Parmi les ouvrages d’Ibn Duraid figurent « Al-Jumhara fī al-Lugha » (1), en environ dix volumes, ainsi que « Al-Maṭar », « Al-Maqṣūra » et l’autre poème intitulé « Al-Maqṣūr wa al-Mamdūd », entre autres. Que Dieu lui accorde son pardon.
[Puis arriva l’année deux cent vingt-deux (322) de l’Hégire.]
Durant cette année, le roi des Romains (2) se mit en route vers Malatya à la tête de cinquante mille hommes. Il l’assiégea, puis leur accorda la sécurité pour mieux réussir à les maîtriser, avant de tuer un grand nombre de gens et de faire un nombre incalculable de prisonniers. Nous appartenons à Dieu et c’est à Lui que nous retournons.
Cette même année, on apprit que Mardāwīj s’était emparé d’Iṣfahān, qu’il arracha à ʿAlī ibn Būwayh. De son côté, ʿAlī ibn Būwayh se dirigea vers Arrajān et la prit. Il envoya ensuite un message à la cour califale pour confirmer son allégeance et son aide, proposant, si la chose était possible, de baiser le seuil vénéré et de se présenter devant le calife si celui-ci le lui ordonnait, ou bien de se rendre à Shīrāz pour rejoindre Ibn Yāqūt. Finalement, il se rendit à Shīrāz et s’en empara en combattant le représentant d’Ibn Yāqūt, au terme d’une grande bataille dans laquelle Ibn Būwayh vainquit Ibn Yāqūt et ses hommes ; il en tua un grand nombre et en fit des prisonniers. Lorsqu’il fut assuré de sa victoire, il les libéra, les traita avec bienveillance, les combla de présents et fit preuve de justice à l’égard de la population. Il était accompagné d’énormes sommes d’argent acquises à Iṣfahān et, auparavant (3), à al-Karaj, à Hamadhān et ailleurs. Cependant, il était généreux et prodigue en récompenses pour les troupes accourues sous sa bannière. Il en arriva même à se trouver à court d’argent quand il se trouvait à Shīrāz ; les soldats lui réclamèrent alors leurs soldes, et il craignit de voir son autorité se dissoudre.
Un jour, il s’allongea sur le dos, songeant à cette difficulté. Soudain, il aperçut un serpent qui sortait d’une fissure dans le plafond du lieu où il se trouvait et disparaissait dans une autre. Il ordonna de retirer ces plafonds, et l’on découvrit à cet endroit un trésor considérable d’or, aux alentours de cinq cent mille dinars. Il en dépensa ce qu’il voulut pour son armée et conserva un reste important.
Un autre jour, il sortit à cheval pour se promener dans les environs de la ville, contempler les édifices des anciens et méditer sur ceux qui l’avaient précédé. Le sol s’affaissa sous le pied de son cheval. Il ordonna de creuser à l’endroit, et l’on y mit au jour une nouvelle fois une grande quantité de richesses.
Il avait aussi demandé à un tailleur de lui confectionner un vêtement, mais le jugeant trop lent, il le convoqua. L’homme, presque sourd, saisit mal ses propos, et lui dit : « Par Dieu, ô roi, je ne détiens pour Ibn Yāqūt que douze coffres, dont j’ignore le contenu. » Il ordonna alors de faire venir ces coffres et l’on y trouva une fortune considérable, approchant les trois cent mille dinars. Il en prit ainsi connaissance