Il a recueilli (son savoir) auprès de Qutayba, d’Ishaq ibn Rahawayh et de nombreux autres savants de Khurasan, de Bagdad, de Koufa, de Bassora et du Hedjaz. Al-Bukhârî et Muslim ont rapporté des hadiths de lui – tous deux étaient plus âgés que lui et étaient nés et décédés avant lui. Il laissa de nombreux ouvrages très utiles et était considéré parmi ceux dont l’invocation est exaucée.
Un jour, il vit en songe qu’il gravissait une échelle de quatre-vingt-dix-neuf marches. Chaque fois qu’il relatait cette vision, on l’interprétait ainsi : « Tu vivras quatre-vingt-dix-neuf ans. » Et la suite confirma cette interprétation. À quatre-vingt-trois ans, il eut un fils nommé Abû ‘Amr. Al-Hâkim rapporta : « J’entendis Abû ‘Amr dire : ‘Quand j’entrais dans la mosquée auprès de mon père, entouré de gens, il leur disait : “Cela, je l’ai accompli en une nuit, alors que j’ai quatre-vingt-trois ans.”’ »
[Puis arriva l’année 314 de l’Hégire.] Au cours de cette année :
(1) Le roi des Byzantins – le Doumustuq, qu’Allah le maudisse – écrivit aux habitants des côtes pour exiger d’eux le kharâj (impôt foncier), sans quoi il les attaquerait. Ils refusèrent de lui obéir, si bien qu’il marcha contre eux au début de cet an, sema le désordre sur la terre et entra à Malatya, où il tua un grand nombre de ses habitants, en captura d’autres et y demeura seize jours. Les survivants se rendirent alors à Bagdad pour demander l’aide du calife.
Un incendie se déclara à deux endroits dans Bagdad, causant la mort de nombreuses personnes ; l’un d’eux réduisit en cendres un millier de maisons et d’échoppes. Puis des courriers annoncèrent la mort du Doumustuq, roi des chrétiens – qu’Allah le maudisse –, et la lecture de ces missives fut faite sur les chaires.
Il parvint aussi des nouvelles de La Mecque indiquant que ses habitants étaient dans un état de vive inquiétude devant l’approche du Qarmate qui se dirigeait vers eux, les contraignant à fuir vers Tâ’if et les environs. Une violente tempête souffla à Nisibîn, déracinant les arbres et détruisant des maisons.
Selon Ibn al-Jawzî : « Le dimanche 8 Shawwâl de cette année-là – qui correspondait au septième jour de décembre – il tomba à Bagdad une neige considérable, si intense que le froid provoqua d’énormes dégâts dans les palmiers et de nombreux autres arbres. Les huiles, les boissons, l’eau de rose, le vinaigre, les grands canaux et même le Tigre gelèrent. Certains maîtres du hadith tinrent une séance de transmission directement sur le Tigre gelé, et c’est là que leurs disciples recueillirent leurs propos. Par la suite, la pluie tomba et fit fondre toute cette glace, louange à Dieu. »