Abd Allâh ibn Muḥammad ibn ‘Abd al-‘Azīz (1) ibn al-Marzubān ibn Sābūr ibn Shāhīnshāh, Abū al-Qāsim, al-Baghawī (2), connu également sous le nom d’Ibn Bint Manī‘.
Il naquit en l’an deux cent treize, ou d’après une autre version en deux cent quatorze. Il vit Abū ‘Ubayd [al-Qāsim ibn Sallām] (3), sans toutefois rapporter de lui, et il entendit (c’est-à-dire reçut la transmission) d’Aḥmad [ibn Ḥanbal] (4), d‘Alī ibn al-Madīnī, de Yaḥyā ibn Ma‘īn, d‘Alī ibn al-Ja‘d, de Khalaf ibn Hishām al-Bazzār, ainsi que de bien d’autres.
Il possédait une partie (juzʾ) de ses auditions transmises de Ibn Ma‘īn, mais Mūsā ibn Hārūn, le ḥāfiẓ (spécialiste du ḥadīth), la lui prit et la jeta dans le Tigre, en disant : « Veux-tu réunir les trois ? ». Il s’était ainsi distingué en rapportant seul de quatre-vingt-sept shuyūkh. Il jouissait d’une réputation de fiabilité, était un ḥāfiẓ (grand mémorisateur) scrupuleux, et les savants du ḥadīth transmettaient de lui. Il laissa également des ouvrages.
Mūsā ibn Hārūn, le ḥāfiẓ, déclara : « Ibn Bint Manī‘ était digne de confiance et véridique. » On lui répliqua : « Ici, certains le critiquent. » Il répondit : « Ils sont jaloux de lui. Ibn Bint Manī‘ ne dit que la vérité. » Ibn Abī Ḥātim et d’autres affirmèrent que « [Ses ḥadīths] (5) entrent dans les recueils authentiques. »
Al-Dāraquṭnī dit : « Al-Baghawī parlait rarement du ḥadīth, mais quand il le faisait, sa parole était comme un clou dans du bois dur. » Ibn ‘Adī le mentionna dans son “al-Kāmil”, formula des critiques à son propos et déclara : « Il a rapporté certaines choses qui furent contestées, mais il possédait néanmoins une part de maîtrise du ḥadīth et de la composition d’ouvrages. » Ibn al-Jawzī entreprit de réfuter Ibn ‘Adī à ce sujet et rappela qu’il était décédé dans la nuit précédant la fête de l’Aïd al-Fiṭr de cette même année, âgé de cent ans plus trois années et quelques mois, tout en conservant une ouïe, une vue et une dentition satisfaisantes, au point qu’il continuait d’avoir des rapports avec ses servantes (6).
Il mourut à Bagdad et fut inhumé au cimetière de Bāb al-Tibn. Dieu lui fit miséricorde et honora son dernier repos.