Il fut l’ami d’al-Junayd ibn Muḥammad et d’autres maîtres parmi les imams du soufisme. Il séjourna à La Mecque jusqu’à sa mort en cette année. Parmi ses belles paroles, on rapporte : « Les déserts de ce monde se traversent avec les pieds, et les déserts de l’au-delà se traversent avec les cœurs. » (1)
Al-Ḥusayn ibn [Ismā‘īl ibn Muḥammad ibn] (2) Ismā‘īl ibn Sa‘īd ibn Abān (3), Abū ‘Abd Allāh, al-Ḍabbī, le juge, al-Maḥāmilī, le juriste shāfi‘ite et le traditionniste, entendit de nombreux ḥadīths et rencontra un grand nombre de disciples d’Ibn ‘Uyaynah, environ soixante-dix hommes. Il recueillit des narrations d’un groupe d’imams et transmit à son tour à al-Dāraquṭnī et à beaucoup d’autres. Près de dix mille personnes assistaient à ses assemblées. Il était sincère, pieux, juriste et rapporteur de ḥadīths. Il occupa la fonction de juge à al-Kūfa pendant soixante ans, puis on lui confia la magistrature de Fārs et de ses dépendances. Il demanda ensuite à être déchargé de toutes ces fonctions, demeura chez lui et se consacra uniquement à l’enseignement du ḥadīth. Il mourut au mois de Rabī‘ al-Ākhir de cette année, à l’âge de quatre-vingt-quinze ans, qu’Allāh lui fasse miséricorde.
Il eut un débat avec quelques chiites en présence de notables. L’un des chiites évoqua les positions courageuses de ‘Alī lors des batailles de Badr, Uḥud, al-Khandaq, Khaybar et Ḥunayn, ainsi que sa bravoure. Puis il demanda à al-Maḥāmilī : « Les connais-tu ? » Il répondit : « Oui. Mais sais-tu où se trouvait aṣ-Ṣiddīq (Abū Bakr) le jour de Badr ? Il se tenait aux côtés du Messager de Dieu — paix et bénédiction sur lui — dans l’abri (al-‘arīsh), comme un chef que l’on protège, tout comme on protège le Messager de Dieu — paix et bénédiction sur lui —, tandis que ‘Alī était sur le champ de duel. Même à supposer qu’il eût été défait ou tué, cela n’aurait pas démoralisé l’armée à cause de lui. » Le chiite en fut réduit au silence.
Al-Maḥāmilī ajouta : « De plus, ceux qui nous ont transmis la prière, l’aumône et les ablutions après le Messager de Dieu — paix et bénédiction sur lui — l’ont placé (Abū Bakr) en tête sans qu’il possédât de richesses, ni d’esclaves, ni de tribu pour le soutenir ou combattre à ses côtés. Ils ne l’ont fait que parce qu’ils savaient qu’il était le meilleur d’entre eux. » Le chiite ne trouva là encore plus rien à répondre (4).
‘Alī ibn Muḥammad ibn Sahl (5), Abū al-Ḥasan aṣ-Ṣāʾigh, compte parmi les ascètes et grands dévots, dotés de prodiges.