Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lorsque j’entrai auprès de lui, le ministre se tourna vers lui pour s’enquérir de son nom, de son métier et de son lieu de résidence. L’homme le lui expliqua, et le ministre lui dit : « J’ai vu le Messager de Dieu, et il m’a ordonné de te donner quatre cents dinars. Ce matin, je ne savais pas à qui m’adresser pour te retrouver, et j’ai envoyé plusieurs émissaires à ta recherche jusqu’à présent. Que Dieu te récompense d’être venu jusqu’à moi ! »

Il fit alors apporter mille dinars et lui déclara : « Voici quatre cents dinars conformément à l’ordre du Messager de Dieu, et six cents dinars que je t’offre de moi-même. » L’homme répondit : « Non, par Dieu, je n’accepterai pas plus que ce que m’a ordonné le Messager de Dieu – paix et salut sur lui –, car j’espère en tirer bénéfice et bénédiction. » Il se contenta donc de prendre quatre cents dinars. Le ministre s’exclama : « Voilà la sincérité et la certitude ! »

L’homme sortit, puis il présenta aux créanciers l’argent qui leur était dû. Ils lui dirent : « Nous pouvons t’accorder un délai de trois ans ; ouvre ta boutique grâce à ces pièces d’or et poursuis tes gains. » Mais il insista pour leur verser le tiers de ce qu’il leur devait et leur remit deux cents dinars. Il ouvrit sa boutique avec les deux cents autres. Il ne s’écoula pas une année entière avant qu’il ne gagne mille dinars.

Ali ibn ‘Isa, le ministre, est l’auteur de nombreux récits édifiants. Il mourut cette année-là, à l’âge de quatre-vingt-dix ans. Certains disent que ce fut l’année précédente, et Dieu est le plus Savant.

Muhammad ibn Isma‘il ibn Ishaq ibn Bahr, Abou ‘Abdallah al-Fârisi, le juriste shafi‘ite, jouissait d’une grande fiabilité et d’une grande valeur. Il avait entendu Abou Zur‘a ad-Dimashqi et d’autres ; parmi ceux qui rapportèrent de lui, on compte ad-Dâraqutni et d’autres. Le dernier à avoir transmis de lui fut Abou ‘Omar ibn Mahdi. Il mourut en Chawwâl de cette même année.

Hâroun ibn Muhammad ibn Hâroun ibn ‘Ali ibn Moussa ibn ‘Amr ibn Jabir ibn Yazid ibn Jabir ibn ‘Amir ibn Asid ibn Taym ibn Subh ibn Duhl ibn Mâlik [fils de Bakr] ibn Sa‘d ibn Dabba, Abou Ja‘far, est le père du juge Abou ‘Abdallah al-Housayn ibn Hâroun. Ses ancêtres furent, jadis, les souverains d’Oman. Yazid ibn Jabir vécut jusqu’à l’avènement de l’islam, embrassa la foi et parvint à un bel accomplissement religieux.

Hâroun fut le premier de sa famille à quitter Oman pour s’installer à Bagdad, où il transmit ses connaissances. Son fils apprit de lui. C’était un homme de grand mérite, érudit dans toutes les disciplines, et sa demeure était un lieu de rassemblement pour les savants de toutes les branches du savoir. Il subvenait généreusement à leurs besoins. Il bénéficiait d’un rang éminent et jouissait d’une forte considération à Bagdad. Ad-Dâraqutni fit son éloge, disant qu’il excellait en grammaire, en langue, en poésie, en interprétation du Coran et en théologie.

(1) Voir Nashwār al-Muḥāḍarah (2/243-245) et al-Muntaẓim (6/353-355). (2) Tārīkh Baghdād (2/50), al-Muntaẓim (6/355), Ṭabaqāt al-Shāfiʿiyyah d'al-Subkī (3/120). (3) Tārīkh Baghdād (14/33), al-Muntaẓim (6/356). (4) Ma Bayna Ḥāṣiratayn d'al-Muntaẓim (6/356) et voir sa lignée dans Tārīkh Baghdād (8/146). (5) Il avait d'abord exercé la magistrature de la Qarkh, puis il y fut ajouté la magistrature de la ville de Manṣūr et celle de Kūfah. Il est décédé en 398 H. Sa biographie se trouve dans Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (17/96-97). (6) Cela date de l'année 305 H. Voir Tārīkh Baghdād (14/33).
من أن أدخلني عليه، فأقبل عليه الوزير يستعلمه عن اسمه وصنعته ومنزله. فذكر ذلك له، فقال له الوزير: إني رأيت رسولَ اللّه وهو يأمرني بإعطائك أربعمئة دينار، فأصبحتُ لا أدري لمن أسأل عنك وقد أرسلت في طلبك إلى الآن عِدَّة من الرُّسُل، فجزاك اللّه خيرًا في قصدك إياي. ثم أمر بإحضار ألف دينار فقال له: هذه أربعمئة لأمر رسول اللّه، وستمئة هِبَةٌ من عندي. فقال الرجل: لا واللّه لا أزيد على ما أمرني به رسول اللّه ﷺ ، فإني أرجو الخير والبركة فيه. ثم أخذ منها أربعمئة دينار. فقال الوزير: هذا هو الصدق واليقين. فخرج الرجل، فعرض على أرباب الديون أموالهم فقالوا: نحن نصبر عليك ثلاث سنين، وافتح بهذا الذهب دكانك ودُمْ على كسبك. فأبى إِلَّا أن يعطيهم من أموالهم الثلث، فدفع إليهم مئتي دينار، وفتح الدكان بالمئتين الأخرى، فما حال الحول حتى كسب ألف دينار (١) . ولعلي بن عيسى الوزير أخبار كثيرة صالحة. وكانت وفاته في هذه السنة عن تسعين سنة. ويقال: في التي قبلها، واللّه أعلم. محمد بن إسماعيل (٢) بن إسحاق بن بحر: أبو عبد اللّه الفارسي، الفقيه الشَّافعي. كان ثقة ثَبْتًا فاضلًا، سمع أبا زُرْعة الدِّمَشْقي وغيره، وعنه: الدَّارَقُطْني وغيره، وآخر منْ حدث عنه أبو عمر بن مهدي، وكانت وفاته في شوَّال من هذه السنة. هارون بن محمد (٣) بن هارون بن علي بن موسى بن عمرو بن جابر بن يزيد بن جابر بن عامر بن أسيد بن تَيْم بن صُبْح بن ذُهْل بن مالك [بن بكر] (٤) بن سَعْد بن ضَبَّة أبو جعفر؛ والد القاضي أبي عبد اللّه الحسين بن هارون (٥) . كان أسلافه ملوك عُمان في قديم الزمان، ويزيد بن جابر أدركه الإسلام، فأسلم وَحَسُنَ إسلامه، وكان هارون هذا أول من انتقل من أهله من عُمان، فنزل بغداد (٦) وحدَّث بها، وروى عنه ابنه. وكان فاضلًا متضلعًا من كل فن، وكانت داره مجمع العلماء في سائر الفنون، ونفقاته دارَّة عليهم، وكان له منزلة عالية، ومهابة وافرة ببغداد، وقد أثنى عليه الدَّارَقُطْني ثناء كثيرًا، وقال: كان مبرِّزًا في النَّحْو واللغة والشعر، ومعاني القرآن، والكلام.
(١) انظر نشوار المحاضرة (٢/ ٢٤٣ - ٢٤٥) والمنتظم (٦/ ٣٥٣ - ٣٥٥). (٢) تاريخ بغداد (٢/ ٥٠) المنتظم (٦/ ٣٥٥) طبقات الشافعية للسبكي (٣/ ١٢٠). (٣) تاريخ بغداد (١٤/ ٣٣) المنتظم (٦/ ٣٥٦). (٤) ما بين حاصرتين من المنتظم (٦/ ٣٥٦) وانظر نسبه في تاريخ بغداد (٨/ ١٤٦). (٥) كان قد ولي قضاء الكرخ، ثم أضيف إليه قضاء مدينة المنصور وقضاء الكوفة، توفي سنة (٣٩٨ هـ)، ترجمته في سير أعلام النبلاء (١٧/ ٩٦ - ٩٧). (٦) وذلك سنة (٣٠٥ هـ)، انظر تاريخ بغداد (١٤/ ٣٣).

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