Voici quelques vers qui lui sont attribués :
« Tu as envoyé quelqu’un s’enquérir de moi : comment j’allais et quelles peines et tristesses j’ai endurées après toi (1).
Puissé-je ne plus être si jamais je savais comment j’étais ; puissé-je ne plus être si jamais je savais comment je n’étais pas (2). »
Le cadi Ibn Khallikân dit : « On rapporte qu’ils seraient de Samnûn et non d’al-Hallâj (3). »
On trouve également parmi ses poèmes :
« Si jamais mon œil a veillé ou pleuré pour un autre que Toi, qu’il ne reçoive pas ce qu’il a espéré ni souhaité (4).
Et si mon âme a caché un autre que Toi, qu’elle ne contemple point les jardins de l’espérance sur Tes joues et qu’elle en perde la raison (5). »
On lui attribue aussi :
« Le monde ici-bas cherche à me tromper, comme si j’ignorais ce qu’il est.
Le Souverain en a proscrit l’illégitime, et moi je me suis préservé dans le licite.
Je l’ai trouvée dans la gêne, alors je lui ai offert ses plaisirs (6). »
On raconte qu’al-Hallâj (7) changeait souvent de tenue : tantôt il portait l’habit des soufis, tantôt des vêtements pauvres et usés, et parfois encore l’habit des soldats, se mêlant ainsi aux gens du siècle (8). Quelqu’un l’aurait vu un jour dans un accoutrement misérable, tenant à la main une gourde et un bâton alors qu’il errait sur les routes (9). Cet homme lui demanda : « Quelle est donc cette apparence (10) ? » Al-Hallâj déclama :
« Si je me retrouve un soir dans un habit usé,
Sache qu’il a vieilli sur un homme libre et généreux.
Ne te laisse pas leurrer si tu vois un état
Altéré par rapport à ce qu’il était jadis (11). »