Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il détenait le sacerdoce parmi les descendants d’Aaron, tout comme leur père l’avait exercé avant eux : il s’agit de Nadab, son fils aîné, Abihu, Éléazar et Ithamar (1).

Le propos ici est qu’il ne restait plus aucun membre des Enfants d’Israël parmi ceux qui s’étaient refusés à entrer dans la cité des géants, ces mêmes personnes qui avaient dit : « Va donc, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux ! Nous, nous restons ici assis » [Al-Mâ’ida, 24]. C’est ce que rapporta al-Thawrî d’après Abû Sa‘îd, d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbâs ; Qatâda et ‘Ikrima l’ont également répété ; et al-Suddî le transmit encore d’après Ibn ‘Abbâs, Ibn Mas‘ûd et plusieurs Compagnons. Au point que Ibn ‘Abbâs, ainsi que d’autres parmi les savants anciens et postérieurs, déclarèrent : « Moïse et Aaron sont tous deux décédés dans le désert, Aaron avant Moïse » (2).

Ibn Isḥâq prétendit que celui qui conquit Jérusalem fut Moïse, tandis que Yûsha‘ (Josué) n’était qu’à la tête de son avant-garde. Il mentionna, lors du trajet vers cette conquête, l’histoire de Bal‘âm ibn Bâ‘ûr, au sujet duquel Dieu — exalté soit-Il — révèle : « Et récite-leur l’histoire de celui à qui Nous avions donné Nos signes, mais qui s’en écarta ; alors Satan le poursuivit et il devint du nombre des égarés (175). Et si Nous l’avions voulu, Nous l’aurions élevé grâce à ces signes ; mais il s’attacha à la terre et suivit sa passion. Son image est celle du chien : si tu l’attaques, il halète, et si tu le laisses, il halète. Tel est l’exemple des gens qui ont traité Nos signes de mensonges. Raconte donc les récits, peut-être réfléchiront-ils (176). Quel détestable exemple que celui des gens qui ont démenti Nos signes ! Et c’est contre eux-mêmes qu’ils étaient injustes » [Al-A‘râf, 175-177].

Nous avons relaté son histoire dans le “Tafsîr” (3). Selon Ibn ‘Abbâs et d’autres, Bal‘âm connaissait le Nom suprême. Son peuple lui demanda alors de maudire Moïse et les siens, mais il refusa d’abord. Comme ils insistaient, il sella son ânesse et se mit en route vers le camp des Enfants d’Israël. À peine s’en approcha-t-il que sa monture refusa d’avancer. Il la frappa pour la faire se relever : elle avança un peu puis s’arrêta encore. À force d’être battue, elle finit par parler : « Ô Bal‘âm, où vas-tu ? Ne vois-tu pas les anges qui me bloquent la route ? Vas-tu donc invoquer contre le Prophète de Dieu et les croyants ? » Il persista pourtant et la contraignit jusqu’à ce qu’il surplombe, depuis la montagne de Husbân, le camp de Moïse et des Enfants d’Israël. Il essaya alors de les maudire, mais sa langue se refusa à formuler ces malédictions : à la place, il invoquait en faveur de Moïse et de son peuple et se retournait contre son propre peuple. Ses gens le réprimandèrent, et il leur expliqua que sa langue n’obéissait plus. Puis elle s’allongea hors de sa bouche jusque sur sa poitrine. Il leur dit alors : « J’ai perdu ici-bas et dans l’au-delà, il ne nous reste que la ruse et la tromperie. » Il ordonna donc à son peuple d’orner leurs femmes, de les envoyer vendre divers objets aux Enfants d’Israël et de se faire attirantes pour eux, de sorte que, si l’un des Hébreux commettait l’adultère, leur cause serait gagnée.

Ils exécutèrent cet ordre et parèrent leurs femmes, qu’ils envoyèrent au camp. L’une d’elles, nommée Kustâ, rencontra un notable des Enfants d’Israël, appelé Zamrî ibn Shalûm – on rapporte qu’il était le chef de la tribu de Sim‘ôn, l’un des fils de Jacob. Il l’emmena sous sa tente et, une fois seuls, Dieu envoya la peste parmi les Enfants d’Israël, qui se mit à se propager (4). Lorsque Phinḥâs ibn Éléazar ibn Aaron en fut informé

(1) Dans la Torah : "Ithāman". (2) Mentionné par Al-Suyūṭī dans al-Durr al-Manthūr (3/52). (3) Exégèse d'Ibn Kathīr (2/264) et les pages suivantes. (4) Yajūs : signifie "hésiter" et "se déplacer".
له الكهانة في بني هارون كما كانت لأبيهم من قبلهم وهم ناداب وهو بِكره وأبيهو وألعازر ويثمر (١) . والمقصود أن بني إسرائيل لم يبق منهم أحد ممن كان نكل عن دخول مدينة الجبارين الذين قالوا: ﴿فَاذْهَبْ أَنْتَ وَرَبُّكَ فَقَاتِلَا إِنَّا هَاهُنَا قَاعِدُونَ﴾ [المائدة: ٢٤] قاله الثوري: عن أبي سعيد، عن عكرمة، عن ابن عباس. وقاله قتادة وعكرمة. ورواه السُّدّي عن ابن عباس وابن مسعود وناس من الصحابة، حتى قال ابن عباس وغيره من علماء السلف والخلف: ومات موسى وهارون قبله كلاهما في التيه جميعًا (٢) . وقد زعم ابن إسحاق أن الذي فتح بيت المقدس هو موسى، وإنما كان يوشع على مقدّمته، وذكر في مروره إليها قصّة بلعام بن باعور الذي قال تعالى فيه: ﴿وَاتْلُ عَلَيْهِمْ نَبَأَ الَّذِي آتَيْنَاهُ آيَاتِنَا فَانْسَلَخَ مِنْهَا فَأَتْبَعَهُ الشَّيْطَانُ فَكَانَ مِنَ الْغَاوِينَ (١٧٥) وَلَوْ شِئْنَا لَرَفَعْنَاهُ بِهَا وَلَكِنَّهُ أَخْلَدَ إِلَى الْأَرْضِ وَاتَّبَعَ هَوَاهُ فَمَثَلُهُ كَمَثَلِ الْكَلْبِ إِنْ تَحْمِلْ عَلَيْهِ يَلْهَثْ أَوْ تَتْرُكْهُ يَلْهَثْ ذَلِكَ مَثَلُ الْقَوْمِ الَّذِينَ كَذَّبُوا بِآيَاتِنَا فَاقْصُصِ الْقَصَصَ لَعَلَّهُمْ يَتَفَكَّرُونَ (١٧٦) سَاءَ مَثَلًا الْقَوْمُ الَّذِينَ كَذَّبُوا بِآيَاتِنَا وَأَنْفُسَهُمْ كَانُوا يَظْلِمُونَ﴾ [الأعراف: ١٧٥ - ١٧٧] وقد ذكرنا قصته في "التفسير" (٣) ، وأنّه كان فيما قاله ابن عباس وغيرُه يعلم الاسم الأعظم، وأن قومه سألوه أن يدعو على موسى وقومه فامتنع عليهم، ولما ألحّوا عليه ركب حمارة له. ثمّ سار نحو معسكر بني إسرائيل، فلما أشرف عليهم ربضت به حمارته، فضربها حتى قامت، فسارت غير بعيد وربضت، فضربها ضربًا أشدّ من الأول، فقامت ثمّ ربضت، فضربها، فقالت له: يا بلعام أين تذهب؟ أما ترى الملائكة أمامي تردّني عن وجهي هذا! أتذهب إلى نبي الله والمؤمنين تدعو عليهم؟ فلم ينزع عنها فضربها حتى سارت به، حتى أشرف عليهم من رأس جبل حُسْبان، ونظر إلى معسكر موسى وبني إسرائيل فأخذ يدعو عليهم، فجعل لسانه لا يطيعه إلا أن يدعو لموسى وقومه ويدعو على قوم نفسه، فلاموه على ذلك، فاعتذر إليهم بأنه لا يجري على لسانه إلا هذا، واندلع لسانُه حتى وقع على صدره، وقال لقومه: ذهبت مني الآن الدنيا والآخرة، ولم يبق إلا المكر والحيلة. ثمّ أمر قومه أن يزيّنوا النساء ويبعثوهن بالأمتعة يبعن عليهم ويتعرضن لهم، حتى لعلّهم يقعون في الزنا فإنه متى زنى رجلٌ منهم كُفيتموهم، ففعلوا وزينّوا نساءهم وبعثوهن إلى المعسكر، فمرّت امرأة منهم اسمها كُسْتَى برجل من عظماء بني إسرائيل وهو زَمري بن شَلوم، يقال: إنه كان رأس سبط بني شمعون بن يعقوب، فدخل بها قُبَّته، فلما خلا بها أرسل الله الطاعون على بني إسرائيل، فجعل يجوس (٤) فيهم، فلما بلغ الخبر إلى فنحاص بن العيزار بن هارون
(١) في التوراة: إيثاما. (٢) ذكره السيوطي في الدر المنثور (٣/ ٥٢). (٣) تفسير ابن كثير (٢/ ٢٦٤) وما بعدها. (٤) يجوس: يتردد ويتنقل.

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