Il l’avait désigné comme héritier après lui. Lorsqu’il arriva, il s’en réjouit grandement et sortit en personne, accompagné de toute son armée, pour l’accueillir. Lorsqu’il l’introduisit dans la demeure du royaume, il l’installa sur le trône et se plaça devant lui tel l’un des émirs, afin d’élever son rang auprès de ses émirs, de ses vizirs et de ses partisans. Ensuite, il obtint pour lui l’allégeance portant sur les territoires et les biens qui lui appartenaient, ainsi que sur la gestion du royaume et de ses hommes. Ayant compris que certains hauts dignitaires y voyaient un sujet de mécontentement, il se mit à les arrêter, en tua certains et en emprisonna d’autres, jusqu’à ce que les affaires fussent stabilisées au profit de ʿAḍud ad-Dawla. Puis, Imād ad-Dawla mourut cette même année à Shīrāz, à l’âge de cinquante-sept ans, après seize années de règne. Il comptait parmi les meilleurs rois de son époque et fut de ceux qui surpassèrent leurs pairs. En réalité, il était « l’émir des émirs », titre sous lequel les califes le contactaient. Cependant, son frère Muʿizz ad-Dawla le représentait à Bagdad, en ʿIrāq et dans le Sawād.
Lorsque Imād ad-Dawla mourut, le vizir Abū Jaʿfar aṣ-Ṣaymarī fut occupé et ne put combattre ʿImrān ibn Shāhīn. Muʿizz ad-Dawla lui écrivit alors de se rendre à Shīrāz pour y prendre les affaires en main, ce qui permit à ʿImrān, affaibli jusque-là, de regagner en puissance. Le récit de ses actes sera exposé en son lieu.
[Parmi les notables décédés cette année-là]
Abū Jaʿfar an-Naḥḥās le grammairien (1)
Il s’agit de Aḥmad ibn Muḥammad ibn Ismāʿīl ibn Yūnus, Abū Jaʿfar al-Murādī al-Miṣrī le grammairien, plus connu sous le nom d’an-Naḥḥās, linguiste, exégète et homme de lettres, auteur de nombreux ouvrages consacrés notamment à l’exégèse.
Il avait étudié le ḥadīth et rencontré les disciples d’al-Mubarrid. Il mourut au mois de Dhū l-Ḥijja de cette même année. Ibn Khallikān déclare : « Ce fut le samedi, cinq jours après le début du mois (2). »
La raison de son décès est la suivante : il s’était assis près du Mīqyās (3), occupé à découper des vers de ʿarūḍ (la métrique poétique). L’un des gens du commun, le soupçonnant de jeter un sort au Nil afin qu’il ne monte pas, le repoussa du pied, le faisant chuter dans l’eau. Il se noya et nul ne sut ce qu’il devint, – qu'Allah lui fasse miséricorde –.
Il avait reçu l’enseignement de la grammaire auprès de ʿAlī ibn Sulaymān al-Akhfash, Abū Bakr [ibn] al-Anbārī, Abū Isḥāq az-Zajjāj, Nifṭawayh et bien d’autres. Il légua de nombreux ouvrages utiles, dont un tafsīr du « Coran » et le « an-Nāsikh »