Il vécut d’abord dans l’opulence, puis il devint (1) un ascète et un adorateur, passant plusieurs jours sans rien manger (2). Il disait : « Mon ardent désir [pour Dieu] (3) m’a détourné de la nourriture et de la boisson. » Et il disait encore : « Je ne meurs pas comme ils meurent, en proie aux maladies et aux infirmités. Il ne s’agit que d’une invocation suivie d’une réponse : on m’appelle et je réponds. » Les événements confirmèrent ses dires : alors qu’il était assis au milieu d’un groupe de gens, il s’exclama : « À ton service ! » et tomba mort.
Muhammad ibn Hârûn ar-Ruwayânî, l’auteur du “Musnad” (4), ainsi qu’Ibn Dharîh (5) al-ʿUkbarî et al-Haytham ibn Khalaf (6) sont mentionnés ici.
[Puis arriva l’année trois cent huit]
Cette année-là, à Bagdad, les prix grimpèrent. Le peuple s’agita et se dirigea vers la demeure de Hâmid ibn al-ʿAbbâs, qui avait conclu un contrat de fermage (7) avec le calife, ce qui avait causé l’augmentation des prix. Ce jour-là, un vendredi, ils s’en prirent au prédicateur, l’empêchèrent de prononcer le sermon, brisèrent les chaires et les tribunes (8) de la police, et incendièrent plusieurs ponts. Le calife ordonna alors de les combattre. Puis il annula le contrat que Hâmid ibn al-ʿAbbâs avait conclu, ce qui fit baisser les prix. Le kurr (9) fut ainsi vendu avec une réduction de cinq dinars, ce qui rasséréna les gens du peuple et calma leur révolte.
En Tammouz (juillet) de cette année, il fit un froid si intense que les gens durent quitter leurs toits pour se réfugier à l’intérieur, en s’enveloppant de couvertures et de manteaux. Durant l’hiver, il tomba une neige (10) abondante et le froid fut si vif qu’il endommagea certains palmiers.
Cette année-là, ce fut Ahmad ibn al-ʿAbbâs, le frère de la kahramâna (l’intendante du calife), qui dirigea le pèlerinage.