Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il mourut cette année (1), et Dieu – exalté soit-Il – est plus savant de la vérité, et c’est vers Lui que se fait le retour et l’aboutissement.

Puis débuta l’année trois cent trente-trois (de l’Hégire). Au cours de cette année, le calife al-Muttaqî revint à Bagdad, où il fut déchu de son califat et eut les yeux crevés. Al-Muttaqî – alors qu’il résidait à al-Mawṣil – avait en effet envoyé un message à l’Ikhchîdh, Muḥammad ibn Ṭughj, gouverneur des provinces égyptiennes et syriennes (2), pour qu’il se rende auprès de lui. Celui-ci se mit en route et arriva à sa rencontre à la mi-muḥarram de cette même année. Il montra au calife les plus grands signes de soumission, se tenant devant lui comme le feraient de simples serviteurs, et marchant à pied tandis que le calife était à cheval. Il proposa ensuite qu’il l’accompagne en Égypte ou qu’il demeure en Syrie, mais le calife refusa cette suggestion. L’Ikhchîdh lui conseilla alors de rester là où il se trouvait et de ne pas aller trouver Tūzūn à Bagdad, l’avertissant de la ruse et de la perfidie de ce dernier. Al-Muttaqî ne suivit pourtant pas cet avis, pas plus qu’il n’écouta celui de son vizir (3) Abū l-Ḥusayn ibn Muqla. L’Ikhchîdh offrit ensuite au calife de nombreux présents luxueux, ainsi qu’aux dignitaires et au vizir, puis il retourna dans ses territoires. Lorsqu’il passa par Alep, Abū ʿAbd Allāh ibn Saʿīd ibn Ḥamdān, qui en était le maître, quitta la ville. De son côté, Ibn Muqātil, qui s’y trouvait, fut dépêché en Égypte pour y être son représentant jusqu’à son retour.

Quant au calife, il se rendit de al-Raqqa à Bagdad en remontant le Tigre. Il envoya un message à Tūzūn afin de s’assurer qu’il respecterait ses serments, et Tūzūn les confirma et les réaffirma. Lorsque le calife approcha de Bagdad, Tūzūn sortit à sa rencontre accompagné de ses troupes, baisa la terre devant le calife et lui fit croire qu’il avait respecté son engagement. Il l’installa dans sa propre tente, puis fit cerner les dignitaires qui l’accompagnaient et ordonna qu’on crève les yeux du calife. Quand on lui ôta la vue, il poussa un grand cri que les femmes du harem entendirent, et elles éclatèrent en pleurs ; Tūzūn fit alors battre les tambours pour couvrir leurs voix. Il se rendit aussitôt à Bagdad, puis prêta allégeance à al-Mustakfî bi-llāh. Ainsi, le califat d’al-Muttaqî li-llāh dura trois ans, cinq mois et vingt jours. Certains disent qu’il dura trois ans et onze mois. Nous évoquerons sa biographie au moment de rapporter son décès (4).

(1) Ainsi l'a-t-il dit, suivant son maître Al-Dhahabī dans l’Histoire de l’Islam, où il le mentionne parmi les décès de cette année en le nommant : « ʾAḥmad ibn ʿĀmir ibn Bishr » également (7/654), ce qui constitue une erreur tant dans son nom que dans l’année de son décès. Son nom correct est « ʾAḥmad ibn Bishr ibn ʿĀmir », et il est décédé en l’an 362. Al-Dhahabī l’a justement mentionné parmi les décès de l’année en question dans son Histoire (8/199), et il a correctement inscrit ses ouvrages dans Siyar. Ce genre d’erreur résulte simplement des différences entre les sources. (2) Entre deux sièges de (ṭ). (3) Dans (ṭ) : « Et ainsi le lui conseilla son vizir », ce qui est une altération ; et Abū al-Ḥusayn ibn Muqalla, qui est le fils d’Abū ʿAlī ibn Muqalla, le vizir célèbre. (4) Voir les événements de l’an (357 de l’Hégire).
توفي في هذه السنة (١) (رحمه الله) ، واللّه تعالى أعلم بالصَّواب، وإليه المرجع والمآب. ثم دخلت سنة ثلاثٍ وثلاثين وثلاثمئة فيها رجع الخليفة المتقي إلى بغداد، وخُلع من الخِلافة وسُمِلَت عيناه. كان المتقي - وهو مقيم بالمَوْصل - قد أرسل إلى الإخشيذ محمد بن طُغْج؛ صاحب الديار المصرية والبلاد الشامية [أن يأتيه] (٢) ، فأقبل إليه وقدم عليه في المنتصف من المحرَّم من هذه السنة، وخضع للخليفة غايةَ الخضوع، وكان يقوم بين يديه كما يقوم الغِلْمان، ويمشي والخليفةُ راكب، ثم عَرَضَ عليه أن يصيرَ معه إلى الدّيار المصرية أو يقيم ببلاد الشام، فأبى عليه ذلك، فأشار عليه بالمقام بمكانه الذي هو فيه، ولا يذهب إلى توزون ببغداد، وحذَّره من توزون ومكره وخديعته، فلم يقبل، وكذلك أشار على وزيره (٣) أبي الحسين بن مُقْلة فلم يسمع. فأهدى إلى الخليفة هدايا كثيرة فاخرة، وكذلك إلى الأمراء والكبراء والوزير، ثم كرَّ راجعًا إلى بلاده، وقد اجتاز بحلب، فانحاز عنها صاحبها أبو عبد اللّه بن سعيد بن حمدان. وكان ابن مقاتل بها، فأرسله إلى الديار المصرية نائبًا عنه حتى يعود إليها. وأما الخليفة فإنه ركب من الرَّقة في دِجْلة إلى بغداد، وأرسل إلى توزون، فاستوثق منه ما كان حلف من الأيمان، فأكَّدها وقرَّرها، فلما اقترب منها خرج إليه توزون ومعه العساكر، فلما رأى الخليفة قبَّل الأرض بين يديه، وأظهر له أنه قد وَفَى له بما كان حلف عليه، وأنزله في مضربه، ثم جاء، فاحتاط على من معه من الكبراء، وأمر بسَمْلِ عيني الخليفة، فَسُملتْ عيناه، فصاح صيحةً عظيمة سمعها الحُرَم، فضجَّتِ الأصواتُ بالبكاء، فأمر توزون بضرب الدَّبادب حتى لا تسمع أصوات الحُرَم، ثم انحدر من فوره إلى بغداد، فبايع المستكفي باللّه، فكانت خلافة المتقي للّه ثلاث سنين وخمسة أشهر وعشرين يومًا، وقيل: وأحد عشر شهرًا. وستأتي ترجمته عند ذكر وفاته (٤) .
(١) هكذا قال، متابعًا شيخه الذهبي في تاريخ الإسلام، فقد ذكره في وفيات هذه السنة وسماه: "أحمد بن عامر بن بشر" أيضًا (٧/ ٦٥٤)، وهو وهم في اسمه وفي سنة وفاته، فاسمه الصحيح هو "أحمد بن بشر بن عامر"، ووفاته في سنة ٣٦٢، وقد ذكره الذهبي على الصواب في وفيات السنة المذكورة من تاريخه (٨/ ١٩٩)، وكتبه في "السير" على الصواب أيضًا، وإنما يحدث مثل هذا بسبب اختلاف الموارد. (٢) ما بين حاصرتين من (ط). (٣) في (ط): وكذلك أشار عليه وزيره، وهو تحريف، وأبو الحسين بن مقلة، وهو ابن أبي علي بن مقلة الوزير المشهور. (٤) انظر حوادث سنة (٣٥٧ هـ).

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