Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ni de nuit ni de jour (1). Ils fouillèrent donc la besace et y trouvèrent un livre d’al-Hallaj intitulé :

« De la part du Miséricordieux, le Très-Miséricordieux, à Untel fils d’Untel » (2).

On l’envoya (3) alors à Bagdad, et l’on interrogea al-Hallaj à ce sujet. Il reconnut qu’il l’avait écrit. On lui dit : « Tu prétendais la prophétie, te voilà qui prétends désormais (4) à la divinité ? » Il répondit : « Non, mais c’est la pure essence de l’union, à nos yeux. Y a-t-il d’autre auteur que Dieu ? Moi, ainsi que la main, ne sommes qu’un simple instrument. » On lui demanda : « Quelqu’un te suit-il sur ce point ? » Il répondit : « Oui, Ibn ‘Atâ’, Abû Muhammad al-Jurayrî (5) et Abû Bakr al-Shiblî. » On interrogea alors al-Jurayrî à ce sujet ; il déclara : « Celui qui tient un tel propos est mécréant. » On questionna al-Shiblî, et il dit : « Celui qui tient un tel propos doit en être empêché. » Puis on interrogea Ibn ‘Atâ’, et il confirma la parole d’al-Hallaj. Il fut châtié, au point que cela causa sa perte (6).

Abû ‘Abd al-Rahmân as-Sulamî rapporta ensuite, d’après Muhammad ibn ‘Abd Allâh (7) ar-Râzî, que le vizir Hâmid ibn al-‘Abbâs, lorsqu’il se présenta devant al-Hallaj, l’interrogea sur sa croyance et la consigna par écrit. Il consulta ensuite les jurisconsultes de Bagdad, qui désapprouvèrent ce qu’il avait rapporté (8). On dit alors au vizir : « Abû al-‘Abbâs ibn ‘Atâ’ adhère à la même opinion. » Le vizir le convoqua donc chez lui (9). Ibn ‘Atâ’ arriva et s’assit à la place d’honneur de l’assemblée. Le vizir l’interrogea sur ce point, et Ibn ‘Atâ’ répondit : « Celui qui ne professe pas cela (10) est sans croyance. » Le vizir s’exclama : « Malheur à toi ! Approuves-tu vraiment une telle croyance ? » Alors [Ibn ‘Atâ’] (11) lui rétorqua : « Ne te mêle pas de cela. Occupe-toi plutôt de ce pour quoi tu as été désigné : t’enrichir aux dépens des gens, les opprimer et les tuer. Qu’as-tu à faire des propos de ces maîtres (12) ? » À ce moment (13), le vizir ordonna qu’on frappe ses mâchoires, qu’on lui retire ses chaussures et que l’on frappe ensuite sa tête avec ces chaussures (14). On continua ainsi jusqu’à ce que le sang coule de ses narines. Puis il ordonna de l’emprisonner. On dit alors au vizir : « Ô vizir, les gens du commun vont être troublés par cela (15). » On le renvoya donc chez lui, et Ibn ‘Atâ’ s’écria : « Ô Dieu, tue-le de la pire des façons et coupe-lui les mains. »

(1) Dans (Ṭ) : ils ont nié cela à partir de son état, alors ils ont enquêté... (2) Dans (Ṭ) : il l'appelle à l'égarement et croit en lui, alors il envoya... (3) Dans (Ṭ) : par le Livre. (4) Dans (Ṭ) : la divinité et la seigneurie. (5) Dans (Ḥ) et (Ẓā) et dans l’Histoire de Bagdad : al-Ḥarīrī - avec un Ḥāʾ alifmene sans hamza - ce qui est une erreur de lecture. (6) Voir la biographie d’al-Ḥallāj selon al-Sulamī dans les Quatre Principes (pp. 19-20) et dans l’Histoire de Bagdad (vol. 8, pp. 127-128) ; la biographie d’Ibn ʿAṭāʾ apparaît dans les Morts de l’année (309 H). (7) Dans (Ṭ) : ʿAbd al-Raḥmān, qui est une corruption, sa biographie se trouve dans l’Histoire de Bagdad (vol. 5, pp. 464-465). (8) Dans (Ṭ) : ils ont nié cela et excommunié celui qui y croyait, il l’écrivit, et l’on dit au vizir... (9) Dans (Ṭ) : le vizir dit : Abū al-ʿAbbās Ibn ʿAṭāʾ tient ce discours, ils dirent : celui qui dit cela est infidèle, puis le vizir invita Ibn ʿAṭāʾ chez lui... ce que contiennent nos manuscrits est le plus proche des propos du Khaṭīb. (10) Dans (Ṭ) : selon cette affirmation. (11) Entre parenthèses dans (Ṭ). (12) Dans (Ṭ) : les seigneurs parmi les saints. (13) Entre parenthèses dans (Ṭ). (14) Dans (Ṭ) : sur sa tête. (15) Dans (Ṭ) : elle s'en effraie et ne l'admire pas.
بالليل ولا بالنهار (١) ، ففتشوا المخلاة، فوجدوا فيها كتابًا للحلاج عنوانه: "من الرَّحمن الرحيم إلى فلان بن فلان" (٢) ، فبُعِثَ به (٣) إلى بغداد، فسئل الحلاج عن ذلك فأقَرَّ أنه كتبه، فقالوا: كنت تَدَّعي النبوة فصرت تدعي (٤) الربوبية؟ ! فقال: لا، ولكن هذا عين الجمع عندنا، هل الكاتب إلا الله، وأنا واليد آلة؟ فقيل له: معك على هذا أحد؟ قال: نعم، ابن عطاء، وأبو محمد الجريري (٥) ، وأبو بكر الشِّبْلي. فسئل الجَريري عن ذلك فقال: منْ يقول بهذا كافر. وسُئِلَ الشِّبْلي عن ذلك فقال: من يقول بهذا يمنع. وسئل ابن عطاء عن ذلك فقال بقَوْل الحلاج في ذلك، فعوقب حتى كان سبب هلاكه (٦) . ثم روى أبو عبد الرحمن السُّلَمي عن محمد بن عبد الله (٧) الرَّازي أن الوزير حامد بن العبَّاس لما حضر الحلاج سأله عن اعتقاده فكتبه، فسأل عن ذلك فقهاء بغداد، فأنكروا ذلك (٨) فقيل للوزير: إنَّ أبا العباس بن عطاء يقول بهذا. فطلبه إلى منزله (٩) ، فجاء فجلس في صَدْر المجلس، وسأله عن ذلك فقال: منْ لا يقول بهذا (١٠) فهو بلا اعتقاد. فقال له الوزير: ويحك، تصوِّبُ مثل هذا الاعتقاد؟! فقال [ابن عطاء] (١١) : ما لك ولهذا، عليك بما نُصبت له من أخذ أموال النَّاس وظُلْمهم وقَتْلهم، مالك ولكلام هؤلاء السَّادة (١٢) ، فأمر الوزير [عند ذلك] (١٣) بضرب شِدْقيه، ونَزْع خُفَّيه، وأن يضرب بهما رأسه (١٤) ، فما زال يُفْعل ذلك به حتى سال الدَّمُ من مَنْخِريْه، وأمر بسجنه. فقيل له: أيها الوزير، إن العامة تشوَّش بهذا (١٥) . فحُمل إلى منزله، فقال ابنُ عطاء: اللهم، اقتله أخبث قتلة، واقطع يديه
(١) في (ط): فأنكروا ذلك من حاله، ففتشوا .. (٢) في (ط): يدعوه إلى الضلالة والإيمان به، فبعث .. (٣) في (ط) بالكتاب. (٤) في (ط) الألوهية والربوبية. (٥) في (ح) و (ظا) وتاريخ بغداد: الحريري - بالحاء المهملة - وهو تصحيف. (٦) انظر ترجمة الحلاج للسلمي في الأصول الأربعة (١٩ - ٢٠) وتاريخ بغداد (٨/ ١٢٧ - ١٢٨) وسترد ترجمة ابن عطاء في وفيات سنة (٣٠٩ هـ). (٧) في (ط) عبد الرحمن، وهو تحريف، ترجمته في تاريخ بغداد (٥/ ٤٦٤ - ٤٦٥). (٨) في (ط): فأنكروا ذلك، وكفَّروا من اعتقده، فكتبه، فقيل للوزير .. (٩) في (ط) فقال الوزير: إن أبا العباس بن عطاء يقول بهذا، فقالوا: من قال بهذا فهو كافر، ثم طلب الوزير ابن عطاء إلى منزله .. وما في نسخنا المخطوطة أقرب إلى عبارة الخطيب. (١٠) في (ط): بهذا القول. (١١) ما بين حاصرتين من (ط). (١٢) في (ط): السادة من الأولياء. (١٣) ما بين حاصرتين من (ط). (١٤) في (ط): على رأسه. (١٥) في (ط) تستوحش من هذا ولا يعجبها.

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