Il lui dit : « Prends-en un ratal et rapporte-le-moi, afin que j’invoque Dieu en ta faveur. » L’homme s’en alla donc, en acheta puis revint. Il ouvrit le papier et y trouva sa quittance pour les cent dinars. Alors le cheikh lui demanda : « Est-ce là ta quittance ? » Il répondit : « Oui. » Le cheikh lui dit : « Prends-la, ainsi que les douceurs, et fais-en manger tes enfants. »(1)
Lorsqu’il mourut, les habitants d’Égypte sortirent nombreux pour accompagner ses funérailles, en signe de considération et de respect.
Quant à Muhammad ibn Khuraym(2), Muhammad ibn ‘Aqil al-Balkhî(3), Abû Bakr ibn Abî Dâwud as-Sijistânî, le traditionniste fils de traditionniste(4), Abû ‘Awâna Ya‘qûb ibn Isḥâq(5) ibn Ibrâhîm al-Isfarâ’înî(6), l’auteur du “Ṣaḥîḥ”(7) rapporté d’après Muslim, ils comptaient parmi les grands mémorisateurs prolifiques et les imams renommés.
Pour ce qui est de Naṣr al-Ḥâjib, au service du calife al-Muqtadir bi-llâh(8), il était l’un des meilleurs émirs, pieux et avisé. Il dépensa cent mille dinars de sa propre fortune dans la guerre contre les Qarmates et sortit lui-même au combat, le faisant par sens du devoir, avant de mourir en chemin au cours de cette même année.
[Ensuite vint l’année 317 de l’Hégire]
Au cours de cette année, al-Muqtadir fut déposé, et al-Qâhir Muḥammad ibn al-Mu‘taḍid bi-llâh, le frère d’al-Muqtadir bi-llâh, fut nommé calife. En muḥarram de cette année, le désaccord s’envenima entre Mu’nis le chambellan et le calife. Les émirs s’allièrent à Mu’nis, la situation se dégrada, et ils se mirent d’accord pour renverser al-Muqtadir bi-llâh et lui substituer Muḥammad ibn al-Mu‘taḍid. Ils lui prêtèrent allégeance au califat, le saluèrent en cette qualité et le surnommèrent al-Qâhir bi-llâh, dans la nuit du samedi à la mi-muḥarram de ladite année. Abû ‘Alî ibn Muqla(9) fut investi du vizirat, la demeure d’al-Muqtadir bi-llâh fut pillée et on y préleva de nombreux biens, avant que l’on ne découvre