J’ai une âme qui périra ou s’élèvera… – par ta vie (1) – jusqu’à une affaire grave (2).
Parmi ses propos les plus remarquables, on rapporte qu’un homme lui demanda un conseil qui puisse lui être profitable (3). Il répondit : « Occupe-toi de toi-même. Si tu ne l’occupes pas par la vérité, elle t’occupera et t’éloignera de la vérité (4). »
Un autre homme lui dit : « Exhorte-moi. » Il répondit : « Sois avec la Vérité, conformément à ce qu’Elle a imposé. »
Selon la chaîne de transmission rapportée par Al-Khatîb, il déclara : « La science des Anciens et des Modernes se ramène à quatre paroles : l’amour du Sublime, la haine du négligeable, l’attachement à la Révélation et la crainte d’en être détourné (5). »
J’ai dit : « Al-Hallâj fut éprouvé dans ces deux derniers aspects : il ne s’en tint pas au Texte révélé et ne demeura pas dans la droiture ; au contraire, il s’en détourna pour suivre la déviation, l’innovation [et l’égarement] (7). Nous demandons à Dieu la préservation. »
Abû ‘Abd Ar-Raḥmân As-Sulamî a dit : « On raconte qu’Amr ibn ‘Uthmân Al-Makkî s’exprima ainsi : “Je me promenais avec Al-Hallâj dans une ruelle de La Mecque tandis que je récitais le Coran. Lorsqu’il entendit ma récitation, il me dit : ‘Je peux énoncer quelque chose de semblable.’ C’est alors que je me séparai de lui (9).” »
Al-Khatîb rapporta : « Mas‘oûd ibn Nâṣir me raconta, et Ibn Bâkûwayh Ash-Shîrâzî nous transmit [en disant] : ‘J’ai entendu Abû Zur‘ah Aṭ-Ṭabarî affirmer : “Les gens, à propos de Ḥusayn ibn Manṣoûr (Al-Hallâj), oscillent entre acceptation et rejet, mais j’ai entendu Muḥammad ibn Yaḥyâ Ar-Râzî dire : ‘J’ai entendu ‘Amr ibn ‘Uthmân le maudire et déclarer : « Si je pouvais mettre la main sur lui, je le tuerais de mes propres mains. » Je lui ai demandé : ‘Qu’a donc fait ce personnage pour que le shaykh réagisse ainsi ?’ Il répondit : ‘J’ai récité un verset du Livre de Dieu, et Al-Hallâj a dit : ‘Je peux composer quelque chose de semblable et l’énoncer.’” (10).’ »
Abû Zur‘ah Aṭ-Ṭabarî ajouta : « J’ai entendu Abû Ya‘qûb Al-Aqṭa‘ dire : ‘J’avais marié ma fille à Ḥusayn ibn Manṣoûr, parce que j’avais remarqué la qualité de sa voie et son ardeur pour la dévotion. Or, il ne fallut qu’un court laps de temps pour que je découvre en lui un sorcier fourbe, malfaisant et mécréant (12).’ »