Il saisit sa lance, qui était en fer, entra sous leur tente, les transperça tous deux avec elle, puis sortit ainsi devant les gens, la lance à la main, s’appuyant sur son flanc et la posant contre sa barbe, en les brandissant vers le ciel. Il se mit à dire : « Ô Dieu, c’est ainsi que Tu traites celui qui Te désobéit. » Le fléau fut alors levé.
Le nombre de morts à ce moment-là atteignit soixante-dix mille âmes, et ceux qui avancent un chiffre moindre parlent de vingt mille. Quant à Phinées, il était le premier-né d’Éléazar, fils d’Aaron ; c’est pourquoi les Enfants d’Israël attribuent à la descendance de Phinées la queue, l’épaule et la mâchoire de leur sacrifice, et leur réservent le premier-né de tous leurs biens et de leurs propres personnes.
Ce qu’a rapporté Ibn Ishaq au sujet de l’histoire de Balaam est exact ; plusieurs savants anciens l’ont également mentionné. Peut-être cela s’est-il produit lorsque Moïse voulut entrer dans la Maison Sainte (lors de son arrivée d’Égypte), ce qui est probablement le sens donné par Ibn Ishaq, bien que certains qui le transmettent aient eu une autre compréhension. Plus haut, nous avons cité un passage de la Torah qui corrobore certains de ces détails, et Dieu sait mieux. Il se peut aussi qu’il s’agisse d’un autre événement qui survint pendant leur errance dans le désert, car il est question ici de Housbân, dont l’emplacement est éloigné de la Terre Sainte. Ou encore, il se peut que l’on évoque l’armée de Moïse, sous la direction de Josué fils de Noun, sortie du désert pour se diriger vers la Maison Sainte, comme l’a clairement indiqué As-Suddî. Dieu sait mieux.
De toute façon, l’avis dominant est qu’Aaron mourut dans le désert avant son frère Moïse, environ deux ans auparavant. Ensuite, Moïse mourut également dans le désert, comme nous l’avons indiqué. On rapporte qu’il demanda à Dieu de se rapprocher de la Maison Sainte, requête à laquelle Il répondit. Ainsi, c’est Josué fils de Noun (que la paix soit sur lui) qui les conduisit hors du désert et les dirigea vers la Maison Sainte. Les Gens du Livre et d’autres historiens rapportent qu’il fit passer aux Enfants d’Israël le fleuve du Jourdain et qu’ils atteignirent Jéricho, l’une des cités les mieux fortifiées par un rempart, dotée de hauts palais et d’une population nombreuse. Ils l’assiégèrent durant six mois. Un jour, ils l’encerclèrent et sonnèrent des cors, c’est-à-dire des trompettes, et ils lancèrent un tekbîr comme un seul homme. À ce moment, la muraille se fissura et s’effondra en un instant. Ils y pénétrèrent, s’emparèrent du butin qu’ils y trouvèrent et mirent à mort douze mille hommes et femmes. Ils combattirent de nombreux rois.
On dit que Josué triompha de trente et un rois du pays de Cham. D’après leurs récits, lorsque le siège aboutit un vendredi après-midi, le soleil se coucha ou faillit se coucher, ce qui les aurait fait entrer dans le jour du sabbat, imposé et prescrit pour eux à cette époque. Josué s’adressa alors au soleil : « Tu es soumise à un ordre, et moi-même je suis soumis à un ordre. Ô Dieu, retiens-la pour moi ! » Dieu la retint donc jusqu’à ce qu’il puisse conquérir la ville. Il ordonna à la lune de ne pas se lever. Cela sous-entendrait que cette nuit-là était la quatorzième nuit du mois.
La première version, qui concerne le soleil, est mentionnée dans le hadith que je citerai. Quant à l’histoire de la lune, elle provient des Gens du Livre et ne contredit pas le hadith, puisqu’elle fournit un élément supplémentaire dont on peut tirer profit, sans l’affirmer ni le rejeter. Cependant, leur affirmation selon laquelle cela se produisit lors de la conquête de Jéricho est discutable. Il semble – et Dieu sait mieux – que cet événement ait plutôt eu lieu lors de la conquête de la Maison Sainte, l’objectif principal, tandis que la prise de Jéricho n’en était que le moyen. Dieu sait mieux.