Ibn Masʿūd a dit : « Ils entrèrent la tête couverte, à l’inverse de ce qui leur avait été commandé. » Cela ne contredit pas la parole d’Ibn ʿAbbās selon laquelle ils entrèrent en rampant sur leurs arrière-trains. Il en va de même dans le ḥadīth que nous citerons plus loin, où il est dit qu’ils entrèrent en rampant, la tête couverte.
Quant à Sa parole : « Et dites : “Ḥiṭṭa” » (حِطَّة), la conjonction « wa » (و) est ici une particule de concomitance (indiquant la simultanéité), et non de simple coordination. Autrement dit : « Entrez en vous prosternant tout en disant “Ḥiṭṭa”. » Ibn ʿAbbās, ʿAṭāʾ, al-Ḥasan, Qatāda et al-Rabīʿ ont affirmé qu’il leur avait été ordonné de demander pardon (1).
Al-Bukhārī (2) a rapporté : « Muḥammad nous a rapporté ; ʿAbd al-Raḥmān ibn Mahdī nous a rapporté, d’après Ibn al-Mubārak, d’après Maʿmar, d’après Hammām ibn Munabbih, d’après Abū Hurayra, d’après le Prophète (ﷺ), qui a dit : “Il fut dit aux Enfants d’Israël : ‘Entrez par la porte en vous prosternant et dites : Ḥiṭṭa (Remise de nos fautes)’. Ils entrèrent alors en rampant sur leurs arrière-trains, puis ils modifièrent le mot et dirent : ‘Ḥiṭṭa, une graine dans un cheveu.’” » Al-Nasāʾī a également rapporté ce ḥadīth, d’après Ibn al-Mubārak, en partie (3). Il l’a aussi rapporté selon Muḥammad ibn Ismāʿīl ibn Ibrāhīm, d’après Ibn Mahdī, sous forme mawqūf (4).
ʿAbd al-Razzāq a dit : « Maʿmar nous a informés, d’après Hammām ibn Munabbih, qu’il avait entendu Abū Hurayra (qu’Allāh l’agrée) dire : Le Messager d’Allāh (ﷺ) a dit : “Allāh dit aux Enfants d’Israël : ‘Entrez par la porte en vous prosternant et dites : Ḥiṭṭa. Nous vous pardonnerons vos fautes.’ Mais ils déformèrent le mot, entrèrent en rampant sur leurs arrière-trains et dirent : ‘Une graine dans un cheveu.’” » Al-Bukhārī (5), Muslim (6) et al-Tirmidhī ont également rapporté ce ḥadīth, selon la chaîne de transmission de ʿAbd al-Razzāq. Al-Tirmidhī (7) a déclaré qu’il s’agit d’un ḥadīth « ḥasan ṣaḥīḥ » (bon et authentique).
Muḥammad ibn Isḥāq a dit : « Le fait qu’ils aient modifié le mot m’a été transmis par Ṣāliḥ ibn Keysān, d’après Ṣāliḥ, le mawlā de al-Tawʾama (8), d’après Abū Hurayra et d’après une personne en qui je n’ai aucune suspicion, qui le tenait d’Ibn ʿAbbās. Le Messager d’Allāh (ﷺ) a dit : “Ils sont entrés par la porte qu’on leur avait ordonné d’emprunter en se prosternant, mais ils avançaient en rampant sur leur arrière-train en disant : ‘Ḥinṭa fī shaʿīra (Du blé dans de l’orge).’” (9) »
Asbaṭ a rapporté, d’après al-Suddī, d’après Murra, d’après Ibn Masʿūd, au sujet de la parole divine : « Mais ceux qui étaient injustes parmi eux changèrent le mot en un autre… »