En cette même année, un conflit éclata en al-Andalus. En effet, ʿAbd al-Raḥmān l’Omeyyade, maître d’al-Andalus et surnommé « al-Nāṣir li-Dīn Allāh », tua son vizir Aḥmad. Son frère, Umayya b. Isḥāq – qui gouvernait la cité de Shantarīn (1) – s’en offensa, renia son allégeance et gagna les terres des chrétiens. Il rejoignit le roi Radmīr, lui révéla les points faibles des musulmans, et ce dernier marcha sur eux avec une puissante armée de Galiciens. ʿAbd al-Raḥmān sortit à leur rencontre et leur infligea une lourde défaite, tuant un grand nombre d’entre eux. Toutefois, les Francs chargèrent à leur tour contre les musulmans, leur causant pertes et morts à un niveau similaire. Les musulmans continuèrent ensuite leurs raids sur les terres des Galiciens et y tuèrent une multitude de leurs gens. Mais bientôt, Umayya b. Isḥāq regretta son geste et demanda la protection d’ʿAbd al-Raḥmān, qui la lui accorda ; lorsqu’il se présenta devant lui, il le salua chaleureusement et le traita avec égards.
[Parmi ceux qui décédèrent cette année-là]
• Al-Ḥasan b. al-Qāsim b. Jaʿfar b. Duḥaym (2) (3) : Abū ʿAlī, de Damas. Il était issu d’une famille de traditionnistes et se consacrait à l’histoire, ayant rédigé plusieurs ouvrages en la matière. Il transmit (les ḥadīth) de al-ʿAbbās b. al-Walīd al-Bayrūtī et d’autres. Il mourut en Égypte au mois de Muḥarram de la présente année, âgé de plus de quatre-vingts ans.
• Al-Ḥusayn b. al-Qāsim (4) b. Jaʿfar b. Muḥammad b. Khālid b. Bishr : Abū ʿAlī al-Kawkabī, le secrétaire, spécialisé dans l’histoire et la littérature. Il transmit (des ḥadīth) d’Aḥmad b. Abī Khaythama, d’Abū l-ʿAyṇāʾ et de Ibn Abī l-Dunyā, tandis qu’al-Dāraquṭnī et d’autres rapportèrent également de lui.
• ʿUthmān b. al-Khaṭṭāb (5) b. ʿAbd Allāh : Abū ʿAmr al-Balawī, le Maghrébin surnommé al-Ashajj, également connu sous le nom d’Abū l-Dunyā (6). Cet homme arriva à Bagdad après l’an trois cents (de l’Hégire), prétendant être né au début du califat d’Abū Bakr dans les régions du Maghreb. Il affirma avoir, avec son père, rendu visite à ʿAlī b. Abī Ṭālib : alors qu’ils souffraient d’une grande soif en chemin, il s’éloigna afin de chercher de l’eau pour son père, et aperçut