Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Cet homme qui venait de recouvrer la santé, on lui dit : « Un homme pieux est arrivé ; rends-toi auprès de lui. » On le porta donc jusqu’à le placer devant lui, et il lui adressa la parole puis le reconnut. Il lui dit : « Ô serviteur de Dieu, j’ai vu le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) en rêve, et il m’a dit telle ou telle chose ; il se peut que tu sois celui dont il parlait. » Alors il (al‑Hallaj) leva les mains et invoqua Dieu — Exalté et Glorifié soit-Il — pour lui, tandis qu’une foule nombreuse assistait, observant ce qui adviendrait. L’homme ouvrit aussitôt les yeux et se dressa sur ses pieds, si bien que les gens poussèrent des acclamations et grandirent exagérément al‑Hallaj — ce qui n’était pas légitime. Il demeura parmi eux quelque temps, puis les quitta, tandis que l’homme resta encore plusieurs mois auprès d’eux.

Plus tard, il déclara : « C’est un bienfait de Dieu à mon égard qu’Il m’ait rendu la vue, et il convient que je combatte dans Son sentier à la frontière de Tarse. » Il se disposa donc à partir, et ils lui rassemblèrent une somme considérable — des milliers en or et en argent. Il les salua et ils le saluèrent à leur tour, puis il alla rejoindre al‑Hallaj, avec qui il partagea cet argent.

(1) Tārīkh Baghdād (8/122-123) et ce que contient notre manuscrit est plus proche des propos d'al-Khaṭīb. L'histoire est rapportée dans (ṭ) de manière plus longue encore. Il est bien connu qu'Ibn Kathīr ne fait pas une retranscription littérale, mais qu'il adapte ce qu'il rapporte avec son propre style. Voici donc l'histoire telle qu'elle est rapportée dans (ṭ) : Al-Khaṭīb al-Baghdādī a relaté que al-Ḥallāj envoya un homme parmi ses proches compagnons, lui ordonnant d'aller devant lui dans une région montagneuse, et de montrer aux habitants la piété, la droiture et l’ascétisme. Quand ils le virent, ils se rapprochèrent de lui, l’aimèrent et le crurent. Il leur fit alors croire qu’il était devenu aveugle, puis, après quelques jours, il leur montra qu’il était devenu estropié. Lorsqu’ils s’efforcèrent de le soigner, il leur dit : « Ô gens de bien, rien de ce que vous faites ne m’est utile. » Puis, quelques jours plus tard, il leur révéla avoir vu le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) en rêve, lui disant : « Ta guérison ne se fera que par la main du Qutb, et celui-ci viendra à toi le jour tel du mois tel, que voici la description. » Al-Ḥallāj lui dit alors : « Je viendrai à toi à ce moment. » Cet homme se rendit donc dans ces contrées, s’y installa, se consacrant à l’adoration, affichant droiture et renoncement, récitant le Coran. Il demeura ainsi un certain temps, gagnant leur confiance et leur amour. Puis il fit semblant d’être aveugle, resté un moment dans cet état, puis montra qu’il était devenu estropié. Ils tentèrent alors tous les remèdes possibles, sans aucun effet. Il leur dit : « Ô gens de bien, ce que vous faites à mon égard ne produit rien. J’ai vu en songe le Messager de Dieu (paix et salut sur lui), qui m’a dit que mon rétablissement dépendrait du Qutb, et qu’il viendrait à moi le jour tel du mois tel. » Au début, ils l’emmenaient à la mosquée, puis ils le portèrent et le traitèrent avec honneur. Le jour fixé arrivé, tel qu’il leur avait décrit, et l’accord conclu entre lui et al-Ḥallāj, ce dernier arriva à la ville en se dissimulant, vêtu d’un habit de laine blanche. Il entra dans la mosquée et s’attacha à un mât, se livrant à l’adoration sans se tourner vers personne. Les gens le reconnurent d’après les descriptions fournies par le malade, ils se précipitèrent vers lui pour le saluer et toucher sa robe. Puis ils revinrent vers ce malheureux guéri, lui annoncèrent la nouvelle, et il leur dit : « Décrivez-le-moi. » Ils le firent, et il répondit : « C’est bien celui dont le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) m’a parlé en songe, et c’est par ses mains que je serai guéri, allez me conduire à lui. » Ils le portèrent et le déposèrent devant al-Ḥallāj, qui lui parla et se fit reconnaître. Il dit : « Ô Abū ʿAbd Allāh, j’ai vu en songe le Messager de Dieu (paix et salut sur lui), » puis il lui raconta sa vision. Al-Ḥallāj leva ses mains et pria pour lui, puis cracha dans sa paume, frotta ses yeux, qui s’ouvrirent comme s’ils n’avaient jamais été malades, et le malade recouvra la vue. Ensuite, il prit de la salive, frotta ses jambes, et il se leva aussitôt, marchant comme si de rien n’était, devant une foule présente, les émirs et notables de ces contrées. Les gens s’écrièrent avec admiration, glorifièrent Dieu, le louèrent, et honorèrent al-Ḥallāj avec une grande vénération, surpassant même tout le mal et mensonge qu’il avait exhibé. Il demeura parmi eux un certain temps, honoré et respecté, et ils auraient désiré qu’il leur demande ce qu’il pourrait bien réclamer de leurs richesses. Lorsqu’il voulu partir, ils voulurent lui rassembler beaucoup d’argent, mais il déclina, disant : « Quant à moi, je n’ai aucun besoin du monde, nous sommes parvenus à ce que nous avons atteint en renonçant au monde. Peut-être votre compagnon a-t-il des frères et amis parmi les Abdal qui combattent sur les fronts de Tarse, font le pèlerinage et donnent l’aumône, et qui ont besoin d’aide pour cela. » L’homme guéri répondit alors : « Le cheikh a dit vrai, qu’Allah rende... »
ذلك المتعافي المتزامن، فقيل له: قدم رجل صالح، فهلمَّ إليه. فحملوه حتى وضعوه بين يديه، فكلَّمه فعرفه، فقال له: يا عبد الله، إني رأيت رسولَ الله ﷺ في المنام، وهو يقول لي كذا وكذا، فعسى أن تكون أنت إياه. فرفع يديه ودعا الله عر وجلَّ له، والناس حضور متكاثرون ينظرون ماذا يكون من أمره، ففتح الرجل عينيه، وقام قائمًا على قدميه، فضجَّ الناس، وعظَّموا الحلاج تعظيمًا زائدًا - وليس ذلك بحقٍّ - فأقام عندهم مُدَّة، ثم خرج من بين أظهرهم، وبقي ذلك الرجل عندهم مدة شهور، ثم قال: إن من نعمة الله عليَّ أن ردَّ عليَّ بصري، وينبغي أن أجاهد في سبيله بثغر طَرَسُوس. فعزم على ذلك، فجمعوا له من بينهم مالًا جزيلًا، ألوفًا من الذهب، والفضة، ثم ودَّعهم وودَّعوه، فذهب إلى الحلَّاج، فاقتسما ذلك المال (١) .
(١) تاريخ بغداد (٨/ ١٢٢ - ١٢٣) وما في نسختنا المخطوطة أقرب إلى عبارة الخطيب. ووردت القصة في (ط) بأطول من هذا، ومن المعروف أن ابن كثير لا ينقل نقلًا حرفيًا، وإنما يصوغ ما ينقله بأسلوبه، وها نحن ننقل القصة كما وردت في (ط): روى الخطيب البغدادي أن الحلاج بعث رجلًا من خاصة أصحابه، وأمره أن يذهب بين يديه إلى بلد من بلاد الجبل، وأن يظهر لهم العبادة والصلاح والزهد، فإذا رآهم قد أقبلوا عليه وأحبوه واعتقدوه أظهر لهم أنه قد عمي، ثم يظهر لهم بعد أيام أنه قد تكسح، فإذا سعوا في مداواته، قال لهم: يا جماعة الخير: إنه لا ينفعني شيء مما تفعلون. ثم يظهر لهم بعد أيام أنه قد رأى رسول الله ﷺ في المنام، وهو يقول له: إن شفاءك لا يكون إلا على يدي القطب، وإنه سيقدم عليك في اليوم الفلاني في الشهر الفلاني، وصفته كذا وكذا. وقال له الحلاج: إني سأقدم عليك في ذلك الوقت. فذهب ذلك الرجل إلى تلك البلاد، فأقام بها يتعبد ويظهر الصلاح والتنسك ويقرأ القرآن، فأقام مدة على ذلك، فاعتقدوه وأحبوه، ثم أظهر لهم أنه قد عمي، فمكث حينًا على ذلك، ثم أظهر لهم أنه قد زَمِنَ، فسعوا بمداواته بكل ممكن، فلم ينتج فيه شيء، فقال لهم: ياجماعة الخير، هذا الذي تفعلونه معي لا ينتج شيئًا، وأنا قد رأيت رسول الله ﷺ في المنام، وهو يقول لي: إن عافيتك وشفاءك إنما هو على يدي القطب، وإنه سيقدم عليك في اليوم الفلاني في الشهر الفلاني. وكانوا أولًا يقودونه إلى المسجد، ثم صاروا يحملونه ويكرمونه كان (كذا) في الوقت الذي ذكر لهم، واتفق هو والحلاج عليه، أقبل الحلاج حتى دخل البلد مختفيًا، وعليه ثياب صوف بيض، فدخل المسجد، ولزم سارية يتعبد فيه، لا يلتفت إلى أحد، فعرفه الناس بالصفات التي وصف لهم ذلك العليل، فابتدروا إليه يسلمون عليه ويتمسحون به، ثم جاؤوا إلى ذلك الزمن المتعافي (كذا ولعلها المتعامي) فأخبروه بخبره، فقال: صفوه لي. فوصفوه له، فقال: هذا الذي أخبرني عنه رسول الله ﷺ في المنام، وأن شفائي على يديه، اذهبوا بي إليه، فحملوه حتى وضعوه بين يديه، فكلمه فعرفه، فقال: يا أبا عبد الله، إني رأيت رسول الله ﷺ في المنام. ثم ذكر له رؤياه. فرفع الحلاج يديه، فدعا له، ثم تفل من ريقه في كفه، ثم مسح بهما على عينيه، ففتحهما كأن لم يكن بهما داء قط فأبصر، ثم أخذ من ريقه، فمسح على رجليه، فقام من ساعته، فمشى كأنه لم يكن به شيء والناس حضور، وأمراء تلك البلاد وكبراؤهم عنده، فضج الناس ضجة عظيمة، وكبروا الله وسبحوه، وعظموا الحلاج تعظيمًا زائدًا على ما أظهر لهم من الباطل والزور. ثم أقام عندهم مدة يكرمونه ويعظمونه، ويودون لو طلب منهم ما عساه أن يطلب من أموالهم، فلما أراد الخروج عهم أرادوا أن يجمعوا له مالًا كثيرًا، فقال: أما أنا فلا حاجة لي بالدنيا، وإنما وصلنا إلى ما وصلنا إليه بترك الدنيا، ولعل صاحبكم هذا أن يكون له إخوان وأصحاب من الأبدال الذين يجاهدون بثغر طرسوس، ويحجون ويتصدقون، محتاجين إلى ما يعينهم على ذلك. فقال ذلك الرجل المتزامن المتعافي: صدق الشيخ، قد رَدَّ الله =

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