Trois individus se sont réunis à une certaine époque, selon ce qui a été rapporté (1). Il entendait par là al-Hallâj et Ibn al-Chalmaghânî (2) – c’est-à-dire Abû Jaʿfar Muḥammad ibn ʿAlî –, ainsi que le qarmate al-Jannâbî, à savoir Abû Ṭâhir Sulaymân ibn Abî Saʿîd al-Ḥasan ibn Bahram, celui qui tua les pèlerins, s’empara de la Pierre Noire, obstrua Zamzam avec les cadavres et pilla les tentures de la Kaʿba. Comme il sera détaillé plus loin (3). Le cadi en a fait ici un résumé (4).
[Parmi ceux qui sont décédés cette année parmi les notables]
Abû al-ʿAbbâs ibn ʿAṭâʾ, l’un des imams du soufisme (5), c’est-à-dire Aḥmad ibn Muḥammad [ibn Sahl] (6) ibn ʿAṭâʾ al-Adamî (7).
Il transmit le hadith de Yûsuf ibn Mûsâ al-Qaṭṭân, d’al-Faḍl (8) ibn Ziyâd et d’autres (9). Il achevait chaque jour et chaque nuit une lecture (intégrale du Coran). Pendant le mois de Ramaḍân, il accomplissait trois lectures complètes par jour et par nuit. Il conservait en outre une lecture dans laquelle il approfondissait le sens du Coran : il la récitait depuis dix-sept ans, et il mourut avant de l’avoir achevée.
Cet homme avait été troublé par l’affaire d’al-Hallâj et avait manifesté son adhésion à son égard. Le vizir Ḥâmid ibn al-ʿAbbâs le châtia sévèrement en le frappant violemment sur les mâchoires, puis ordonna qu’on lui retirât ses chaussures pour le battre avec sur la tête, si bien que le sang coula de ses narines. Il mourut sept jours plus tard. Or, il avait invoqué contre le vizir, demandant que celui-ci voie ses mains et ses pieds amputés avant d’être mis à mort de la pire des manières. Le vizir ne mourut effectivement qu’après avoir subi ce châtiment (11).