Tu ne cessas de solliciter pour elle l’influence bénéfique de la planète Jupiter… sans pourtant te prémunir du mauvais sort de Bahram (Mars). (1) Certes, la conjonction et Ptolémée ne se sont jamais réunis, ni en situation d’annulation ni en situation de confirmation.
Ainsi, Ibn Muqla fut révoqué de son poste de vizir ; sa demeure fut détruite, ses arbres furent anéantis, sa main fut tranchée, puis on lui coupa la langue. On l’obligea à payer un million de dinars, puis on l’enferma seul en prison, sans personne pour le servir. (2) C’était alors qu’il était âgé, affaibli, accablé par la nécessité et privé de certains de ses membres. (3) Il puisait lui-même l’eau d’un puits profond, retenant la corde de sa main gauche et la tenant de sa bouche. Il endura de grandes souffrances, après avoir connu une vie aisée.
Parmi ses poèmes composés après que sa main fut coupée, on trouve ces vers :
« Je ne me suis pas lassé de la vie, mais j’ai cru à leurs serments,
Et voilà que ma main droite a été séparée de moi.
J’ai vendu ma religion pour leur monde jusqu’à
Ce qu’ils me privent de leur monde après m’avoir privé de ma religion.
J’ai protégé leurs vies autant qu’il m’en fut possible,
Mais ils ne m’ont pas protégé en retour.
Il n’y a plus de douceur de vivre sans la main droite ;
Ô ma vie, ma droite s’en est allée, éloigne-toi donc à ton tour. »
Il pleurait souvent sa main, en disant : « Après avoir servi ainsi trois califes et recopié de ma main le Coran à deux reprises, elle est coupée comme on coupe la main d’un voleur. » Puis il récitait :
« Si une partie de toi meurt, pleure donc une autre partie,
Car une partie est proche de l’autre. »
Il mourut – qu’Allah lui fasse miséricorde – en cette prison, et fut d’abord enterré dans la demeure du sultan. Son fils, Abû al-Husayn, demanda alors qu’on le transfère : on l’exhuma et son fils l’enterra chez lui. Puis son épouse, connue sous le nom de “la Dinâriyya”, sollicita à son tour de le faire enterrer dans sa propre demeure, [et elle en reçut l’autorisation]. Il fut donc de nouveau exhumé et inhumé chez elle, et cela à trois reprises. Ibn Muqla mourut – qu’Allah lui fasse miséricorde – à l’âge de cinquante-six ans.
Abû Bakr ibn al-Anbârî (4) : il s’agit de Muhammad ibn al-Qâsim ibn Muhammad ibn Bashshâr ibn al-Hasan ibn Bayân ibn Samâ‘ah ibn Farwah ibn