Il était un homme éminent, pieux, de saine conviction. Il laissa de belles œuvres écrites, parmi lesquelles on compte le livre « Maʿānī al-Qurʾān » et d’autres ouvrages nombreux et utiles. Au début, il polissait le verre, mais il s’éprit de la science de la grammaire et se rendit chez al-Mubarrad, à qui il versait chaque jour un dirham. Par la suite, al-Zajjāj s’enrichit considérablement, sans jamais cesser de donner ce dirham à al-Mubarrad jusqu’au décès de ce dernier.
Al-Zajjāj fut également le précepteur de al-Qāsim ibn ʿUbayd Allāh (1). Lorsque celui-ci exerça la fonction de vizir, les gens venaient le voir avec des requêtes (ar-riqāʿ) pour qu’il les présente au ministre, ce qui lui rapporta plus de quarante mille dinars. Son décès survint au mois de Jumādā al-Ūlā de cette même année. Parmi ceux qui reçurent son enseignement figurent Abū ʿAlī al-Fārisī le grammairien, ainsi qu’Abū al-Qāsim (2) ʿAbd al-Raḥmān ibn Isḥāq al-Zajjājī [ainsi nommé] (3) parce qu’il étudia auprès de lui, et qui est l’auteur du livre « al-Jumal » en grammaire.
Badr, l’affranchi d’al-Muʿtaḍid (4), également connu sous le nom de Badr al-Ḥamāmī (5) – que l’on appelait aussi Badr al-Kabīr – fut, à la fin de sa vie, gouverneur de Fārs. Après sa mort, son fils Muḥammad occupa la même fonction.
Hāmid ibn al-ʿAbbās (6) : il fut nommé vizir (7) par al-Muqtadir (8) en l’an 306 (9). Il possédait une grande fortune et de nombreux serviteurs, dépensait généreusement, faisait preuve d’une grande munificence et d’une noble attitude. Divers récits relatent son geste de prodigalité lorsqu’il distribuait de fortes sommes. Il n’en demeurait pas moins capable d’amasser de grandes richesses. On découvrit dans une cuve (10) des milliers de pièces d’or qu’il y déposait chaque jour, à raison de mille dinars. Une fois la cuve pleine, il la recouvrait. Lorsque ses biens furent confisqués, il révéla son existence et l’on y trouva une somme considérable. L’un de ses plus hauts faits est d’avoir joué un rôle majeur dans la mise à mort de al-Ḥusayn ibn Manṣūr al-Ḥallāj, comme nous l’avons déjà mentionné (11).