Il y avait là-bas de nombreuses mules et de nombreux chameaux. On lui octroya alors la maison située à al-Mukharram, où il s’installa. Il y organisa, ce soir-là, une réception au cours de laquelle il servit quarante mille ratls de glace.
Au cours de l’été de cette même année, il se répandit à Bagdad la rumeur qu’un animal, appelé « az-zabzab », rôdait la nuit pour dévorer les enfants dans leurs berceaux et s’attaquer aux dormeurs, leur tranchant parfois la main ou le sein pendant leur sommeil. Les habitants se mirent alors à frapper sur leurs toits à l’aide de récipients en cuivre, comme des mortiers ou des plateaux, afin de l’éloigner. La nuit, Bagdad tout entière résonnait d’est en ouest. Des abris de feuillage de palmier furent confectionnés pour protéger les enfants. Profitant de cette confusion, les voleurs multiplièrent les effractions et les vols. Le calife ordonna que l’on capture un chien d’eau et qu’on l’expose crucifié sur le pont, afin de rassurer la population. On s’exécuta, et les gens retrouvèrent leur calme et leur tranquillité.
Cette année-là, on confia à Thâbit ibn Sinân, médecin et historien, l’administration des maristans (hôpitaux) de Bagdad, au nombre de cinq.
Par ailleurs, la nouvelle parvint de Khurâsân qu’on y avait découvert les tombes de martyrs tués en l’an 70 de l’Hégire. Leurs noms étaient inscrits sur des feuillets attachés à leurs oreilles, et leurs corps étaient demeurés intacts, comme s’ils venaient d’être inhumés.
Parmi les personnalités décédées cette année, on note la disparition de :
• Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Haytham ibn Ṣāliḥ ibn ‘Abd Allâh ibn al-Ḥuṣayn ibn ‘Alqamah ibn Labîd ibn Na‘îm ibn ‘Uṭârid ibn Ḥâjib ibn Zurârah, Abû l-Ḥasan al-Tamîmî, surnommé Farrûja. Il arriva à Bagdad, y transmit des hadiths et fut reconnu comme fiable et savant.
• Yûsuf ibn al-Ḥusayn ibn ‘Alî, Abû Ya‘qûb al-Râzî, qui avait entendu la tradition transmise par Aḥmad ibn Ḥanbal et accompagné Dhû n-Nûn al-Miṣrî. Abû Bakr an-Najjâd a rapporté de lui.