Comme la natation et autres activités semblables. On battait le tambour devant lui, il luttait parmi les hommes, et l’on faisait résonner les cors (1) autour de l’enceinte (2) du lieu où il se trouvait. C’était là une grande imprudence et une preuve de légèreté d’esprit de sa part, ainsi que de ceux qui l’approuvaient. Par la suite, Muʿizz al-Dawla dut affecter des fonds aux soldes de ses troupes et leur céda des territoires en guise de rétribution, ce qui entraîna la dégradation de ces terres et l’abandon de leur mise en valeur, à l’exception de celles détenues par des personnes influentes.
Cette année-là, une famine sévère frappa Bagdad, au point que ses habitants en vinrent à manger des charognes, des chiens et des chats. Certains allaient jusqu’à enlever des enfants, les faire griller et les dévorer. Le nombre de morts s’accrut considérablement, au point que nul n’enterrait plus personne ; on laissait les cadavres dans les rues, où bien des corps furent dévorés par les chiens. Les maisons et les biens immobiliers furent vendus pour du pain. Les gens se dirigèrent vers Bassora ; beaucoup moururent en chemin, et ceux qui y parvinrent ne tardèrent pas non plus à y succomber.
Au cours de cette même année, mourut al-Qāʾim bi-Amr Allāh, Abū al-Qāsim Muḥammad ibn ʿUbayd Allāh al-Mahdī (3). Son fils, al-Manṣūr Ismāʿīl, lui succéda. C’était un homme sage, déterminé et courageux, comme nous l’avons mentionné l’année précédente (4). Selon l’opinion la plus fiable, il décéda au mois de Shawwāl de cette même année.
Par ailleurs, périt aussi cette année-là l’Ikhshīd, Muḥammad ibn Ṭuġj, seigneur des provinces égyptiennes et syriennes, décédé à Damas alors qu’il était âgé de soixante et quelques années. On intronisa son fils Unūjūr (5), qui était encore enfant, et l’on nomma Kāfūr al-Ikhshīdī atabeg (6). Il administra ainsi l’ensemble des provinces et s’empara de toutes leurs affaires, se rendant ensuite en Égypte. C’est alors que Sayf al-Dawla ibn Ḥamdān marcha sur Damas et la prit aux hommes de l’Ikhshīd, s’en réjouissant grandement. Il y rencontra Muḥammad ibn Muḥammad [Abū] (7) Naṣr al-Fārābī, le philosophe turc. Un jour, Sayf al-Dawla sortit avec le sharīf al-ʿAqīqī (8) dans les environs de Damas. Lorsque Sayf al-Dawla contempla la Ghūṭa, il en fut émerveillé et déclara : « Il conviendrait que tout cela relève du fisc du sultan », comme s’il entendait l’ôter à ses propriétaires. Le sharīf al-ʿAqīqī (8) en fit aussitôt part aux habitants de Damas, qui écrivirent à Kāfūr.