Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Nasr ibn al-Qasim, le spécialiste hanafite des lois successorales, connu sous le nom d’Abou al-Layth (1), avait écouté al-Qawariri. Il était considéré comme digne de confiance, versé dans les lois successorales selon la doctrine d’Abou Hanifa, et grand maître de la lecture coranique (2).

[Puis entra l’année trois cent quinze]

Au mois de Safar de cette année, le vizir ‘Ali ibn ‘Isa arriva de Damas à Bagdad. Les gens allèrent à sa rencontre sur la route : certains allèrent jusqu’à al-Anbar et d’autres moins loin. Lorsqu’il se présenta devant le calife al-Muqtadir, celui-ci lui adressa la parole avec égards, puis ‘Ali ibn ‘Isa se retira chez lui. Le calife lui envoya alors des tapis, des étoffes et vingt mille dinars. Le lendemain, il le convoqua à nouveau et lui remit un somptueux vêtement d’honneur. ‘Ali ibn ‘Isa récita alors, vêtu de cette robe :

« Les gens ne suivent que l’intérêt du monde et celui qui le possède : qu’il change un jour, et aussitôt ils changent avec lui.
Ils honorent le richard, mais si un jour le sort lui est contraire et qu’il tombe, ils le délaissent. »

Puis parvinrent des lettres annonçant que les Byzantins (ar-Roum) étaient entrés dans Sumaysat (5), s’étaient emparés de tout ce qui s’y trouvait, y avaient dressé la tente du roi et fait retentir la cloche dans la grande mosquée. Le calife ordonna alors à Mu’nis al-Khadim de se préparer à partir contre eux et lui remit un magnifique vêtement d’honneur. Peu après, la nouvelle arriva que les musulmans s’étaient révoltés contre les Byzantins, en avaient tué un grand nombre et saisi de très importants butins. Louange à Dieu.

Lorsque Mu’nis se prépara à partir, l’un des serviteurs vint l’informer que le calife projetait de l’arrêter lorsqu’il viendrait prendre congé de lui, et qu’une fosse couverte avait été aménagée à cet effet dans la demeure du calife (6) (7), afin qu’il y tombe. Mu’nis hésita donc à s’y rendre. Des émirs affluèrent de tous côtés pour se rallier à lui contre le calife. Le calife envoya alors à Mu’nis un billet rédigé de sa propre main, lui prêtant serment que cette rumeur était mensongère. Rassuré, Mu’nis se rendit en petit comité au palais. Une fois en présence du calife, ce dernier lui adressa la parole avec majesté et lui jura qu’il lui conservait une bienveillance sincère, qu’il l’avait toujours connu ainsi auparavant.

(1) Tārīkh Baghdād (13/295), Al-Ansāb (9/259), Al-Lubāb (2/202), Al-Muntaẓam (6/204), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (14/465-466). (2) Dans (ṭ), «مقربًا» est une erreur de lecture. (3) Dans (ṭ) : «الخليفة». (4) Dans (ṭ) : «الخليفة». (5) Une forteresse dans la région du Chām, sur l’Euphrate, dans la province de Bilād al-Rūm, entre la forteresse des Rūm et Malatya. Voir Wafayāt al-Aʿyān (3/421). (6) Entre deux sièges, selon (ṭ). (7) Dans (ṭ), il y a une suspicion d’erreur concernant ce terme, qui est une déformation. Al-Zubya : une fosse dont on couvre l’ouverture ; si un lion y met la patte, il tombe dedans. Voir Al-Muʿjam al-Wasīṭ (1/390).
ونَصْر بن القاسم، الفَرَائضي الحَنَفي، أبو الليث (١) . سمع القَوَاريري، وكان ثِقَةً، عالمًا بالفرائض على مذهب أبي حنيفة، مُقْرِئًا (٢) جليلًا. [ثم دخلت سنة خمس عشرة وثلاثمئة] في صفر منها كان قدوم عليِّ بن عيسى الوزير من دمشق إلى بغداد، وقد تلقاه الناس إلى أثناء الطريق؛ فمنهم من كان قد لقيه إلى الأنبار، ومنهم دون ذلك. وحين دخل إلى الخليفة المقتدر خاطبه (٣) المقتدر فأحسن مخاطبته، وانصرف إلى منزله، فبعث (٤) وراءه بالفُرُش والقُماش وعشرين ألف دينار، واستدعاه من الغد، فخلع عليه، فأنشد وهو في الخِلْعة: ما النَّاس إِلَّا مع الدُّنيا وصاحبها ..... فكيفما انَقَلَبَتْ يومًا به انقلبوا يُعَظِّمون أخا الدُنيا فإن وَثَبَتْ .... يومًا عليه بما لا يشتهي وَثَبُوا وجاءتِ الكتب بأن الرُّوم قد دخلوا سُمَيْسَاط (٥) ، وأخذوا جميع ما فيها، ونصبوا فيها خيمة الملك وضربوا النَّاقوس في الجامع بها، فأمر الخليفة مؤنسًا الخادم بالتجهيز للمسير إليهم، وخلع عليه خِلْعة سنية، ثم جاءتِ الكتب بأن المسلمين وثبوا على الرُّوم، فقتلوا منهم خَلْقًا كثيرًا، وغنموا غنائم كثيرة جدًّا، وللّه الحمد. ولما تجهَّز مُؤْنس للمسير جاءه بعضُ الخدم، فأعلمه أن الخليفة يريد أن يقبض عليه إذا دخل لوداعه، وقد حُضِرَت [له] (٦) زُبْيَةٌ في (٧) دار الخلافة مغطاة ليتردى فيها، فأحجم عن الذهاب. وجاءت الأمراء إليه من كل جانب، ليكونوا معه على الخليفة، فبعث إليه المقتدر برقعة بخطِّه يحلف له فيها أن هذا الأمر الذي بلغه ليس بصحيح؛ فطابت نفسه، وركب إلى دار الخلافة في غِلْمانٍ قلائل، فلما دخل على الخليفة خاطبه مخاطبة عظيمة، وحلف له أنه طيِّبُ القلب عليه، وله عنده الصفاء الذي يعرفه.
(١) تاريخ بغداد (١٣/ ٢٩٥) الأنساب (٩/ ٢٥٩) اللباب (٢/ ٢٠٢) المنتظم (٦/ ٢٠٤) سير أعلام النبلاء (١٤/ ٤٦٥ - ٤٦٦). (٢) في (ط) مقربًا، وهو تصحيف. (٣) في (ط): الخليفة. (٤) في (ط): الخليفة. (٥) قلعة في بر الشام على الفرات في ناحية بلاد الروم، بين قلعة الروم وملطية. وفيات الأعيان (٣/ ٤٢١). (٦) ما بين حاصرتين من (ط). (٧) في (ط) وقد حضرت له ريبة، وهو تحريف. والزُّبْية: حفرة تغطى فوهتها، إذا وطئها الأسد وقع فيها. المعجم الوسيط (١/ ٣٩٠).

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