Abou ‘Abd al-Rahmân déclara : « J’ai entendu ‘Abd Allâh ibn ‘Alî dire : “J’ai entendu ‘Isâ al-Qassâr affirmer que la dernière parole prononcée par al-Hallâj au moment de son exécution fut : « Il suffit à Celui qui trouve (Dieu) d’affirmer l’Unique (1).» Quiconque parmi les maîtres spirituels (mashâyikh) entendit cette parole en fut ému et la jugea remarquable (2). »
As-Sulamî raconta : « J’ai entendu Abû Bakr al-Bajalî (3) dire : “J’ai entendu Abû al-Fâtik al-Baghdâdî – qui était un proche d’al-Hallâj – déclarer : ‘Trois jours après l’exécution d’al-Hallâj, j’ai rêvé que je me tenais devant mon Seigneur (– Exalté soit-Il –). Je disais : « Ô mon Dieu ! Qu’as-Tu fait de Husayn ibn Mansûr ? » Il me répondit : « Je lui ai dévoilé un sens secret ; puis il a appelé les créatures à sa propre personne, c’est pourquoi Je lui ai infligé ce que tu as vu (4). »’ ” »
Certains dirent pourtant : « Au contraire, il fut alors saisi d’une violente angoisse (5), et versa beaucoup de larmes. Dieu le sait mieux. »
Al-Khatîb rapporta : « ‘Ubayd Allâh ibn Ahmad ibn ‘Uthmân as-Sayrafî (6) nous a dit qu’Abû ‘Umar ibn Hayyuwayh raconta : “Lorsque Husayn (7) al-Hallâj fut conduit pour être exécuté, je partis avec la foule et ne cessai de pousser jusqu’à pouvoir l’apercevoir (8). Il s’adressa alors à ses compagnons en disant : « Que cela ne vous effraie pas (9), car je reviendrai vers vous dans trente jours. » Puis on le mit à mort (10).” »
Al-Khatîb mentionne également qu’al-Hallâj, alors qu’il subissait les coups infligés par ordre de Muhammad ibn ‘Abd as-Samad, gouverneur de la police, s’exclama : « Faites-moi comparaître devant vous, car j’ai un conseil à vous donner qui équivaut à la conquête de Constantinople. » Et Muhammad de lui répondre : « On m’a déjà averti que tu dirais pareille chose ; je ne saurais pourtant suspendre l’exécution de la peine. » On coupa alors les mains et les pieds d’al-Hallâj, on lui trancha la tête, on brûla son corps, et l’on jeta ses cendres dans le Tigre. Sa tête fut exposée deux jours durant sur un pont à Bagdad, puis emportée au Khurâsân pour être promenée dans ces contrées (11). Ses compagnons se promirent qu’il reviendrait au bout de quarante jours (12). Enfin, certains d’entre eux prétendirent l’avoir vu dès la fin de ce même jour, alors qu’il était