Ibn al-Jawzî rapporte :
Cette année-là, à Bagdad, il y eut tant de dattes fraîches (rûṭab) qu’on vendait huit livres pour une seule « ḥabba » (monnaie), et l’on en fit des dattes sèches (tamr) qu’on achemina jusqu’à Bassora.
Al-Muqtadir destitua son vizir al-Khâqânî après un an, six mois et deux jours d’exercice. Il désigna à sa place Abû al-‘Abbâs Aḥmad ibn ‘Ubayd Allâh ibn Aḥmad ibn al-Khaṣîb al-Khaṣîbî, en contrepartie d’une somme versée sur ordre de l’épouse d’al-Muḥsin ibn al-Furât ; le montant s’élevait à sept cent mille dinars. Al-Khaṣîbî confirma alors ‘Alî ibn ‘Îsâ dans la supervision des provinces d’Égypte et de Syrie, tandis qu’il demeurait à La Mecque. Il s’y rendait de temps à autre pour s’acquitter de sa mission, puis retournait à La Mecque — qu’Allah l’honore.
[Évocation de ceux qui sont décédés parmi les notables cette même année]
‘Alî ibn ‘Abd al-Ḥamîd ibn ‘Abd Allâh ibn Sulaymân, Abû al-Ḥasan al-Ghaḍâ’irî, écouta (les récits de) al-Qawârîrî et ‘Abbâs al-‘Anbarî. Il était dévot et fiable. Il raconta : « Un jour, je me rendis chez Sarî al-Saqaṭî et frappai à sa porte. Il sortit, posa la main sur les deux montants et s’exclama : “Ô Dieu, occupe de ce qui les occupe quiconque me détourne de Toi.” La bénédiction de cette invocation m’a touché : j’ai ainsi accompli le pèlerinage, à pied, depuis Alep jusqu’à La Mecque pendant quarante années consécutives, en allant et en revenant. »
Abû al-‘Abbâs al-Sarrâj al-Ḥâfiẓ, Muḥammad ibn Isḥâq ibn Ibrâhîm ibn Mihrân ibn ‘Abd Allâh, al-Thaqafî (leur client), surnommé Abû al-‘Abbâs al-Sarrâj, était l’un des éminents imams, digne de confiance, et l’un des grands spécialistes de la préservation du ḥadîth (ḥuffâẓ). Il naquit en l’an 218 de l’Hégire.