Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le juge Abû ‘Umar al-Mâlikî (1) :

Muḥammad ibn Yūsuf [ibn Ya‘qūb] (2) ibn Ismā‘īl ibn Ḥammād ibn Zayd, Abū ‘Umar, fut le juge à Bagdad et s’occupait aussi des affaires judiciaires dans divers autres contrées. Il comptait parmi les imams de l’Islam sur le plan de la science et de la connaissance, ainsi que par son éloquence et sa rhétorique. Par son intelligence et sa sagesse, il était cité en exemple pour sa raison et son indulgence (3). Il transmit de nombreux récits de maîtres, et ad-Dāraquṭnī ainsi que d’autres grands rapporteurs de hadith recueillirent également ses transmissions. Les gens acquirent grâce à lui une riche connaissance en fiqh (jurisprudence) et en hadith. On lui attribua la fonction de juge suprême (qāḍī al-quḍāt) en l’an 317, et il laissa de nombreux ouvrages. Il rassembla un volumineux Musnad. Lorsqu’il s’asseyait pour enseigner le hadith, Abū al-Qāsim al-Baghawī prenait place à sa droite – lui qui avait à peu près l’âge du père d’Abū ‘Umar – tandis qu’à sa gauche se trouvait Ibn Ṣā‘id, et devant lui Abū Bakr an-Naysābūrī, tandis que les autres hafiz (maîtres de la mémorisation du hadith) se tenaient autour de son siège de chaque côté.

On rapporte qu’aucun de ses jugements ne fut contesté comme étant erroné. Pour ma part, je (l’auteur) dis que l’un de ses jugements les plus justes fut l’exécution de al-Ḥusayn ibn Manṣūr al-Ḥallāj (4) – qu’Allah le défigure et l’humilie – en l’an 309, comme mentionné plus haut (5).

Il était d’un caractère remarquable et d’une excellente compagnie. Un jour, alors que ses compagnons se trouvaient réunis auprès de lui, on apporta une étoffe somptueuse à acheter pour environ cinquante dinars. Les personnes présentes la trouvèrent fort belle. Il fit alors appeler le qalānsī et lui ordonna de découper cette pièce en coiffes (qalānis) correspondant au nombre de ceux qui se trouvaient là. Il laissa derrière lui des mérites et des qualités admirables, qu’Allah lui fasse miséricorde.

Il mourut au mois de Ramaḍān de cette même année, à l’âge de soixante-dix-huit ans. Quelqu’un le vit en rêve et lui demanda : « Qu’est-ce que ton Seigneur a fait de toi ? » Il répondit : « Il m’a pardonné grâce à l’invocation de l’homme pieux Ibrāhīm al-Ḥarbī (6). » Qu’Allah leur fasse miséricorde à tous deux.

[Ensuite, l’année 321 débuta]

Au mois de Ṣafar de cette année-là, le calife fit comparaître un homme qui s’attaquait aux passants sur le Tigre. Il reçut alors mille coups de fouet devant lui, puis on lui trancha la tête. On coupa également les mains et les pieds de ses complices.

(1) Tārīkh Baghdād (3/401-405), al-Muntaẓim (6/246-248), al-Kāmil fī al-Tārīkh (8/213 et 247), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (14/555-557), al-Wāfī bi al-Wafayāt (5/245-246).\n(2) Ma Bayna Ḥāṣiratayn de Tārīkh Baghdād (3/401).\n(3) Dans (Ḥ) : et son jugement.\n(4) Bashshār a dit : ce qui se comprend du texte mentionné par al-Khaṭīb dans le procès d’al-Ḥallāj en présence du juge Abū ʿUmar est qu’il n’était pas disposé à prononcer la peine de mort, et que cela ne fut qu’à l’insistance du vizir Ḥāmid. Al-Khaṭīb a dit : « Ḥāmid insista pour réclamer le décret avec une telle insistance qu’il ne lui fut pas possible de s’y opposer ; il écrivit donc la sentence de sa mise à mort » (8/718 dans notre édition critique).\n(5) Voir les événements de l’année (309 H).\n(6) Tārīkh Baghdād (3/404).
القاضي أبو عمر المالكي (١) محمد بن يوسف [بن يعقوب] (٢) بن إسماعيل بن حمَّاد بن زيد، أبو عمر، القاضي ببغداد ومعاملاتها من سائر البلاد. وكان من أئمة الإسلام عِلْمًا ومعرفة، وفصاحةً وبلاغةً، وعقلًا ورياسة، بحيث كان يُضْربُ بعقله وحِلْمِهِ (٣) المثل. وقد روى الكثير عن المشايخ، وحدَّث عنه الدَّارَقُطْني وغيره من الحُفَّاظ، وحمل النَّاس عنه عِلْمًا كثيرًا من الفِقْه والحديث، وقد جُمعَ له قضاء القضاة في سنة سبع عشرة وثلاثمئة وله مُصنَّفات كثيرة. وجَمَعَ مُسْندًا حافلًا، وكان إذا جلس للتحديث جلس أبو القاسم البَغوي عن يمينه وهو قريبٌ من سنِّ أبيه، وعن يساره ابنُ صاعد، وبين يديه أبو بكر النَّيْسَابوري، وسائر الحُفَّاظ حول سريره من كلِّ جانب. قالوا: ولم يُنتقد عليه حُكْمٌ من أحكامه أخطأ فيه. قلت: وكان من أعظم صواب أحكامه قَتْلُه الحسين بن منصور الحلاج (٤) - قبحه الله وأخزاه - وذلك في سنة تسع وثلاثمئة كما تقدم (٥) . وقد كان جميلَ الأخلاق، حسنَ المعاشرة، اجتمع يومًا عنده أصحابُهُ فجيء بثوبٍ فاخرٍ ليشتريه بنحوٍ من خمسين دينارًا، فاستحسنه الحاضرون، فاستدعى بالقَلانسي وأمَرَه أنْ يقطعَ ذلك الثوبَ قلانسَ بعددِ الحاضرين. وله مناقبُ ومحاسن، رحمه الله تعالى. وكانت وفاته في رمضان من هذه السنة عن ثمانٍ وسبعين سنة، وقد رآه بعضُهم في المنام فقيل له: ما فعل بكَ رَبُّك؟ فقال: غَفَرَ لي بدعوة الرجل الصالح إبراهيم الحَرْبي (٦) ، رحمهما الله. [ثم دخلت سنة إحدى وعشرين وثلاثمئة] في صفر منها أحضر الخليفه رجلًا كان يقطع الطريق بدِجْلَة، فَضُرِبَ بين يديه ألف سوط، ثم ضربت عنقه، وقُطِّعَتْ أيدي أصحابه وأرجُلُهم.
(١) تاريخ بغداد (٣/ ٤٠١ - ٤٠٥) المنتظم (٦/ ٢٤٦ - ٢٤٨) الكامل في التاريخ (٨/ ٢١٣ و ٢٤٧) سير أعلام النبلاء (١٤/ ٥٥٥ - ٥٥٧) الوافي بالوفيات (٥/ ٢٤٥ - ٢٤٦). (٢) ما بين حاصرتين من تاريخ بغداد (٣/ ٤٠١). (٣) في (ح): وحكمه. (٤) قال بشار: الذي يفهم من النص الذي ذكره الخطيب في محاكمة الحلاج بحضور القاضي أبي عمر أنه لم يكن راغبًا في الحكم بقتله، وأن ذلك إنما كان بإلحاح من الوزير حامد، قال الخطيب: "وألح عليه حامد بالمطالبة بالكتاب إلحاحًا لم يمكنه معه المخالفة، فكتب بإحلال دمه" (٨/ ٧١٨ بتحقيقنا). (٥) انظر أحداث سنة (٣٠٩ هـ). (٦) تاريخ بغداد (٣/ ٤٠٤).

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