Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il possédait une immense fortune et une très grande richesse. L’origine de sa prospérité remontait à la maison d’Ahmad ibn Ṭūlūn : on l’avait engagé comme joaillier pour acquérir à son profit les plus précieuses gemmes en Égypte, ce qui lui rapporta d’énormes sommes.

Ibn al-Jaṣṣāṣ raconta : « Un jour, je me trouvais à la porte d’ibn Ṭūlūn lorsque la kahramāna (l’intendante) sortit, tenant en main un collier composé de cent perles, chacune valant deux mille dinars. Elle dit : “Je veux que tu prennes ceci et que tu le retravailles pour réduire la taille de ces perles, car elles dépassent ce que l’on souhaite.” Je pris donc le collier et le rapportai chez moi. Je disposais alors de perles plus petites valant de beaucoup un dixième (2) de la valeur de ces joyaux. Je les lui remis, et je gardai pour moi celles qu’elle m’avait apportées, dont la valeur s’élevait à deux cent mille dinars (3). »

Il advint ensuite qu’au temps du calife al-Muqtadir, il fut soumis à une lourde confiscation, durant laquelle on lui prit (dans ce cadre) l’équivalent de seize millions (16 000 000) de dinars, et il lui resta encore une très grande partie de ses biens. Quelqu’un raconta : « Je me rendis chez lui et le vis errant dans sa demeure comme s’il était fou. Je lui demandai : “Qu’as-tu (4) ?” Il répondit : “Malheur à toi ! On m’a pris ceci et cela, j’ai l’impression que mon âme va me quitter.” Je le plaignis, puis je tentai de le consoler en lui disant : “Ta maison, tes vergers et tes domaines qui te restent valent environ sept cent mille dinars. Dis-moi la vérité, combien te reste-t-il de joyaux et de biens ?” Or il s’avéra que cela valait trois cent mille dinars. Je lui dis alors (5) : “Il n’y a personne parmi les marchands de Bagdad qui possède autant, sans compter la position influente dont tu jouis auprès de l’État et des gens.” Il retrouva alors son calme, oublia ce qui lui avait été enlevé et mangea, lui qui n’avait rien avalé depuis trois jours (6). »

Lorsqu’il fut libéré de la confiscation sous al-Muqtadir grâce à l’intercession de la mère de ce dernier, la noble dame, il raconta : « J’ai vu dans la maison du calife une centaine de sacs (7), contenant des objets de moindre valeur qu’on m’avait envoyés d’Égypte et qui se trouvaient chez eux, entassés dans un dépôt négligé. Dans l’un de ces chargements se trouvait mille dinars que j’avais dissimulés lors de l’envoi depuis l’Égypte, et dont personne ne se doutait. Je demandai à la mère d’al-Muqtadir de plaider ma cause et, après qu’elle eut parlé à son fils, il me les restitua. Je rentrai donc en leur possession et constatai que l’or n’avait pas été touché (8). »

(228-229/1) Wafayāt al-Aʿyān (3/77), Sīr Aʿlām al-Nubalāʾ (14/469-473), Fawāt al-Wafayāt (1/372-376), al-Wāfī bil-Wafayāt (12/386-391). (1) Dans (ṭ): il voulait le déchirer et le détruire. (2) Dans (ṭ): équivaut à moins d’un dixième. (3) Nashwār al-Muḥāḍarah (2/312-313). (4) Dans (ṭ): je lui ai dit : "Pourquoi es-tu ainsi..." (5) Dans (ṭ): sauf ce qu’il restait en or et argent moulés, alors je lui ai dit. (6) Le récit dans al-Muntaẓam (6/213-214). (7) C’est-à-dire cent empaquetages de jute, ce que les habitants damascènes appellent communément al-Janfaṣ. (8) al-Faraj baʿda al-Shiddah (2/112-113).
كان ذا مالٍ عظيم وثروة متسعة جدًّا، وكان أصل نعمته من بيت أحمد بن طولون؛ كان قد جعله جوهريًا له يتسوق له ما يقع من نفائس الجواهر بمصر، فاكتسب بسبب ذلك أموالًا جزيلة جدًّا. قال ابن الجصَّاص: كنت يومًا بباب ابن طولون إذ خرجت القَهْرمانة وبيدها عِقْدٌ فيه مئة حبة من الجَوْهر، تساوي كلُّ واحدةٍ ألفي دينار. فقالت: أريد أن تأخذ هذا فتخرطه حتى يكون أصغر من هذا الحجم؛ فإن هذا نافر على ما يريدونه (١) . فأخذته منها، وذهبت به إلى المنزل، وحصلت جواهر أصغر منها تساوي عُشْر (٢) قيمة تلك الجواهر بكثير، فدفعتها إليها، وفزت أنا بذلك الذي جاءت به، فكانت قيمته مئتي ألف دينار (٣) . وقد اتفق أنه صُودرَ في زمان المقتدر مصادرةً عظيمة، أُخذ منه [فيها] ما يقاوم ستة عشر ألف ألف دينار، وبقي معه من الأموال شيء كثير جدًّا. قال بعضهم: دخلت عليه وهو يتردَّد في منزله كأنَّه مجنون، فقلت: ما لك (٤) ؟ فقال: ويحك، أُخذ مني كذا وكذا، فأنا أحس أن روحي ستخرج. فعذرته، ثم أخذت في تسليته فقلت له: إن دارك وبساتينك وضياعك الباقية لك تساوي سبعمئة ألف دينار، واصدقني، كم بقي عندك من الجواهر والمتاع؟ فإذا هو شيء يساوي ثلاثمئة ألف دينار فقلت (٥) : إنَّ هذا أمر لا يشاركك فيه أحدٌ من التجار ببغداد مع مالك من الوجاهة عند الدَّولة والنَّاس. قال: فسرِّيَ عنه، وتسلَّى عما فات عليه، وأكل، وكان له ثلاثة أيام لم يأكل شيئًا (٦) . ولما خلص من مصادرة المقتدر بشفاعة أمه السيِّدة فيه حكى عن نفسه قال: نظرت في دار الخلافة إلى مئة خيشة (٧) ، فيه متاع رَثٌّ مما حمل إليَّ من مصر، وهو عندهم بدار مَضِيعة، وكان لي في حِمْلٍ منها ألف دينار موضوعة فيه من مصر لا يشعر بها أحد، فاستوهبت ذلك من أُمِّ المقتدر، فكلَّمَتْ في ذلك ولدَها، فأطلقه لي، فتسلمته، فإذا الذَّهب لم يَنْقُصْ منه شيء (٨) .
= (١/ ٢٢٨ - ٢٢٩) وفيات الأعيان (٣/ ٧٧) سير أعلام النبلاء (١٤/ ٤٦٩ - ٤٧٣) فوات الوفيات (١/ ٣٧٢ - ٣٧٦) الوافي بالوفيات (١٢/ ٣٨٦ - ٣٩١). (١) في (ط): وأرادت خرطه وإتلافه. (٢) في (ط): تساوي أقل من عشر. (٣) نشوار المحاضرة (٢/ ٣١٢ - ٣١٣). (٤) في (ط): فقلت له: مالك هكذا .. (٥) في (ط): غير ما بقي عنده من الذهب والفضة المصكوكة، فقلت له. (٦) الخبر في المنتظم (٦/ ٢١٣ - ٢١٤). (٧) أي مئة عدل من الأعدال الخيش، وهو ما يدعى بعامية أهل دمشق بالجنفاص. (٨) الفرج بعد الشدة (٢/ ١١٢ - ١١٣).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies