Et l’on raconte que, lorsque le Shî‘î entra dans la prison où se trouvait détenu ‘Ubayd Allâh (1), il découvrit que le maître de Sijilmâsa l’avait tué. Il trouva également dans la prison un homme inconnu, qu’il présenta alors au peuple en disant : « Voilà le Mahdî. » Il répandit ainsi cette nouvelle, et l’on affirme que ceux-ci sont issus de sa descendance, comme l’a rapporté le cadi Ibn Khallikân (2).
La naissance de ce Mahdî remonte à l’an deux cent soixante (260), selon certains avant, selon d’autres après. On dit qu’elle eut lieu à Salamiya, d’autres affirment qu’il serait né à Kûfa. La première fois qu’on invoqua son nom à partir des chaires (minbars) de Raqqâda et de Qayrawân fut un vendredi, neuf jours avant la fin de Rabî‘ al-Âkhir de l’année deux cent quatre-vingt-dix-sept (297), après son retour de Sijilmâsa. Son apparition y avait eu lieu en Dhû al-Ḥijja de l’année précédente (296). À partir de ce moment, l’autorité des Banû al-‘Abbâs cessa dans cette région jusqu’à la mort de l’‘Âḍid en l’an cinq cent soixante-sept (567).
Le Mahdî mourut à al-Mahdiyya — la ville qu’il avait fondée de son vivant — dans la nuit du mardi, le quinzième jour de Rabî‘ al-Awwal de la même année. Il avait dépassé soixante ans, selon l’avis le plus reconnu. À Dieu revient l’issue de toutes choses, et Il tranchera entre celui qui ordonne et celui qui obéit au Jour de la Résurrection et de la Manifestation.
Parmi les notables décédés cette année figure Aḥmad ibn ‘Abd Allâh ibn Muslim ibn Qutayba al-Dînawarî, juge (qâḍî) d’Égypte. Il transmit les ouvrages célèbres de son père (5) et mourut alors qu’il occupait toujours sa charge de juge sur les territoires égyptiens (6) pendant le mois de Rabî‘ al-Awwal de ladite année.
Il y eut également la mort de Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Qâsim Abû ‘Alî al-Rûdhbârî (7). Certains affirment qu’il s’appelait plutôt Aḥmad ibn Muḥammad. Et l’on rapporte :