16
…
= Ces derniers sont nombreux, et les savants et les hommes de discernement n'ont pas dit à leur sujet (ainsi et il y eut une omission). Quant aux prophètes, ils ont été tués par les mécréants, de même que les compagnons qui ont été martyres furent tués par les mécréants. Quant à ʿUthmān, ʿAlī, al-Ḥusayn et d'autres semblables, ils ont été tués par les Kharijites rebelles. Ils n'ont pas été tués par jugement de la loi selon les écoles juridiques des imams de la religion tels Mālik, ash-Shāfiʿī, Abū Ḥanīfa, Aḥmad et d’autres, car les imams de la religion sont unanimes sur l’interdiction du sang de ces derniers. Ils s'accordent aussi sur la licéité du sang d’al-Ḥallāj et de ses semblables.
Le deuxième point est que la connaissance des awliyāʾ de Dieu ne peut se faire que par celui qui connaît la voie de la wilāya, c’est-à-dire la foi et la piété. Et parmi les plus grandes manifestations de la foi et de la piété, il y a l’évitement des propos des gens de l’incroyance, comme ceux des adeptes de la hulūl (immanence divine) et al-ittiḥād (union). Celui qui adhère à une parole telle que celle d’al-Ḥallāj ne connaît ni la foi ni la piété, et ne peut donc connaître la voie des awliyāʾ de Dieu. Il ne lui est donc pas permis de distinguer entre les awliyāʾ et les autres.
Le troisième point est que ce locuteur a dit qu’il approuve sa parole, et en cela il est de son genre ; son témoignage en faveur de sa wilāya équivaut à un témoignage sur lui-même, tel que le témoignage d’un Juif, d’un Chrétien ou d’un Rafidhi sur lui-même qu’il est dans le vrai. Et le témoignage d’une personne à son propre sujet sur ce qu’elle ignore, que ce soit vérité ou mensonge, est rejeté. Comment donc son témoignage serait-il valable pour lui-même et pour sa secte, alors qu’il est prouvé par le Livre, la Sunna et l’ijmāʿ qu’ils sont dans l’égarement ?
Quatrièmement, ce qu’on dit, soit al-Ḥallāj s’est repenti à sa mort dans ce qui le lie à Dieu, soit il ne s’est pas repenti, cela relève de la métaphysique que Dieu seul connaît. Quant à l’affirmation qu’il prononçait ces paroles seulement sous la torture, ce n’est pas vrai, car il écrivait des livres et disait cela en étant conscient et éveillé. Il a été dit que l’absence de raison est une excuse en vérité intérieure même si ce n’en est pas une extérieurement. Supposons cela admis, il n’est pas permis alors d’affirmer qu’il fut tué injustement, ni qu’on approuve sa croyance, ni qu’on témoigne de ce qu’on ignore. Que dire alors si tel n’est pas le cas ? Le but du musulman croyant, que l’on excuse al-Ḥallāj ou que l’on lui attribue la torture ou un doute, est soit de l’approuver dans ce qui lui est reproché, ce qui est propre aux gens d’hérésie et d’incroyance, soit refuser la permission de tuer un tel individu, ce qui place ce refus en apostasie de l’islam. Notre devoir est uniquement de connaître le tawḥīd qui nous est ordonné et la voie de Dieu sur laquelle nous sommes commandés. Nous savons par ces deux choses que ce qu’a dit al-Ḥallāj est faux, et que l’on doit tuer quelqu’un comme lui. Quant à la personne elle-même, s’il lui arrive dans son for intérieur quelque chose qu’Allah lui pardonne, de repentance ou autre, cela relève de Dieu, et nul besoin d’en connaître la réalité. Dieu est le plus savant.
On a aussi demandé
– qu'Allah soit satisfait de lui –
au sujet de ceux qui croient que les karāmāt des awliyāʾ sont réelles, et que certains d’entre eux peuvent dévoiler les passés et futurs ; est-ce une croyance juste ou non ?
Il a répondu : les karāmāt des awliyāʾ sont une réalité selon le consensus des imams des musulmans, de la sunnah et du jamāʿa. Cela est attesté à plusieurs endroits dans le Coran, par des hadiths authentiques, et par des récits mutawatir des compagnons, des Tābiʿīn et d’autres. Seuls les innovateurs, les Muʿtazila, les Jahmiyya et leurs partisans les ont niées. Quant aux imams de l’Islam et aux maîtres agréés auprès de Dieu, ils ne les ont pas niées, mais nombreux sont ceux qui prétendent en être pourvus ou à qui on les attribue et qui sont menteurs ou possédés. De plus, ces faits extraordinaires ne sont pas signe d’ʿiṣma (infaillibilité) de leur auteur ni d’obligation de les suivre en tout ce qu’ils disent. Certains prodiges peuvent aussi émaner de certains mécréants parmi les polythéistes, les gens du Livre, et des gens pire encore, comme je l’ai expliqué dans le Ṣaḥīḥ que l’envouteur commande au ciel et à la terre, et les astres, et qu’il ressuscite un mort, puis le fait disparaître, puis fait sortir derrière lui des trésors d’or et d’argent. C’est pourquoi les imams de la religion sont d’accord pour dire que si un homme vole dans les airs ou marche sur l’eau, on ne s’y trompe pas avant d’examiner s’il demeure ferme dans ce que Dieu a prescrit (les commandements et prohibitions avec lesquels Il a envoyé Son Messager ﷺ). Voici un résumé en abrégé largement détaillé ailleurs ; Dieu est le plus savant.
Aussi
On a interrogé le cheikh al-Islām Abū al-ʿAbbās Aḥmad ibn Taymiyya
– qu'Allah lui fasse miséricorde –
sur al-Ḥallāj : était-il un siddīq (véritable croyant) ou un zindiq (hérétique) ? Était-il parmi les awliyāʾ pieux, avec un état de miséricorde, ou parmi les frères des démons avec un état diabolique ? A-t-il été tué pour hérésie en présence des savants musulmans, ou tué injustement ? Et qu’ont dit les savants à ce sujet ? =
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
= هؤلاء كثير، ولم يقل أهل العلم واللب في هؤلاء (كذا وكان ثمة سقط) وأما الأنبياء فقتلهم الكفار، وكذلك الصحابة الذين استشهدوا قتلهم الكفار، وعثمان وعلي والحسين ونحوهم قتلهم الخوارج البغاة، لم يقتلوا بحكم الشرع على مذاهب فقهاء أئمة الدين كمالك والشافعي وأبي حنيفة وأحمد وغيرهم، فإن أئمة الدين متفقون على تحريم دماء هؤلاء، وهم متفقون على حل دم الحلاج وأمثاله.
الوجه الثاني: إن الاطلاع على أولياء اللّه لا يكون إِلَّا ممن يعرف طريق الولاية، وهو الإيمان والتقوى، ومن أعظم الإيمان والتقوى أن يجتنب مقالة أهل الإلحاد، كأهل الحلول والاتحاد، فمن وافق الحلاج على مثل هذه المقالة لم يكن عارفًا بالإيمان والتقوى، فلا يكون عارفًا بطريق أولياء اللّه، فلا يجوز أن يميز بين أولياء اللّه وغيرهم.
الثالث: أن هذا القائل قد أخبر أنه يوافقه على مقالته، فيكون من جنسه، فشهادته له بالولاية شهادة لنفسه، كشهادة اليهودي والنصراني والرافضي لنفسه أنه على الحق، وشهادة المرء نفسه فيما لا يعلم فيه كذبه ولا صدقه مردودة، فكيف تكون شهادته لنفسه ولطائفته الذين ثبت بالكتاب والسُّنة والإجماع أنهم أهل ضلال.
الرابع: إن ما يقال إما كون الحلاج عند الموت تاب فيما بينه وبين اللّه، أو لم يتب، فهذا غيب يعلمه اللّه. وأما كونه إنما كان يتكلم بهذا عند الاصطلام، فليس كذلك، بل كان يصنف الكتب، ويقوله وهو حاضر يقظان، وقد تقدم أن غيبة العقل تكون عذرًا في الباطن وإن لم تكن عذرًا في الظاهر، فهذا لو فرض لم يجز أن يقال قتل ظلمًا، ولا يقال إنه موافق له على اعتقاده، ولا يشهد بما لا يعلم، فكيف إذا كان الأمر بخلاف ذلك؟ وغاية المسلم المؤمن إذا عذر الحلاج أو يدعي فيه الاصطلام أو الشبهة، فإما أن يوافقه على ما قيل عليه، فهذا حال أهل الزندقة والإلحاد، وكذلك من لم يجوِّز قتل مثله فهو مارق من دين الإسلام، ونحن إنما علينا أن نعرف التوحيد الذي أمرنا به، ونعرف طريق الله [الذي] أمرنا به، وقد علمنا بكلاهما أن ما قاله الحلاج باطل، وأنه يجب قتل مثله، وأما نفس الشخص المعين، هل كان في الباطن له أمر يغفر الله له به، من توبةٍ أو غيرها؟ فهذا أمره إلى اللّه، ولا حاجة إلى العلم بحقيقة ذلك، والله أعلم.
وسئل أيضًا
﵁
عمن يعتقد أن كرامات الأولياء حق، وأن منهم من يكاشف ماضي ومستقبل، فهل هذا الاعتقاد صحيح أو لا؟.
أجاب: كرامات الأولياء حق باتفاق أئمة أهل الإسلام والسنة والجماعة، وقد دلَّ عليها القرآن في غير موضع، والأحاديث الصحيحة والآثار المتواترة عن الصحابة والتابعين وغيرهم، وإنما أنكرها أهل البدع من المعتزلة والجهمية ومن تابعهم. وأما أئمة الإسلام وشيوخه المقبولون عند اللّه فلم ينكروها، لكن كثير ممن يدعيها أو تدعى له يكون كذابًا، أو ملبوسًا عليه، وأيضًا فإنها لا تدلُّ على عصمة صاحبها ولا على وجوب اتباعه في كل ما يقول، بل قد تصدر بعض الخوارق من الكشف وغيره عن بعض الكفار من المشركين وأهل الكتاب، ومن هو شر منه، كما بينت في الصحيح أن الدَّخال يقول للسماء: أمطري، فتمطر. ويقول للأرض: أنبتي، فتنبت، وأنه يقتل واحدًا، ثم يحيا، وأنه يخرج خلفه كنوز الذهب والفضة، ولهذا اتفق أئمة الدين على أن الرجل لو طار في الهواء، أو مشى على الماء، لم يغترَّ به حتى ننظر وقوفه عند الأمر والنهي الذي بعث اللّه به رسوله
ﷺ
، وهذه جملة مختصرة مفصلة مبسوطة في غير هذا الموضع، واللّه أعلم.
مسألة أيضًا
سئل عنها شيخ الإسلام أبو العباس أحمد بن تيمية
(رحمه الله)
في الحلاج، هل كان صدِّيقًا أو زنديقًا؟ وهل كان من أولياء اللّه المتقين، وله حال رحماني، أو من إخوان الشياطين، وله حال شيطاني؟ وهل قتل على الزندقة بمحضر من علماء المسلمين، أو قتل ظلمًا؟ وماذا قالت العلماء في ذلك؟ =