Cette année-là, le vizir Abū al-Ḥasan ibn al-Furāt établit un maristān (hôpital) dans le quartier de Darb al-Mufaḍḍal(1). Il y consacrait chaque mois deux cents dinars de sa propre fortune.
Parmi les notables décédés cette année figure al-Khallāl Aḥmad ibn Muḥammad ibn Hārūn(3), Abū Bakr al-Khallāl, auteur du livre « al-Jāmiʿ li-ʿulūm al-Imām Aḥmad »(4). Aucun ouvrage similaire ne fut composé dans le madhhab de l’imam Aḥmad. Il avait reçu la transmission de ḥadith de la part de personnes telles que al-Ḥasan ibn ʿArafa, Saʿdān ibn Naṣr, et d’autres encore. Son décès survint un vendredi, avant la prière, le deuxième jour écoulé de Rabīʿ al-Awwal de cette même année.
Abū Muḥammad al-Jarīrī(5) faisait partie des grands imams du soufisme. Il se nommait Aḥmad ibn Muḥammad ibn al-Ḥusayn, Abū Muḥammad al-Jarīrī(6), et comptait parmi les maîtres éminents du soufisme. Il fut le disciple de Sarī al-Saqaṭī, et al-Junayd l’honorait et le respectait. Lorsque al-Junayd sentit sa fin approcher, il recommanda de tenir compagnie à al-Jarīrī. Celui-ci éprouva des doutes concernant l’affaire d’al-Ḥallāj et préféra faire preuve de réserve à son sujet, bien qu’il fût réputé pour sa droiture, sa piété et son excellente conduite face à Dieu(– Exalté soit-Il –).
Al-Zajjāj, auteur de « Maʿānī al-Qurʾān »(7), se nommait Ibrāhīm ibn al-Sarī(8) ibn Sahl, Abū Isḥāq al-Zajjāj.
(1) Dans « al-Uṣūl al-Khaṭṭiyya » et dans « al-Faḍl », qui est une déformation, voir « Muʿjam al-Buldān » (t. 2, p. 448). (2) Entre deux « Ḥāṣiratayn » dans « al-Faḍl ». (3) « Tārīkh Baghdād » (t. 5, p. 112-113), « Ṭabaqāt al-Shīrāzī » (n° 171), « Ṭabaqāt al-Ḥanābila » (t. 2, p. 12-15), « al-Muntaẓam » (t. 6, p. 174), « Sīr Aʿlām al-Nubalāʾ » (t. 14, p. 297-298). (4) Voir « Tārīkh al-Turāth al-ʿArabī » de Sezgin (revue 1, vol. 3, p. 233-234). (5) « Ṭabaqāt al-Ṣūfiyya » (p. 259-264), « Ḥilyat al-Awliyāʾ » (t. 10, p. 347-348), « Tārīkh Baghdād » (t. 4, p. 430-434), « al-Risāla al-Qushayriyya » (p. 23), « al-Muntaẓam » (t. 6, p. 174-176), « Sīr Aʿlām al-Nubalāʾ » (t. 14, p. 467), « al-Wāfī bil-Wafayāt » (t. 7, p. 378), « Ṭabaqāt al-Awliyāʾ » (p. 70-75). (6) Dans « al-Uṣūl al-Khaṭṭiyya » : « al-Ḥarīrī » avec la lettre ḥā’ non prononcée, ce qui est une erreur. Il est corrigé dans « al-Mushtabah » (t. 1, p. 150) avec l'ouverture de la lettre jīm, et dans « al-Kāmil » d’Ibn al-ʿAṭīr (t. 8, p. 145) ainsi que dans « Ṭabaqāt al-Awliyāʾ » (p. 71) avec la lettre dhamma, attribué à Jarīr ibn ʿAbbād. (7) « Tahḏīb al-Lugha » d’al-Azharī (t. 1, p. 27), « Ṭabaqāt al-Naḥwiyyīn wa-l-Lughawiyyīn » (p. 121-122), « Tārīkh Baghdād » (t. 6, p. 89-93), « al-Ansāb » (t. 6, p. 257-258), « Nuzhat al-Albāʾ » (p. 167-169), « al-Muntaẓam » (p. 176-180), « Muʿjam al-Adabāʾ » (t. 1, p. 130-151), « Inbāh al-Riwāh » (t. 1, p. 159-166), « Wafayāt al-Aʿyān » (t. 1, p. 49-50), « Sīr Aʿlām al-Nubalāʾ » (t. 14, p. 360). (8) Dans « Wafayāt al-Aʿyān » et « Siyar » : Ibrāhīm ibn Muḥammad ibn al-Surrī.