Connu sous le nom d’Ibn ‘Uqda, son père reçut ce surnom en raison de la complexité qu’il apportait à la morphologie et à la grammaire. ‘Uqda lui-même était un homme pieux et ascète. Abû al-‘Abbâs Ibn ‘Uqda comptait parmi les grands mémorisateurs (huffâẓ). Il entendit de nombreux ḥadiths, voyagea et écouta les propos de très nombreux maîtres. Parmi ceux qui reçurent son enseignement figurent al-Ṭabarānī, al-Dāraquṭnī, Ibn al-Jiʿābī, Ibn ʿAdī, Ibn al-Muẓaffar et Ibn Shāhīn.
Al-Dāraquṭnī déclara : « Les gens de Kūfa s’accordent à dire que, depuis l’époque d’Ibn Masʿūd jusqu’au temps d’Ibn ‘Uqda, on n’a pas vu de mémorisateur plus doué que lui. » On rapporte qu’il connaissait environ six cent mille ḥadiths, dont trois cent mille traitant des mérites de la Famille prophétique (Ahl al-Bayt), qu’ils soient authentiques ou faibles. Ses livres remplissaient six cents chargements de chameau, et malgré cela, on le qualifiait de pencher vers le chiisme.
Al-Dāraquṭnī dit également : « C’était un homme de mauvaise moralité. » Ibn ʿAdī rapporta qu’il fabriquait pour certains érudits des copies (de ḥadiths) et leur enjoignait ensuite de les transmettre. Al-Khaṭīb a rapporté : « ʿAlī ibn Muḥammad ibn Naṣr m’a informé avoir entendu Ḥamza ibn Yūsuf [dire] : “J’ai entendu Abū ʿUmar ibn Ḥaywayh dire : Ibn ‘Uqda s’asseyait dans la mosquée de Barāthā (1) et dictait des critiques à l’encontre des Compagnons – ou bien des deux Cheikhs – c’est pourquoi j’ai délaissé ses ḥadiths et je ne transmets plus rien venant de lui.” (2) ».
J’ajoute que j’ai traité sa situation de manière suffisante dans mon livre « al-Takmīl » – louange à Dieu et Sa bienveillance – et il est décédé au mois de Dhū al-Qaʿda de cette même année.
Aḥmad ibn ʿĀmir (3) ibn Bishr ibn Ḥāmid al-Marwarūdhī (4), rattaché à Marw al-Rūdh – « al-rūdh » signifiant « la rivière » –, était un juriste (faqīh) shāfiʿite, élève du shaykh Abū Isḥāq al-Marwazī (ce dernier étant associé à Marw al-Shāhijān, bien plus grande que la première). Il commenta le « Mukhtaṣar » d’al-Muzanī, rédigea un ouvrage intitulé « al-Jāmiʿ fī al-madhhab » et composa des œuvres en uṣūl al-fiqh. Il était un imām dont on ne pouvait égaler l’éminence.