Son pouvoir se renforça au mois de Chawwâl ; le vizir lui envoya donc une armée, qui le combattit et le vainquit. Ses hommes furent tués en grand nombre, et le reste se dispersa. Celui qui se revendiquait ainsi est le chef des Ismaéliens et leur premier.
Nâzouk, le sous-préfet (1) de la police, s’empara de trois compagnons d’al-Hallâj : Haydara, al-Cha‘rânî et Ibn Mansour. Il leur demanda de renoncer [à la croyance qu’ils avaient en lui] (2). Comme ils refusèrent, il leur trancha la tête et les crucifia du côté oriental.
Cette année-là, personne ne se rendit au pèlerinage parmi les habitants d’Irak, tant la peur des Qarmates – qu’Allah les maudisse – était grande.
Parmi les notables décédés cette année figure Ibrâhîm ibn Khamch (3), Abû Ishâq al-Zâhid al-Naysâbûrî. Il prêchait les gens et, parmi ses belles paroles, on recueille notamment : « Le Décret rit de la prudence, la Mort rit de l’espoir, la Prédestination rit de la planification, et la Destinée rit de l’effort et de la peine. »
‘Alî ibn Muhammad ibn al-Furât (4), Abû al-Hassan, le vizir : l’imam al-Muqtadir le nomma à la vizirat, puis le révoqua, puis le nomma de nouveau, puis le révoqua, puis le renomma, avant de le faire exécuter cette année [en même temps que son fils] (5). Il possédait une immense fortune : dix mille milliers de dinars, et ses terres lui rapportaient chaque année un million de dinars. Il assurait la subsistance de cinq mille savants et dévots, leur allouant chaque mois des ressources – qu’Allah le récompense.
Il était pourvu de compétences, d’initiative et d’une solide connaissance en matière de vizirat et de comptabilité. On raconte qu’un jour, il examina mille ouvrages et signa mille requêtes, au grand étonnement de ceux qui étaient présents. Il fit preuve de bonté, de générosité et d’une bonne gestion lors de ses mandats, sauf au cours du troisième, durant lequel il se montra injuste et tyrannique, confisquant les biens des gens (6). C’est alors que Dieu l’anéantit d’un châtiment redoutable et tout-puissant (7).
Il faisait preuve d’une grande largesse dans ses dépenses. Un soir, alors qu’il était question des traditionnistes, des soufis, des gens de lettres, des poètes et des pauvres, il leur alloua, à chacun de ces groupes, vingt mille (monnaies) prises sur sa propre fortune.
Un homme rédigea un courrier en son nom à l’intention du gouverneur d’Égypte, le priant de lui accorder sa protection. Lorsqu’il en prit connaissance, le gouverneur s’en méfia et dit : « Ce n’est pas son écriture. » Il l’envoya donc au vizir qui, l’ayant lu, reconnut que c’était un faux grossier. Il se consulta ensuite