L’imam Aḥmad a déclaré : « Aswad ibn ʿĀmir nous a rapporté : Abū Bakr nous a rapporté, d’après Hishām, d’après Ibn Sīrīn, d’après Abū Hurayra, qui a dit : Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) a dit : “Le soleil ne s’est jamais arrêté pour un être humain, si ce n’est pour Yūshaʿ (Josué), les nuits où il marcha vers Bayt al-Maqdis (Jérusalem).” » (1)
Aḥmad est le seul à avoir rapporté ce hadith sous cette forme, et il répond aux conditions d’al-Bukhārī. Il en ressort que celui qui a conquis Bayt al-Maqdis est bien Yūshaʿ ibn Nūn (que la paix soit sur lui), et non pas Mūssā (Moïse), et que l’arrêt du soleil a eu lieu lors de la conquête de Bayt al-Maqdis et non pas à Jéricho, comme nous l’avions affirmé. Il s’agit en outre d’une particularité accordée à Yūshaʿ (que la paix soit sur lui). Cela montre également la faiblesse du hadith que nous avions rapporté, selon lequel le soleil serait revenu en arrière pour permettre à ʿAlī ibn Abī Ṭālib de prier al-ʿAṣr après l’avoir manquée, parce que le Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) se serait assoupi sur son genou. ʿAlī aurait alors demandé au Messager de Dieu de faire revenir le soleil afin qu’il puisse prier al-ʿAṣr, et celui-ci serait revenu (2). Certes, Aḥmad ibn Ṣāliḥ al-Miṣrī l’a jugé authentique (3), mais ce hadith demeure mauvais (munkar). Il ne figure dans aucun des recueils de hadiths authentiques ou acceptables et, alors même que son sujet est important et aurait dû être largement transmis, il est l’apanage d’une femme de Ahl al-Bayt inconnue, dont on ignore la fiabilité. Dieu est plus savant.
L’imam Aḥmad a également dit : « ʿAbd al-Razzāq nous a rapporté : Maʿmar nous a rapporté, d’après Hammām, d’après Abū Hurayra, qui a dit : Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) a dit : “Un Prophète parmi les Prophètes entreprit une expédition et déclara à son peuple : ‘Qu’aucun homme qui vient de se fiancer et qui souhaite vivre avec sa femme sans l’avoir encore fait, ou qui a commencé à bâtir une maison sans en avoir élevé la toiture, ou encore qui vient d’acheter des brebis ou des chamelles pleines (4) en attendant leur mise bas, ne me suive.’ Il partit donc au combat et se rapprocha du village peu après la prière de l’ʿAṣr, ou presque. Il dit alors au soleil : ‘Tu es sous un ordre (divin), et moi aussi ; Ô Dieu, retiens-la un moment pour moi.’ Ainsi, elle resta immobile pour lui, jusqu’à ce que Dieu lui accorde la victoire. Ils rassemblèrent ensuite le butin, et le feu vint pour le consumer, mais il refusa d’y toucher. Le Prophète dit alors : ‘Il y a parmi vous du ghulūl (vol dans le butin) (5). Que chacun des chefs de tribu vienne me prêter serment.’ Ils le firent, et la main de l’un d’eux resta collée à la sienne. Il lui dit : ‘Il y a du ghulūl dans ta tribu. Faites‑moi prêter serment à tout votre groupe’, et lorsque ce groupe le fit, la main de deux ou trois hommes resta collée à la sienne. Il leur dit : ‘Vous êtes coupables de ghulūl.’ Ils sortirent alors un lingot d’or gros comme une tête de vache et le placèrent avec le butin. Aussitôt, le feu le consuma. En effet, les butins n’étaient pas licites pour ceux qui nous ont précédés. Dieu a cependant vu notre faiblesse et notre incapacité, et Il nous les a rendus licites.” » Seul Muslim (6) a rapporté ce hadith selon cette chaîne de transmission (7).