Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il est rapporté qu’il recueillit des récits d’Abū Dāwūd as-Sijistānī, d’al-Mubarrad, de Thaʿlab, d’Abū al-ʿAynāʾ et d’autres encore. Il possédait une vaste connaissance, une excellente mémoire et une grande habileté dans la rédaction de livres. Il laissa de nombreux ouvrages considérables, et il fréquenta plusieurs califes, jouissant de leur estime. Son grand-père, Ṣūl, et sa famille régnèrent en tant que rois à Jurdjān. Puis, ses descendants furent parmi les plus grands secrétaires. As-Ṣūlī lui-même avait une croyance saine et un comportement exemplaire. Il composa de belles poésies, et ad-Dāraquṭnī et d’autres spécialistes de la tradition ont transmis de lui des récits.

Parmi ses poèmes, on lit ces vers :
« J’ai aimé quiconque lui ressemblait à cause de lui…
Et toute chose venant de l’être aimé est aimée.
Jusqu’à ce que mon corps reproduise ce que je vois dans son regard…
Comme si mon mal était dérobé à ses yeux. »

As-Ṣūlī quitta Bagdad pour se rendre à Bassora pour une affaire qui le concernait ; il y mourut cette année-là.

[La fille d’Abū al-Ḥasan al-Makkī]

(1) Cette même année, la fille du shaykh Abū al-Ḥasan az-Zāhid al-Makkī décéda. Elle était l’une des adoratrices dévotes qui résidaient à La Mecque. Elle ne vivait que grâce au gain de son père, lequel, chaque année, lui envoyait trente dirhams issus de son travail de tressage de feuilles de palmier. Il arriva qu’il les fît parvenir une fois par l’intermédiaire d’un de ses compagnons. Ce dernier, souhaitant lui faire un bien et accroître sa subsistance, ajouta vingt dirhams à la somme. Lorsqu’elle s’en rendit compte, elle lui dit : « As-tu ajouté quelque chose à cela ? Dis-moi la vérité, par Celui que tu es allé adorer en pèlerinage. » Il répondit : « Oui. » Alors elle répliqua : « Rapportez-les, je n’en ai pas besoin. Sans ton intention de bien, j’aurais prié contre toi, car tu m’as affamée cette année. Il ne me reste plus de ressources jusqu’à l’an prochain si ce n’est ce que je trouverai dans les décharges. »

Je lui dis : « Ne veux-tu pas prendre au moins les trente dirhams ? » Elle répliqua : « Ils se sont mêlés à ton argent, et j’ignore ce qu’il en est. » L’homme poursuivit : « Je les rapportai alors à son père, mais il refusa de les accepter, en disant : “Tu m’as créé un tourment, et tu l’as mise en difficulté. Va-t’en et donne-les en aumône.” »

(2) [Nous entrons ensuite dans l’année 337 de l’Hégire]

Cette année-là, Muʿizz ad-Dawla quitta Bagdad pour se rendre à al-Mawṣil (Mossoul). Nāṣir ad-Dawla s’enfuit alors devant lui jusqu’à Naṣībīn, et Muʿizz ad-Dawla ibn Būyah prit possession de Mossoul au cours du mois de Ramaḍān de cette même année. Il y opprima ses habitants, s’empara de leurs biens, si bien que les invocations contre lui se multiplièrent. Il résolut ensuite de conquérir l’ensemble des territoires détenus par Nāṣir ad-Dawla ibn Ḥamdān, quand lui parvint une missive de son frère Rukn ad-Dawla, qui réclamait son secours contre ses adversaires en Khorāsān. Il se vit alors contraint de conclure la paix avec Nāṣir ad-Dawla, à condition que celui-ci continue de lever l’impôt sur les provinces de la Jazīra qu’il commandait déjà.

(1) L’ajout entre parenthèses est de notre part pour clarification. Sa traduction se trouve dans Al-Muntaẓam (6/361-362). (2) Notre confrontation avec le manuscrit (Ẓāʾ) s’arrête ici, c’est ce que nous avons pu retrouver de ce manuscrit.
روى عن أبي داودٍ السِّجِسْتاني، والمبرِّد، وثعلب، وأبي العَيْناء، وغيرهم، وكان واسع الرواية، جيد الحفظ، حاذقًا، بتصنيف الكتب. وله كتب كثيرة هائلة، ونادمَ جماعةً من الخلفاء، وحظي عندهم، وكان جدُّه صُول وأهله ملوكًا بجُرْجان، ثم كان أولاده من أكابر الكُتَّاب، وكان الصُّولي هذا جَيِّد الاعتقاد حسنَ الطريقة، وله شِعْرٌ حسن، وقد روى عنه الدَّارَقُطْني وغيره من الحُفَّاظ. ومن شعره قولُه: أحْبَبْتُ منْ أجلهِ منْ كان يشْبِهُهُ … وكلُّ شيءٍ منَ المعشوقِ مَعْشُوقُ حتَّى حكيتُ بجسمي ما بمُقْلتهِ … كأنَّ سُقْمي من عينيهِ مَسْرُوقُ خرج الصُّولي من بغداد إلى البَصْرة لحاجةٍ لحقته، فمات بها في هذه السنة. [ابنة أبي الحسن المكي] (١) : وفيها كانت وفاة ابنة الشيخ أبي الحسن الزَّاهد المكي. وكانت من العابدات النَّاسكات المقيمات بمكة، وإنما كانت تقتات من كَسْب أبيها مما يكتسبه من عمل الخُوص في كلِّ سنة بثلاثين دِرْهمًا يرسلها إليها، فاتفق أن أرسلها مَرَّة مع بعض أصحابه، فزاد عليها ذلك الرجل عشرين درهمًا - يريد بذلك بِرَّها وزيادةً في نفقتها - فلما اختبرتها قالت: هل وضعت على هذه شيئًا؟ اصدقني بحقِّ الذي حججت له. فقال: نعم. فقالت: ارجع بها، فلا حاجة لي فيها، ولولا أنك قصدتَ الخير لدعوت عليك، فإنك أجعتني عامي هذا، ولم يبق لي رِزْق إِلَّا من المزابل إلى قابل. فقلت: ألا تأخذي منها الثلاثين درهمًا؟ فقالت: إنها قد اختلطت بمالك، ولا أدري ما هو. قال الرجل: فرجعت بها إلى أبيها، فأبى أن يقبلها وقال: شققت يا هذا علي، وضيَّقْتَ عليها، ولكن اذهب، فتصدَّق بها (٢) . [ثم دخلت سنة سبع وثلاثين وثلاثمئة] فيها ركب معز الدولة من بغداد إلى المَوْصل، فانهزم منه ناصر الدولة إلى نَصيبين، فتملَّك معز الدولة بن بُوَيه المَوْصِل في رمضان من هذه السنة، فعسف أهلها، وأخذ أموالهم، وكَثُرَ الدُّعاء عليه. ثم عزم على أخذ البلاد كلِّها من يد ناصر الدولة بن حَمْدان، فجاءه خبر من أخيه ركن الدولة يستنجده على من قبله من الخراسانية، فاحتاج إلى مصالحة ناصر الدولة على أن يحمل عما تحت يده من بلاد الجزيرة
(١) ما بين حاصرتين زيادة من عندنا للإيضاح. وترجمتها في المنتظم (٦/ ٣٦١ - ٣٦٢). (٢) إلى هنا تنتهي مقابلتنا على نسخة (ظا)، وهو ما استطعنا العثور عليه من هذه النسخة.

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