Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ibn ʿAṭāʾ mourut après sept jours, et le vizir fut ensuite mis à mort de la pire des manières : on lui coupa les mains et les pieds, puis on incendia sa demeure (1).

Les savants de Bagdad s’accordèrent tous sur le fait qu’al-Ḥallāj était mécréant et zindīq (hérétique), et ils furent unanimes à décider de sa mise à mort et de son crucifiement (2).

Abū Bakr Muḥammad ibn Dāwūd al-Ẓāhirī raconta : « Lorsque al-Ḥallāj fut amené pour la première fois, avant le décès d’Abū Bakr, on m’interrogea à son sujet et je répondis : “Si ce que Dieu a révélé à Son Prophète ﷺ est vrai, et que ce qu’il a apporté est vrai, alors ce que dit al-Ḥallāj est faux.” Il fut très ferme à son égard (3). »

Abū Bakr al-Ṣūlī déclara pour sa part : « J’ai vu al-Ḥallāj et je lui ai parlé. Je l’ai trouvé ignorant se faisant passer pour intelligent, sot s’enorgueillissant, et libertin jouant au mystique (4). »

Lors de sa première crucifixion, on proclama sa condamnation durant quatre jours. Certains l’entendirent alors qu’il était conduit au supplice, chevauchant une vache, et disant (5) : « Je ne suis pas al-Ḥallāj ; son apparence fut projetée sur moi et lui s’est éclipsé. » Lorsqu’il fut approché du poteau pour y être cloué, on l’entendit prononcer : « Ô Toi qui m’aides à la destruction, assiste-moi dans l’anéantissement (6). »

D’autres relatent l’avoir entendu sur la croix s’exclamer : « Ô mon Dieu, me voici dans la demeure des plus précieux désirs, je contemple des merveilles. Ô mon Dieu, Tu te montres plein de douceur envers ceux qui te nuisent ; qu’en sera-t-il alors de celui qui subit le mal pour Toi ? » (7)

À propos des circonstances de la mise à mort d’al-Ḥallāj, al-Khaṭīb al-Baghdādī et d’autres ont écrit : « Al-Ḥallāj arriva une dernière fois à Bagdad, fréquenta les soufis et se réclama d’eux. Le vizir en poste était alors Ḥāmid ibn al-ʿAbbās, qui apprit qu’al-Ḥallāj avait égaré nombre de serviteurs et de gardes… »

(1) Voir la notice biographique d’al-Ḥallāj chez al-Sulmī dans les « Al-Uṣūl al-Arbaʿa » (pp. 20-21), ainsi que dans « Tārīkh Baghdād » (vol. 8, p. 128) et ce que nos manuscrits rapportent, proche de leurs formulations. La notice de Ḥāmid ibn al-ʿAbbās apparaît dans les « Wafayāt » pour l’année 311 H. Il est constant chez les historiens qu’il est mort empoisonné. Après cela, dans (ṭ), les gens du commun attribuaient cela à la calomnie d’Ibn ʿAṭā’, selon leur habitude de railler ceux qui subissaient des torts de la part de leurs partisans. En effet, plusieurs parmi ceux qui se réclamaient savants ont tenu ce discours contre ceux qui méprisaient Ibn ʿArabī ou méprisaient Ḥusayn al-Ḥallāj ou d’autres, affirmant que cela était dû à la faute de tel ou tel. (2) Dans (ṭ) : Les savants de Bagdad à cette époque étaient “le monde” (expression indiquant leur grand rang ou leur importance). (3) « Tārīkh Baghdād », vol. 8, p. 129. (4) Dans (ṭ) : « et vile, prétendant… et débauché, pratiquant l’adoration ». (5) Entre deux parenthèses dans (ṭ). (6) Dans (ḥ) il y a « aḍ-ḍannā », même chose dans la notice d’al-Ḥallāj chez al-Sulmī dans « Al-Uṣūl al-Arbaʿa » (p. 23) et dans « Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ » (vol. 14, p. 348), confirmée dans (ṭ) et « Tārīkh Baghdād » (vol. 8, p. 130) et probablement préférable. Ce récit ne figure pas dans (b) et (ẓā). (7) « Tārīkh Baghdād », vol. 8, p. 131.
ورجليه. فمات ابن عطاء بعد سبعة أيام، وقتل الوزير بعد ذلك شر قتلة، وقطعت يداه ورجلاه، وأُحرقت داره (١) . وقد اتفق علماء بغداد على كفر الحَلَّاج وزندقته، وأجمعوا على قتله وصَلْبه (٢) . قال أبو بكر محمد بن داود الظَّاهري: حين أُحضر الحلاج في المرة الأولى قبل وفاة أبي بكر، وسُئِلَ عنه فقال: إن كان ما أنزل الله على نبيه ﷺ حقًا، وما جاء به حق، فما يقوله الحلَّاج باطل. وكان شديدًا عليه (٣) . وقال أبو بكر الصُّولي: قد رأيتُ الحلاج وخاطبته، فرأيتُه جاهلًا يتعاقل، وغبيًا يتبالغ، وفاجرًا يتزهد (٤) . ولما صُلبَ في أوَّل مرة، ونودي عليه أربعة أيام سَمِعَه بعضُهم وقد جيء به ليصلب وهو راكب على بقرة [يقول] (٥) : ما أنا بالحلاج، ألقي عليَّ شَبَهه وغاب. فلما أُدني إلى الخشبة ليصلب عليها سمعته يقول: يا معين الفَنَا عليَّ أعنِّي على الفنا (٦) . وقال بعضهم: سمعته وهو مصلوب يقول: إلهي، أصبحتُ في دار الرَّغائب، أنظر إلى العجائب، إلهي، إنك تتودَّد إلى من يؤذيك، فكيف بمن يُؤْذى فيك (٧) . ذكر صفة مقتل الحلَّاج قال الخطيب البغدادي وغيره: كان الحلاج قد قَدِمَ آخر قَدْمةٍ إلى بغداد، فصحب الصُّوفية وانتسب إليهم، وكان الوزير إذ ذاك حامد بن العبَّاس، فبلغه أن الحلاج قد أضلَّ خَلْقًا من الحشم والحُجَّاب في
(١) انظر ترجمة الحلاج للسلمي في الأصول الأربعة (٢٠ - ٢١) وتاريخ بغداد (٨/ ١٢٨) وما في نسخنا الخطية أقرب إلى عبارتيهما، وسترد ترجمة حامد بن العباس في وفيات سنة (٣١١ هـ)، والثابت عند المؤرخين أنه مات مسمومًا. وبعد هذا في (ط): وكان العوام يرون ذلك بدعوة ابن عطاء، على عادتهم في مرائيهم فيمن أوذي ممن لهم معه هوى، بل قد قال ذلك جماعة ممن ينسب إلى العلم فيمن يؤذي ابن عربي، أو يحط على حسين الحلاج أو غيره: هذا بخطيئة فلان. (٢) في (ط): وكان علماء بغداد إذ ذاك هم الدنيا. (٣) تاريخ بغداد (٨/ ١٢٩). (٤) في (ط): وخبيثًا مدعيًا .. وفاجرًا يتعبد. (٥) ما بين حاصرتين من (ط). (٦) في (ح) الضنا، ومثلها في ترجمة الحلاج للسلمي في الأصول الأربعة (٢٣) وسير أعلام النبلاء (١٤/ ٣٤٨)، والمثبت من (ط) وتاريخ بغداد (٨/ ١٣٠) ولعله الأشبه، والخبر ليس في (ب) و (ظا). (٧) تاريخ بغداد (٨/ ١٣١).

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