Jusqu’à cet endroit, à ce moment-là, son corps demeura auprès d’eux, et ce fut Al-Khidr qui se chargea de son enterrement. Dieu accomplît alors pour lui ce qu’Il lui avait promis : il demeura en vie autant que Dieu le voulut (1).
Ibn Qutayba mentionna dans (al-Maʿârif), en se référant à Wahb Ibn Munabbih, que le nom d’Al-Khidr était Bilyâ. D’autres avancent qu’il s’appelait Ilyâ Ibn Malkân Ibn Fâligh Ibn ʿÂbir Ibn Shâligh Ibn Arfakhshadh Ibn Sâm Ibn Noé (que la paix soit sur lui) (2).
Ismâʿîl Ibn Abî Uways déclara : « Le nom d’Al-Khidr, d’après ce qui nous est parvenu – et Dieu sait mieux –, est al-Muʿammar Ibn Mâlik Ibn ʿAbd Allâh Ibn Naṣr Ibn Lâzd. » D’autres ont dit : « Il s’agit de Khidrûn Ibn ʿAmîyâ’îl Ibn al-Yafaz Ibn al-ʿÎṣ Ibn Isḥâq Ibn Ibrâhîm al-Khalîl. » On prétend aussi qu’il se nommait Irmiyâ Ibn Tabaqâ (3). Dieu sait mieux.
On a également avancé qu’il aurait été le fils du Pharaon de Moïse, roi d’Égypte, ce qui est très étrange. Ibn al-Jawzî dit à ce sujet : « Cela a été rapporté par Muḥammad Ibn Ayyûb, d’après Ibn Luhayʿa ; or tous deux sont considérés comme faibles. »
D’autres ont dit qu’il serait le fils de Mâlik, frère d’Ilyâs, ainsi que l’a rapporté as-Suddî, comme il sera mentionné. Certains ont dit qu’il fut à la tête de l’expédition de Dhû al-Qarnayn, ou encore qu’il était le fils de l’un de ceux qui avaient cru en Ibrâhîm al-Khalîl et avaient émigré avec lui. D’autres disent qu’il était Prophète à l’époque de Bishtâsb Ibn Luhrâsb (4).
Ibn Jarîr affirma : « La position correcte est qu’il vivait déjà au temps d’Afrîdûn (5) et qu’il a fini par rencontrer Moïse (que la paix soit sur lui) (6). »
Par ailleurs, l’historien al-Ḥâfiẓ Ibn ʿAsâkir rapporte, d’après Saʿîd Ibn al-Musayyib, qu’il dit : « La mère d’Al-Khidr était romaine, et son père perse (7). »
On trouve aussi certains indices laissant entendre qu’il se serait trouvé parmi les Banû Isrâ’îl à l’époque de Pharaon. Abû Zurʿa rapporte dans « Dalâʾil an-Nubuwwa » : « Ṣafwân Ibn Ṣâliḥ ad-Dimashqî nous a transmis – al-Walîd nous a transmis – Saʿîd Ibn Bishr nous a transmis, d’après Qatâda, d’après Mujâhid, d’après Ibn ʿAbbâs, d’après Ubayy Ibn Kaʿb, d’après le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) : la nuit où il fut emporté, il perçut une odeur agréable et demanda : “Ô Jibrîl, quelle est cette bonne odeur ?” Il répondit : “C’est le parfum de la tombe de la coiffeuse (al-mâshiṭa), de sa fille et de son mari.”
Le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) poursuivit : “Cela commença lorsque Al-Khidr était l’un des notables des Banû Isrâ’îl. Sur son chemin se trouvait un moine dans sa cellule, qui lui enseigna l’islam. Quand Al-Khidr parvint à l’âge adulte, son père le maria à une femme. Al-Khidr lui enseigna l’islam en lui faisant jurer de ne le divulguer à personne. Il ne se rapprochait toutefois pas des femmes. Lorsqu’il la répudia, son père le maria à une autre et il lui enseigna aussi l’islam, en lui demandant de ne le révéler à personne. Puis…” (8).