(1)
« Lorsque quelque chose te touche, cela me touche. Ainsi, tu es moi et nous ne faisons qu’un, sans jamais nous séparer. »
Et il dit aussi :
(2)
« Ton esprit s’est mêlé à mon esprit comme le vin mêlé à l’eau limpide.
Si quelque chose te touche, cela me touche ;
ainsi tu es moi à tout moment. »
Il dit également :
(3)
« Je t’ai pleinement réalisé au plus secret de moi-même,
si bien que ma langue t’a parlé en confidence.
(4)
Nous nous sommes unis pour certains sens,
et nous nous sommes séparés pour d’autres.
Si la majesté de la vénération t’a dissimulé au regard direct,
alors l’ardeur de l’extase t’a rendu proche, du plus profond de l’être. »
On a aussi rapporté pour Ibn ʿAṭāʾ les paroles d’al-Ḥallāj :
« Je te veux, non pour la récompense,
mais je te veux pour le châtiment.
J’ai obtenu tout ce à quoi j’aspirais,
excepté le délice que je trouve dans ma passion douloureuse. » (5)
Ibn ʿAṭāʾ commenta :
« Cela accroît le tourment de la passion, l’égarement de l’amour fou, et la brûlure du regret. Quand tout s’épure et parvient à sa plénitude, on s’élève alors vers un breuvage suave, et une pluie bienfaisante émanant d’une Vérité dont l’écoulement est incessant. »
Abū ʿAbd Allāh ibn Khafīf récita également un poème attribué à al-Ḥallāj :
« Gloire à Celui qui a manifesté son humanité,
révélant l’éclat de Sa divinité pénétrante,
puis s’est montré apparent aux yeux de Sa créature,
sous la forme de celui qui mange et qui boit,
si bien que Sa création L’a contemplé,
comme un regard de sourcil à sourcil. » (6)
Ibn Khafīf déclara : « Que la malédiction de Dieu soit sur celui qui profère de telles paroles. » On lui dit alors : « C’est un poème de Ḥusayn ibn Manṣūr (al-Ḥallāj). » Il répondit : « Il se peut qu’on lui en ait simplement attribué la paternité. » (7)