce sacrilège arriva, les musulmans le considérèrent comme un acte très grave. L’émir Bajkam le Turc leur offrit cinquante mille dinars pour qu’ils la remettent à sa place, mais ils refusèrent et déclarèrent : « Nous l’avons prise sur ordre, et ne la rendrons que par ordre de celui qui nous a ordonné de la prendre. »
Lorsque survint cette année, ils la transportèrent à Koufa et l’accrochèrent à la septième colonne de sa Grande Mosquée afin que les gens puissent la voir. Le frère d’Abû Tâhir rédigea alors une missive où était écrit : « Nous avons pris cette Pierre sur ordre et nous la rendons sur ordre de celui qui nous a ordonné de la prendre, afin que les gens puissent accomplir leur pèlerinage et leurs rites. » Puis ils l’envoyèrent à La Mecque sans contrepartie, montée sur un seul chameau (3). Elle arriva à destination au mois de Dhu al-Qa‘da de cette même année : qu’Allah en soit loué et remercié. Elle était restée chez eux durant vingt-deux ans, et les musulmans s’en réjouirent grandement.
Plusieurs auteurs rapportent que lorsque les Qarmates l’emportèrent, ils la chargèrent sur plusieurs chameaux ; ces derniers s’effondrèrent sous son poids et leurs bosses furent blessées (4). Mais lorsqu’ils la rendirent, elle fut portée par un seul chameau sans qu’il ne lui advienne aucun mal, qu’Allah soit loué et remercié.
Cette même année, Sayf ad-Dawla ibn Hamdân pénétra avec une armée nombreuse, d’environ trente mille hommes, en territoire byzantin. Il s’enfonça loin, s’empara de diverses forteresses, tua de nombreux ennemis, fit des captifs par populations entières et s’empara d’immenses butins. Puis il rebroussa chemin ; cependant, les Byzantins l’attendirent au passage qu’il devait emprunter. Ils massacrèrent la plupart de ses troupes, firent prisonniers les autres, et reprirent tout ce qu’il leur avait pris. Sayf ad-Dawla ne put se sauver qu’avec un petit nombre de ses compagnons : « Nous appartenons à Dieu et c’est à Lui que nous retournons. »
Au cours de cette même année, le vizir Abû Ja‘far as-Saymarî mourut. Mu‘izz ad-Dawla nomma alors à sa place Abû Muhammad al-Hasan ibn Muhammad al-Muhallabî (5) au mois de Jumâdâ al-Ûlâ. Ce fut aussi à cette époque que la réputation d’Imrân ibn Shâhîn se renforça, que la situation à son égard s’aggrava, et qu’on lui envoya des émissaires