Chaque année, la Syrie versait huit millions (1) de dirhams, et il fut exigé que l’on prononçât le prône (khutba) en son nom ainsi qu’en celui de ses deux frères, ‘Imad ad-Dawla et Rukn ad-Dawla, depuis toutes les chaires (minbars) de ses territoires. Il en fut ainsi. Mu‘izz ad-Dawla retourna à Bagdad et envoya à son frère Rukn ad-Dawla une armée imposante, obtenant pour lui de la part du calife l’investiture de la province du Khurasan.
La même année, Sayf ad-Dawla b. Hamdan, seigneur d’Alep, entra au pays des Byzantins, où il rencontra une armée nombreuse. Ils livrèrent un violent combat, et Sayf ad-Dawla fut vaincu. Les Byzantins s’emparèrent de Mar‘ash, et ils infligèrent aux habitants de Tarse de dures épreuves. “Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous retournons.”
Ibn al-Jawzî rapporte : “Au mois de Ramadan (2) de cette même année, le niveau du Tigre s’éleva jusqu’à vingt et une coudées et un tiers, inondant les terres et les maisons environnantes. La rive orientale fut sur le point d’être submergée, et les gens songeaient à la fuir.” (3)
Parmi les notables décédés cette année-là, on compte ‘Abd Allah b. Muhammad b. Ḥamdawayh (4), fils de Nu‘aym b. al-Ḥakam, Abû Muhammad al-Bayyi‘. Il était le père d’al-Ḥâkim Abû ‘Abd Allah an-Naysâbûrî (5). Il appela à la prière durant trente-trois ans, participa à vingt-deux expéditions militaires, dépensa cent mille (dirhams) au profit des savants, veillait la nuit en prière, faisait beaucoup l’aumône. Il rencontra ‘Abd Allah b. Ahmad et Muslim b. al-Ḥajjâj, transmit les hadiths d’Ibn Khuzayma et d’autres, et mourut à l’âge de quatre-vingt-treize ans.
Al-Kâtib (le secrétaire) renommé, Qudâma b. Ja‘far b. Qudâma (6), Abû al-Faraj al-Kâtib, composa un ouvrage intitulé “Al-Kharâj wa Ṣinâ‘at al-Kitâba” (7), dont s’inspirent les savants spécialisés dans ce domaine. Il interrogea Thalab sur certains points.
Enfin, parmi eux figure également Muhammad b. ‘Alî b. ‘Umar (8), Abû ‘Alî, le prédicateur et admoniteur de Nishapur.