Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Je t’annonce la disparition de toutes les indications de la raison : il n’en reste plus que le vestige effacé du savoir.

Je déplore, par ton amour, les vertus d’une communauté dont la monture était la sombre retenue de la colère. Tous ont disparu, sans laisser ni trace ni empreinte, à l’instar de la tribu de ‘Ad et de la perte de ceux d’Iram. Ils ont légué une génération qui les imite dans leur manière d’agir, plus aveugle encore que le bétail, voire plus aveugle que tout être privé de raison.

On raconte que lorsque al-Hallâj fut extrait de la maison où il avait passé la nuit, pour être conduit à l’exécution, il récita :
« J’ai cherché un lieu de repos en chaque contrée,
mais nulle part je n’ai trouvé de demeure.
J’ai obéi à mes désirs et ils m’ont réduit en esclavage ;
si seulement j’avais su me contenter, je serais resté libre. »

Il est dit aussi qu’il prononça ces vers lorsqu’il fut présenté au tronc sur lequel on devait le crucifier, mais la version la plus connue est celle que nous venons de rapporter.

Ensuite, il avança d’un pas altier, tandis que ses jambes portaient treize entraves, et se mit à déclamer :
« Mon compagnon n’est accusé d’aucune injustice ;
il m’a servi à boire, comme un hôte en traite un autre.
Quand le vin se mit à tourner, il appela le plateau et l’épée.
Tel est le sort de celui qui s’enivre avec le dragon durant l’été. »

Puis il prononça ce verset :
« Ceux qui n’y croient pas en demandent hâtivement la venue, tandis que ceux qui y croient en sont craintifs et savent qu’elle est la vérité. » [al-Chûrâ (42), v. 18].

Il ne parla plus ensuite, jusqu’à ce que ce qui devait être fait fût accompli. On raconte alors qu’il fut porté à l’échafaud, fouetté de mille coups, avant qu’on ne lui coupât les mains et les pieds. Il resta silencieux tout du long, sans prononcer un mot et sans que son teint ne se modifiât.

On dit même qu’à chaque coup de fouet, il s’écriait : « Aḥad ! Aḥad !» (« Le Seul ! Le Seul !»).

(1) Dans la biographie d'al-Ḥallāj chez al-Sulmī (22) : al-ʿadam (le néant), et dans le Dīwān (25) : al-raḥm (la miséricorde). (2) Les vers dans le Dīwān (24-25) avec une variation dans certains mots. Également dans la biographie d'al-Ḥallāj chez al-Sulmī dans les Quatre Fondements (al-Uṣūl al-Arbaʿa) (22-23), dans les Aḫbār al-Ḥallāj (11-12), et dans le début d'al-Ḥallāj d'Ibn Bākwaih dans les Quatre Fondements (34), avec des différences dans certains termes. (3) Les deux vers dans le Dīwān d’Abī al-ʿAtāhiyya (141), et dans (ṭ) un vers supplémentaire entre eux, qui est : « J'ai goûté au temps et il a goûté de moi… J'ai trouvé sa saveur douce et amère » Ce vers n’est pas dans le Dīwān mentionné. (4) Dans (ṭ) : « Quand ils l’ont sorti pour le crucifier, il s’est dirigé vers eux en marchant fièrement. » (5) Les vers dans le Dīwān d’al-Ḥallāj (73) et Aḫbār al-Ḥallāj (35) avec quelques différences dans certains mots. (6) Tārīkh Baghdād (Histoire de Bagdad), vol. 8, p. 132. (7) Entre les deux assiègements dans (ṭ). (8) Tārīkh Baghdād, vol. 8, p. 131.
أنعى إليكَ إشاراتِ العقولِ معًا … لم يبقَ منهنَّ إلَّا دارسُ العَلَمِ (١) أنعى وحُبِّكَ أخلاقًا لطائفةٍ … كانتْ مطاياهمُ من مُكْمدِ الكظمِ مضَى الجميعُ فلا عَيْنٌ ولا أثرٌ … مضيَّ عادٍ وفُقْدانَ الأُلى إرَمِ وخَلَّفوا معشرًا يحذونَ لبستهمْ … أعْمَى من البُهْم بلْ أعمى من النَّعَم (٢) قالوا: ولما أُخرج الحلاج من المنزل الذي بات فيه ليذهب به إلى القتل أنشد: طَلَبْتُ المُسْتقرَّ بكلِّ أرضٍ … فَلَمْ أرَ لي بأَرْضٍ مستقرَّا أطَعْتُ مطامعي فَاسْتَعْبَدتني … وَلَوْ أنِّي قَنِعْتُ لعشتُ حُرَّا (٣) وقيل: إنه قالها حين قُدّم إلى الجذع ليصلب عليه، والمشهور ما ذكرناه. ثم مشى (٤) وهو يتبختر في مشيته، وفي رجليه ثلاثة عشَرَ قيدًا، وجعل ينشد: نديمي غيْرُ مَنْسوبٍ … إلى شيءٍ من الحَيْفِ سَقَاني مِثْلَ ما يَشْرَ … بُ فِعْلَ الضَّيْفِ بالضَّيْفِ فلَمَّا دارتِ الخمرُ … دَعا بالنِّطْعِ والسَّيْفِ كذا منْ يشربُ الرَّاحَ … مَعَ التِّنين في الصَّيْفِ (٥) ثم قال: ﴿يَسْتَعْجِلُ بِهَا الَّذِينَ لَا يُؤْمِنُونَ بِهَا وَالَّذِينَ آمَنُوا مُشْفِقُونَ مِنْهَا وَيَعْلَمُونَ أَنَّهَا الْحَقُّ﴾ [الشورى: ١٨] ، ثم ما نطق بعد ذلك حتى فُعِلَ به ما فعل (٦) . قالوا: ثم قُدَّمَ فَضُرِبَ ألفَ سَوْط، ثم قُطعت يداه ورِجلاه وهو في ذلك [كله] (٧) ساكت لا ينطق بكلمة، ولم يتغيَّر لونه، ويقال: إنه جعل يقول مع كل سَوْط: أحَدٌ أحد (٨) .
(١) في ترجمة الحلاج للسلمي (٢٢) العدم، وفي الديوان (٢٥): الرحم. (٢) الأبيات في الديوان (٢٤ - ٢٥) مع اختلاف في بعض الألفاظ. وأيضًا في ترجمة الحلاج للسلمي في الأصول الأربعة (٢٢ - ٢٣) وأخبار الحلاج (١١ - ١٢) وبداية الحلاج لابن باكويه في الأصول الأربعة (٣٤) مع اختلاف في بعض الألفاظ. (٣) البيتان في ديوان أبي العتاهية (١٤١) وفي (ط) زيادة بيت بينهما، وهو: وذقتُ من الزمان وذاق مني … وجدت مذاقه حلوًا ومُرَّا وهو ليس في الديوان المذكور. (٤) في (ط): فلما أخرجوه للصلب مشى إليه وهو يتبختر. (٥) الأبيات في ديوان الحلاج (٧٣) وأخبار الحلاج (٣٥) مع اختلاف في بعض الألفاظ. (٦) تاريخ بغداد (٨/ ١٣٢). (٧) ما بين حاصرتين من (ط). (٨) تاريخ بغداد (٨/ ١٣١).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies