Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

J’ai dit : Son mariage avec elle eut lieu à La Mecque. Elle était la mère de Husayn, la fille d’Abû Ya‘qûb al-Aqta‘. Elle lui donna son fils Hamd ibn al-Husayn ibn Mansûr. Celui-ci rapporta la biographie de son père telle qu’elle fut transmise par al-Khatîb.

Abû al-Qâsim al-Qushayrî mentionne dans son livre « ar-Risâla », au chapitre consacré à la préservation du cœur des maîtres (ḥifẓ qulûb al-mashâyikh), qu‘Amr ibn ‘Uthmân entra auprès d’al-Ḥallâj alors qu’il se trouvait à La Mecque et qu’il écrivait quelque chose sur des feuillets. Il lui demanda : « Qu’est-ce que cela ? » Al-Ḥallâj répondit : « Je compose ici quelque chose pour rivaliser avec le Coran. » ‘Amr invoqua contre lui, et dès lors il ne réussit plus (3). Il blâma aussi Abû Ya‘qûb al-Aqta‘ de lui avoir donné sa fille en mariage et adressa (4) à diverses contrées de nombreuses lettres dans lesquelles il le maudissait et mettait les gens en garde contre lui.

C’est ainsi que pendant un temps al-Ḥallâj erra de contrée en contrée, semant le désordre à droite et à gauche, prétendant appeler les gens à Dieu et recourant pour cela à diverses ruses et supercheries. Il ne cessa d’agir de la sorte jusqu’à ce que Dieu lui inflige Son châtiment, auquel nul criminel ne peut échapper. Il fut exécuté par l’épée de la Loi, laquelle ne s’abat que sur la nuque d’un zindîq (5), et Dieu est bien trop généreux pour la laisser atteindre un saint véridique. Comment en aurait-il été autrement, alors même qu’il s’attaqua au noble Coran et voulut en proposer une parodie dans la ville sainte (6 ; 7) ?

Or Dieu le Très-Haut a dit : « Et quiconque veut y commettre un blasphème ou une injustice, Nous lui ferons goûter un châtiment douloureux » [al-Ḥajj, 25]. Aucune hérésie ne saurait être plus grave que celle-ci. Dans son comportement, il ressemblait à ces mécréants et opposants de Quraysh à propos desquels Dieu – exalté soit-Il – dit : « Et lorsqu’on leur récite Nos versets, ils disent : “Nous avons déjà entendu. Si nous le voulions, nous pourrions en dire autant ; ce ne sont que des récits légendaires des Anciens.” » [al-Anfâl, 31].

Mention de certaines ruses employées par al-Ḥallâj : al-Khaṭîb al-Baghdâdî rapporte qu’al-Ḥallâj dépêcha un homme qui le précéda dans l’une des cités de la région montagneuse (al-jabal). Cet homme y résida en se présentant comme un pieux ascète, enseignant le Coran. Il y vécut ainsi un certain temps avant de prétendre qu’il était devenu aveugle, et demeura dans cet état quelque temps. Puis il déclara être atteint d’une maladie paralysante : on se contenta d’abord de le guider jusqu’à la mosquée, puis on finit par le porter. Il passa ainsi une année. Ensuite, il leur dit : « J’ai vu le Messager de Dieu (ﷺ) en songe. Il m’a annoncé que, bientôt, un homme pieux viendrait dans cette ville et que c’est par lui que je recouvrerais la santé. » Bientôt arriva l’heure convenue avec al-Ḥallâj, qui entra secrètement dans la ville, vêtu de laine blanche, et se tint à une colonne de la mosquée pour ses dévotions, sans se soucier de personne. Les gens se précipitèrent alors vers lui

(1) Dans (ṭ) et certaines sources : Ahmad, ce qui est une altération. (2) Tārīkh Baghdād, vol. 8, pp. 112-114. (3) Al-Risāla al-Qushayriyya, p. 151. (4) Dans (ṭ) : wa kutiba ʿAmr ibn ʿUthmān. (5) Dans (ṭ) : plus juste. (6) Dans (b), (ḥ) et (ẓā) : tajahharūm, ce qui est une altération ; la forme attestée est dans (ṭ). (7) Dans (ṭ) : où Jibrīl est descendu auprès de lui.
قلت: كان تزويجه بها بمكة، وهي أُم الحسين بنت أبي يعقوب الأقطع، فأولدَها ولده حَمْد (١) بن الحسين بن منصور، وقد ذكر سيرة أبيه كما ساقها من طريقه الخطيب (٢) . وقد ذكر أبو القاسم القُشَيْري في كتاب "الرسالة" في باب حِفْظ قلوب المشايخ: أن عمرو بن عثمان دخل على الحلاج وهو بمكة وهو يكتب شيئًا في أوراق، فقال له: ما هذا؟ فقال: هو ذا أعارض القُرْآن. قال: فدعا عليه فلم يفلح بعدها (٣) . وأنكر على أبي يعقوب الأقطع تزويجه إياه ابنته. وكتبَ (٤) إلى الآفاق كتبًا كثيرة يلعنه فيها ويحذر النَّاس منه، فَشَرَدَ الحلَّاج في البلاد، فعاث يمينًا وعاث شمالًا، وجعل يُظهر للناس أنه يدعو إلى الله (عز وجل) ، ويستعين بأنواع من الحيل والمحال، ولم يزل ذلك دأبُه وشأنه حتى أحلَّ الله به بأسه الذي لا يُرَدُّ عن القوم المجرمين، فقتله بسيف الشَّرْع الذي لا يقع إلا بين كتفي زنديق، واللّه أكرم (٥) من أن يسلِّطه على صدِّيق، كيف وقد تهجَّم (٦) على القرآن العظيم، وأراد معارضته في البلد الحرام الكريم (٧) ، وقد قال الله تعالى: ﴿وَمَنْ يُرِدْ فِيهِ بِإِلْحَادٍ بِظُلْمٍ نُذِقْهُ مِنْ عَذَابٍ أَلِيمٍ﴾ [الحج: ٢٥] ، ولا إلحاد أعظم من هذا. وقد أشبه في حاله هذا كفار قريش ومعانديهم الذين قال الله تعالى فيهم: ﴿وَإِذَا تُتْلَى عَلَيْهِمْ آيَاتُنَا قَالُوا قَدْ سَمِعْنَا لَوْ نَشَاءُ لَقُلْنَا مِثْلَ هَذَا إِنْ هَذَا إِلَّا أَسَاطِيرُ الْأَوَّلِينَ﴾ [الأنفال: ٣١] . ذكر أشياء من حيل الحلَّاج روى الخطيب البغدادي أن الحلاج أنفذ رجلًا بين يديه إلى بعض بلاد الجبل، فأقام بتلك البلدة يُظهر لهم الصَّلاح والنُّسُك، ويقرئ القرآن، فأقام مدة على ذلك، ثم أظهر لهم أنه قد عَمِيَ، فمكث حينًا على ذلك، ثم أظهر أنه قد زَمِنَ، فكان أولًا يقاد إلى المسجد، ثم صار يُحمل، فمكث سنة كذلك، ثم قال لهم: إني رأيت رسولَ الله ﷺ مع في المنام، وهو يقول لي: سيرد إلى هذه البلدة رجل صالح يكون شفاؤك على يديه. فما كان عن قريب حتى حان الوقت الذي واعده فيه الحلاج، ودخل الحلَّاج البلدة مختفيًا وعليه ثياب صوف بيض، فلزم ساريةً من المسجد يتعبد فيها لا يلتفت إلى أحد، فابتدر النَّاس إلى
(١) في (ط) وبعض المصادر: أحمد، وهو تحريف. (٢) تاريخ بغداد (٨/ ١١٢ - ١١٤). (٣) الرسالة القشيرية (١٥١). (٤) في (ط): وكتب عمرو بن عثمان. (٥) في (ط) أعدل. (٦) في (ب) و (ح) و (ظا) تجهرم، وهو تحريف، والمثبت من (ط). (٧) في (ط): حيث نزل به جبريل.

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