L’Ikhshîdide fut sollicité à l’aide ; il arriva vers eux à la tête de puissantes armées, chassa Sayf ad-Dawla de leurs territoires, l’expulsa aussi d’Alep, y nomma un gouverneur, puis fit demi-tour. Il laissa Badr al-Ikhshîdî – connu sous le nom de Budayr – comme lieutenant à Damas. Lorsque Kâfûr gagna l’Égypte, Sayf ad-Dawla revint à Alep et la reprit comme auparavant, si bien qu’il ne conserva plus rien à Damas. Kâfûr (1) est celui que le poète al-Mutanabbî a à la fois satirisé et loué.
[Parmi les notables qui décédèrent cette année-là]
Al-Khiraqî (2) : l’auteur du célèbre « Mukhtaṣar » en jurisprudence.
Il s’agit de ‘Umar ibn al-Ḥusayn ibn ‘Abd Allâh, Abû al-Qâsim al-Khiraqî, auteur d’un résumé de jurisprudence selon l’école de l’imam Aḥmad. Son œuvre fut commentée par le qâḍî Abû Ya‘lâ ibn al-Farrâ’ ainsi que par le shaykh Muwaffaq ad-Dîn Ibn Qudâma al-Maqdisî (3).
Al-Khiraqî comptait parmi les notables des savants et des hommes de piété, doué de nombreuses vertus et d’une grande pratique religieuse. Il quitta Bagdad lorsque les injures [contre les Compagnons] s’y multiplièrent (4). Il y laissa ses livres, mais la maison où ils étaient entreposés brûla, et ses ouvrages disparurent. Il se rendit alors à Damas, y demeura jusqu’à son décès cette même année. Sa tombe se trouve à Bâb aṣ-Ṣaghîr et fait l’objet de visites, à proximité des tombes des martyrs.
Dans son traité, ce « Mukhtaṣar », au chapitre du Pèlerinage, il est écrit : « Il se rend à la Pierre Noire et l’embrasse, si elle s’y trouve. » Il formula ainsi parce que, lorsqu’il composa ce livre, la Pierre Noire se trouvait entre les mains des Qarmates qui l’avaient ôtée de son emplacement en l’an 317 (de l’hégire), comme nous l’avons mentionné (6). Ils ne la restituèrent qu’en l’an 339, ainsi que cela sera expliqué en son lieu (7).
Al-Khaṭîb rapporte : « Le qâḍî Abû Ya‘lâ me dit : “Al-Khiraqî avait de nombreux ouvrages et extrapolations sur la doctrine qui ne furent pas diffusés. En effet, il quitta la Ville de la Paix (Bagdad) quand y apparurent les insultes contre les Compagnons et laissa ses livres sur place. La maison qui les abritait prit feu, et ils furent brûlés. Ses écrits ne purent donc être divulgués, du fait de son éloignement de la ville.” (8) » Al-Khaṭîb poursuit, selon cette même chaîne de transmission (9), d’après Abû al-Faḍl ‘Abd as-Samî‘ al-Hâshimî, lui-même rapportant d’al-Fatḥ ibn Shakhraf, qui déclara :