On rapporte à ce sujet de nombreux récits dont la chaîne de transmission est interrompue. As-Suhaylî a dit : « Abou Sa‘îd ibn Abî ‘Amr nous a informés ; Abou ‘Abdallâh as-Saffâr nous a rapporté ; Abou Bakr ibn Abî Dunyâ nous a relaté ; Ishâq ibn Ismâ‘îl nous a transmis ; Jarîr m’a raconté d’après Abou ‘Abdallâh al-Malatî (1) : Lorsque Moïse voulut se séparer d’al-Khidr, il lui dit : “Fais-moi une recommandation (ou conseille-moi).” Al-Khidr répondit : “Sois bénéfique et ne sois pas nuisible. Sois souriant et ne sois pas coléreux. Détourne-toi de l’obstination et ne te déplace pas sans nécessité.” Dans une autre version, on ajoute : “Et ne ris que par étonnement.” »
Wahb ibn Mounabbih a dit : « Al-Khidr déclara : “Ô Moïse, les gens sont tourmentés en ce monde à la mesure de leurs préoccupations pour lui.” »
Bichr ibn al-Hârith al-Hâfî a rapporté : « Moïse dit à al-Khidr : “Fais-moi une recommandation.” Celui-ci lui répondit : “Puisse Dieu déployer sur toi Son obéissance.” » Il est également fait mention d’un hadith remontant au Prophète, rapporté par Ibn ‘Asâkir via Zakariyyâ ibn Yahyâ al-Waqqâr (4), mais celui-ci fait partie des grands menteurs.
On lit également : « Cela fut récité devant ‘Abdallâh ibn Wahb, et je l’entendis dire : Sufyân [ath-Thawrî] rapporta que Majâlid avait dit, d’après Abou al-Waddâk, d’après Abou Sa‘îd al-Khudrî, d’après ‘Umar ibn al-Khattâb, qui a dit : “Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a dit : ‘Mon frère Moïse a dit : “Ô Seigneur”, puis il prononça une parole. Alors vint à lui al-Khidr, sous l’apparence d’un jeune homme à l’odeur agréable, vêtu d’habits blancs éclatants, dont les manches étaient retroussées. Il lui dit : “Que la paix soit sur toi, Moïse fils de ‘Imrân. Ton Seigneur te salue.” Et Moïse répondit : “Il est la Paix, vers Lui revient la Paix. Louange à Dieu, Seigneur de l’univers, dont je ne puis dénombrer les bienfaits ni m’acquitter de la gratitude qui Lui est due sans Son secours.” Puis Moïse ajouta : “Je souhaite que tu me fasses une recommandation dont Dieu me fera profiter après toi.” Al-Khidr lui déclara : “Ô toi qui recherches la science, sache que celui qui parle encourt moins de reproches que celui qui écoute. Ne lasse pas tes compagnons lorsque tu leur relates quelque chose. Sache aussi que ton cœur est comme un récipient : veille donc à ce que tu y emmagasines. Puise ce qu’il te faut de ce bas monde, puis rejette-le derrière toi, car il n’est pas ta demeure et tu n’y trouveras pas de lieu de séjour permanent. Il n’a été créé qu’en guise de provision pour les serviteurs, afin qu’ils se préparent au Jour du Retour. Habitue-toi à la patience, tu seras ainsi préservé du péché.
Ô Moïse, consacre-toi à l’étude si tu la désires vraiment, car la science n’est acquise que par celui qui s’y consacre pleinement. Ne sois pas prolixe ni verbeux dans ta quête du savoir, car…”’ »