Réponse ?
Il dit : « Oui. »
Je dis : « C’est que Dieu a voulu dire : “Accordez-lui la sécurité.” »
Alors il tourna la tête de son cheval et s’en retourna (1).
À ce propos, l’un d’entre eux posa une question : « Dieu a infligé à ceux de l’Éléphant – qui étaient chrétiens, alors que ceux-ci sont plus mauvais encore – le châtiment qu’Il a mentionné dans Son Livre sublime, lorsqu’Il dit :
« N’as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi avec les gens de l’Éléphant ? (1) Ne les a-t-Il pas égarés dans leur ruse ? (2) Et Il a envoyé contre eux des oiseaux par volées (3) qui leur lançaient des pierres d’argile cuite (4) et Il les a rendus semblables à une herbe mâchée (5) » (2) [Al-Fîl, 1-5].
Or, il est de notoriété que les Qarmates sont plus mauvais que les Juifs, les Chrétiens et les Mages, voire pires que les adorateurs d’idoles (3). Pourquoi donc n’ont-ils pas été frappés sur-le-champ par le châtiment, comme le furent les gens de l’Éléphant ? »
On a répondu à cela que les gens de l’Éléphant n’ont été châtiés que pour manifester la noblesse de la Maison sacrée (la Ka‘ba), en raison de la haute distinction à venir : en effet, c’est de la ville qui abrite cette Maison que devait être envoyé le Prophète illustre, afin qu’il soit su quel éminent statut a ce noble Messager, dernier des prophètes. Ainsi, lorsque ce lieu destiné à être prochainement honoré fut menacé d’humiliation, Dieu les anéantit rapidement, sans délai, comme Il l’a relaté dans Son Livre (4). Quant à ces derniers (les Qarmates), les faits se sont déroulés après l’établissement des lois révélées et la mise en place de leurs fondements, après que l’on eut su, de façon incontestable dans la religion de Dieu, la noblesse de La Mecque et de la Ka‘ba. Tout croyant sait, à la lumière du Livre de Dieu et de la Sunna de Son Messager, que ces gens (5) comptent parmi les plus grands négateurs et impies. C’est pourquoi il n’a pas été nécessaire de leur infliger un châtiment immédiat ; au contraire, le Seigneur (Exalté soit-Il) les a différés au Jour où les regards seront fixés. Dieu (qu’Il soit glorifié) donne répit, Il accorde un sursis et il laisse s’égarer, puis Il saisit d’une poigne irrésistible et puissante.
C’est ce que dit le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) : « Dieu donne un délai à l’injuste ; mais lorsqu’Il le saisit, Il ne le relâche pas » (6). Puis il récita : « Tel est le châtiment de ton Seigneur quand Il saisit les cités qui commettaient des injustices : Son châtiment est bien douloureux et terrible » [Hûd, 102]. Et le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) a dit : « Nul n’est plus patient à entendre ce qui Le blesse que Dieu. Ils prétendent qu’Il a un enfant et, pourtant, Il leur procure subsistance et bien-être » (7).
Dieu – Exalté soit-Il – dit : « Ne pense point que Dieu soit inattentif à ce que font les injustes, Il ne fait que les différer au Jour où les regards seront figés » [Ibrâhîm, 42]. Il dit aussi : « Que ne te trompe pas la liberté qu’ont ceux qui ont mécru d’aller et venir à travers le pays (196). Jouissance éphémère ! Puis leur refuge sera l’Enfer. Quelle affreuse couche ! » [Âl ‘Imrân, 196-197]. Et Il dit : « Nous leur accordons une jouissance passagère, puis Nous les contraignons à un dur châtiment » [Luqmân, 24]. Il dit encore : « Jouissance (pour eux) dans ce monde. Ensuite, ils reviendront à Nous, puis Nous leur ferons goûter le dur châtiment à cause de leur mécréance » [Yûnus, 70].
La même année, une discorde éclata à Bagdad entre les compagnons d’Abû Bakr al-Marrûdhî al-Hanbalî (8) et un groupe de gens du commun, qui divergeaient