Libérer les musulmans des mains des mécréants est plus bénéfique pour les gens que de conserver ce voile dans cette église. Le calife ordonna donc de leur envoyer ce voile et de libérer les captifs qu’ils détenaient (1).
As-Soulî a rapporté : La nouvelle arriva que le Qarmati venait d’avoir un enfant. Abû ‘Abd Allâh al-Buraydî lui offrit d’immenses présents, dont un berceau d’or orné de pierreries (2).
Le “rafḍ” (l’extrémisme chiite) s’intensifia à Bagdad, si bien qu’on y proclama : « Quiconque tient des propos injurieux à l’encontre de l’un des Compagnons verra la dhimma (la protection) se soustraire de lui. » Le calife envoya ensuite à ‘Imâd ad-Dawla ibn Bûwayh des robes d’honneur, qu’il accepta et revêtit en présence des juges et des notables.
C’est également au cours de cette année que mourut as-Sa‘îd Naṣr ibn Aḥmad ibn Ismā‘îl as-Sāmānî, souverain du Khorasan et de Transoxiane. Il avait contracté la tuberculose et souffrit durant un an et un mois avant de décéder. Il fit aménager dans sa demeure une pièce qu’il appela la “Maison de l’adoration” : il y entrait pieds nus, vêtu d’habits propres, y priait avec humilité, multipliait les jeûnes et s’abstenait de toute transgression jusqu’à sa mort – que Dieu lui fasse miséricorde. Son fils, Nûḥ ibn Naṣr as-Sāmānî, lui succéda au mois de Sha‘bân de cette même année et reçut le titre d’« émir louable ». Il fit exécuter Muḥammad ibn Aḥmad an-Nasafî al-Bardahî – lequel avait été calomnié auprès de lui – et le fit crucifier.
[Parmi les notables décédés cette année-là, on compte]
Sinnân ibn Thâbit ibn Qurrah (3), as-Sâbi’ (4), Abû Sa‘îd le médecin. Il embrassa l’islam sous le règne d’al-Qâhir bi-llâh, mais ni ses fils ni aucun membre de sa famille ne se convertirent. Il excellait en médecine et possédait de vastes connaissances dans d’autres disciplines. Il mourut au mois de Dû l-Qa‘da de cette année-là d’une maladie appelée ad-dharab (5). Lorsqu’il fut frappé par la mort, son art ne put rien pour lui.
Qu’il est beau le vers de poésie suivant, illustrant ce propos :
« Dis à celui qui a préparé le breuvage de sa propre main :
Crois-tu détourner le destin lorsqu’il s’accomplit ? (6)
Sont morts le guérisseur, le patient, celui qui a apprêté la boisson de sa main
Et celui qui l’a achetée. »