Les Hanbalites (1). Et il fut dit (2) à un homme qui se rendit à Bagdad pour recueillir (3) les enseignements des maîtres. Cet homme n’eut pas l’occasion d’entendre Ibn Jarîr, car les Hanbalites empêchaient quiconque de le rencontrer. Il lui fut alors dit (4) : « Si tu avais écrit de lui, cela t’aurait été plus précieux que tout ce que tu as déjà recueilli (5). »
J’ai dit : Il faisait preuve d’une grande piété, d’ascétisme, de scrupule et d’un attachement à la vérité, ne craignant dans cela le blâme de personne. Il récitait magnifiquement (6), selon les plus belles manières (7). Il était l’un des grands pieux et faisait partie des « quatre Muhammad » (8) qui se réunirent en Égypte à l’époque de l’émir [Ibn] (9) Tûlûn : Muhammad ibn Ishâq ibn Khuzayma, l’imam des imams, Muhammad ibn Nasr al-Marwazî, Muhammad ibn Hârûn ar-Rûyânî et Muhammad ibn Jarîr at-Tabarî (ce dernier). Nous avons mentionné cela dans la biographie de Muhammad ibn Nasr al-Marwazî (10). Celui qui se leva pour diriger la prière fut Muhammad ibn Ishâq ibn Khuzayma, et, selon une autre version, Muhammad ibn Nasr, et Dieu leur accorda sa bénédiction grâce à la prière accomplie (11).
Par ailleurs, le calife al-Muqtadir bi-llâh (12) voulut un jour rédiger un acte de fondation (waqf) dont les conditions seraient unanimement reconnues par les docteurs de la loi. Il fut informé que personne ne saurait en rassembler toutes les clauses, hormis Muhammad ibn Jarîr (13). Le calife le convoqua donc et lui demanda de le rédiger. Une fois l’acte écrit, le calife l’appela (14) et lui dit : « Demande-moi ce que tu souhaites. » Il répondit : « Je n’ai besoin de rien. » Le calife insista : « Il faut que tu me demandes quelque chose (15). » Alors il dit : « Je demande à l’Émir des Croyants de donner pour ordre à la police d’empêcher les mendiants de pénétrer, le vendredi, dans la loge (maqsûra) de la Grande Mosquée. » Le calife s’exécuta. Quant à ses dépenses personnelles, elles étaient couvertes par le revenu du village que son père lui avait légué au Tabaristân.